Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

Recherche

14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 17:55

Conte


 

« Le tombeau de Rûmi »

 

à Nadine
 


« Un conteur, qui se croyait quelque peu soufi parce qu’il traduisait en perroquet les contes des plus célèbres d’entre eux, regardait un dimanche l’émission Islam consacrée ce jour-là au 800e anniversaire de la naissance de Djalâl-od-Din Rûmi.

Le dialogue entre l’animateur et ses deux invités était passionnant. A un moment donné, ils parlèrent du tombeau de Rûmi, précisant qu’il avait été bâti en Turquie, à Konya.

Ce conteur se leva aussitôt, prit dans sa bibliothèque un Atlas pour voir où était située cette ville afin de s’y rendre à la prochaine occasion lorsqu’il s’immobilisa soudain en entendant le frère derviche qui participait au dialogue citer Rûmi :


 

“Ne cherche pas sur terre mon tombeau,
mon tombeau est dans le Cœur de Celui qui aime 
!” »  










&&&

Repost 0
Published by Régor - dans Conte
commenter cet article
29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 16:04

L’Amour du Bien-Aimé

 

 

Multiples sont les formes de Celui

qui est au-delà de toutes formes.

Il est tout ce qui est,

Vie, naissance et mort, la mer étale et ses ressacs…

 

Il est tout cela et cela ne peut le contenir,

Lui qui est Vide.

 

Toutes les formes me parlent de Lui.

Pourquoi attendrai-je la mort ?

 

Chaque grain de blé,

chaque poussière sur le chemin,

chaque goutte d’eau,

 chaque feuille d’arbre,

chaque souffle du vent

chante l’Amour du Bien-Aimé.

 

Je ne le trouverai jamais ailleurs que là où je suis.

Si le désir me venait de Lui échapper,

 je n’ai nulle part où aller…

Mais cela ne se peut !

 

La lave du volcan n’est pas plus brûlante que Son Amour.

La terre ne tremblera jamais autant que ma main

lorsqu’Il s’approche de moi.

 

Extrait de Poèmes jaillis du Coeur par Fin'Amor, disponible sur demande.


&&&

Repost 0
Published by Régor - dans Poème
commenter cet article
17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 21:09

Son absence


 

Ma tête est vide,

mon corps entier tremble et frissonne.
Oserais-je dire mon amour à mon Bien-Aimé ?

Les mots me manquent pour cela et je défaille…

 

Oh ! Il sait, et je n’ai rien à dire !

 

M’appartient-il de soulever le voile ?

Il n’y a plus d’attente.

 

Comme l’oiseau avant l’aurore, je chante pour l’Unique.
Nuit et jour, je suis avec Lui et en lui.

Il me comble, même par Son absence.

 

Sur les quais des gares, dans les rues et les ruelles,

Dans la foule bruyante comme dans le jardin silencieux,

Mon cœur gade le Trésor.
Longtemps, Il a voilé Sa face par amour,

Mais je me suis tant langui de Lui qu’Il n’a pu attendre.

Oh ! Le voilà dans la splendeur radiante de millions de soleils !

 

Il est là depuis toujours.

Je viens enfin d’ouvrir les yeux…

LA FIN DES RECHERCHES
AMOUR M'A FAIT

ùùù

Repost 0
Published by Régor - dans Poème
commenter cet article
6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 17:36

Quelques contes sur le miroir

qui demande réflexion…

et réflexion !

 

(Article paru sur http://www.eklectic-librairie.com/ArticlesAuteurs/Miroir_Mougeot.htm)

 


       Quantité de Contes et de Légendes traditionnels nous parlent du miroir dans l’un ou l’autre de ses aspects. C’est un petit objet si simple et si mystérieux ! Dans nos pays d'Europe, et surtout en France, il est associé d’abord à la séduction et à la beauté. Mais attention ! Notre œil est-il sain ?

     « Connaissez-vous la première partie de l'histoire de La Reine des Neiges d'Andersen ? Elle "traite du miroir et de ses morceaux". Le diable réussit un jour à fabriquer un miroir dans lequel le beau et le bien étaient rapetissés alors que le mal se trouvait amplifié. Qui se regardait dans ce miroir se découvrait difforme. Lorsque les diables voulurent l'élever vers le ciel, il éclata et ses morceaux s'éparpillèrent sur la terre entière. Ceux qui en reçurent un éclat dans l'œil virent partout le mal. Ceux qui reçurent un éclat dans le cœur furent endurcis dans le mal et ceux qui voulurent utiliser des morceaux de ce miroir pour fabriquer des lunettes connurent les pires mésaventures.

     Le conte, comme la légende, donne toujours les clefs de l'aventure humaine. Pourquoi l'homme a-t-il perdu son ressentir naturel ?

     "Cela vient de ce qu'il a au cœur un éclat de verre, et dans l'œil un éclat de ce même verre, qui dénature les sentiments et les idées. Il faut les lui retirer ; sinon il ne deviendra jamais un être humain digne de ce nom..."

    Et seul peut faire cela le miracle de l'amour.

     Dans ce récit, ce sont les larmes de la petite Gerda qui délivrèrent son ami Kay des éclats qu'il avait reçus et qui lui avaient brutalement changé le caractère. Pour lui, elle souffrit de grandes épreuves. Lorsqu'elle le revit, elle pleura de chaudes larmes qui "tombèrent sur la poitrine de Kay, pénétrèrent jusqu'à son cœur et en fondirent la glace, de sorte que le vilain morceau de verre fut emporté et la glace dissoute." Alors Kay, à son tour, "éclata en sanglots; les larmes jaillirent de ses yeux et le débris de verre en sortit ..." A la fin de l'aventure Gerda et Kay sont devenus adultes. "Ils avaient grandi, et cependant, ils étaient encore enfants, enfants par le cœur." »
       C’est par l’ « Œil du Cœur » qu’il convient de voir, mais encore faut-il pour cela en polir le miroir comme il apparaît dans ce conte !

      “En ce temps-là, la Chine cessa brusquement d'être un Etat prospère. Les fleuves rompirent leurs digues et causèrent de graves inondations, les récoltes furent très mauvaises, les famines ravagèrent de vastes provinces et les envahisseurs apparurent aux frontières...

     L'Empereur et ses Ministres tentèrent en vain quantité de réformes, sans aucun succès, et le découragement était grand...

     Quelqu'un cependant parla alors à l'Empereur d'un Sage vivant dans une grotte reculée, sur la pente d'une montagne perdue et qu'il serait peut-être bon de consulter, vu l'état des choses...

     En désespoir de cause, l'Empereur, devant l'aggravation de la situation et son impuissance manifeste à y porter remède, s'y résolut. Il partit donc avec ses principaux ministres et les hauts dignitaires de l'Empire jusqu'à cette grotte quasi inaccessible et là, il exposa au Sage l'état de l'Empire.

     Celui-ci ne dit rien. Mais il se réfugia dans un endroit encore plus désolé, encore plus inaccessible et l'on n'entendit plus parler de lui.

     Les jours, les mois, les années passèrent et les inondations cessèrent, les récoltes redevinrent abondantes, les famines disparurent et les envahisseurs furent repoussés aux frontières. La paix et la prospérité revinrent...

     L'Empereur fut fort étonné de cette amélioration remarquable dont il ne pouvait s'attribuer le mérite et dont il ne pouvait comprendre la cause. Il décida donc de revoir le Sage qu'il avait consulté.

     Il lui fallut cette fois faire un voyage encore plus périlleux et il eut quelque peine à retrouver ce Sage tant sa retraite était quasi inaccessible. Il lui exposa de nouveau l'Etat de l'Empire, puis il lui posa la question :

     Mais Maître, qu'avez-vous fait pour que la paix et la prospérité reviennent ainsi ?

     Et le Sage lui répondit :
    - J'ai remis de l'ordre en moi-même ! J’ai poli le miroir de mon cœur ! ”  

     Mais ne faut-il pas déjà prendre conscience de la première de nos illusions lorsque nous ouvrons les yeux sur ce monde ! N'est-elle pas d'accorder une créance excessive à nos sens ?

     « La vision nous interroge ici particulièrement. Qu'est-ce que voir ? Y a-t-il un mot plus galvaudé ? Son sens n'est-il pas pourtant évident puisqu'il suffit d'ouvrir les yeux ?

     Dans Le Zohar, il est écrit que « deux modalités président à la création du monde : la droite et la gauche. » Devant le miroir que deviennent-elles ? La perspective habituelle est faussée, la logique visuelle est mise en défaut, réalité et image se substituent l'une à l'autre mais les points de repère disparaissent. Même un miroir de pur cristal ne renverra qu'une image inversée ! Qui a conscience de ce phénomène ?

    L'une des petites filles que Lewis Carroll avait connue et qui se prénommait Alice raconte l'anecdote suivante. Lorsqu'elle avait environ sept ans, l'auteur de Alice au Pays des Merveilles l'interrogea après lui avoir dit de prendre une orange dans une main :

- Regarde-toi dans la glace. Qu'est-ce que tu vois ?

- Je me vois en train de tenir une orange.

- Dans quelle main tiens-tu cette orange ?

- Dans la main droite.

- Maintenant va te placer devant le miroir et dis-moi dans quelle main la tient la petite fille que tu vois ?

- La main gauche.

- Comment expliques-tu cela ?

- Et la petite Alice de répondre après un temps d'hésitation :

- Si j'étais de l'autre côté du miroir, est-ce que l'orange ne serait pas toujours dans ma main droite ?

     L'anecdote est peut-être un peu trop belle et une telle observation trop subtile pour une jeune enfant. La transposition opérée par le miroir, changeant l'ordre connu et expérimenté, n'est en rien évidente à discerner. »

 

Alice passant à travers le miroir.
©Dessin à l’encre de Chine de Sylvain Fusch.

      « Ne pas connaître cette loi de l'inversion de l'image dans le miroir n'est pas sans danger. En témoigne cette histoire tragique du jeune enfant qui n'arrive pas à reconnaître sa droite de sa gauche.

     “On lui enseigne un procédé simple : sur une joue, il a un grain de beauté, unique trace de dissymétrie, qu'il lui suffit de repérer du bout des doigts pour reconnaître son côté gauche ». Mais un jour, à vélo, il vérifie ce détail physique dans son rétroviseur, refuse une priorité à droite et se fait renverser par une voiture ! ”

    Cette histoire a été à l'évidence inventée pour les besoins de la cause. Dans la vie courante, chacun s'accommode fort bien du phénomène de l'inversion de l'image dans le miroir sans en garder habituellement la conscience. »

     C’est une toute autre aventure qui est survenue à Narcisse ! Avait-il conscience de cette étrange inversion lorsqu’il se contempla dans l’eau de la source ?

     « Pour l'essentiel, la légende est fort simple. Il était d'une grande beauté et le devin Tirésias avait prédit qu'il "vivrait vieux s'il ne se regardait pas". Narcisse, rétif à tout amour, a refusé entre autres les avances de la nymphe Echo. Je préfère, lui dit-il, "mourir que d'être possédé par toi”. Nemesis voulut venger les filles dont il repoussait les avances. Un jour de grande chaleur, après la chasse, Narcisse assoiffé se pencha pour boire l'eau d'une source. Il vit alors son reflet et s'en éprit. Dès lors il fut obsédé par cette image et se noya en la contemplant. A l'endroit jaillit une fleur jusque-là inconnue que l'on appela narcisse. Mort, il cherchait encore à distinguer ses traits dans les eaux du Styx !

 


Narcisse hypnotisé par son image dans la source.
©Dessin à l’encre de Chine de Sylvain Fusch.

      La contemplation de sa propre beauté conduit donc Narcisse à la mort tout aussi fatalement que, pour d'autres, la contemplation de la déchéance de leur corps.
     "Séduit par l'image de sa beauté qu'il aperçoit, il s'éprend d'un reflet sans consistance, il prend pour un corps ce qui n'est qu'une ombre (...) Que voit-il donc ? Il l'ignore; mais ce qu'il voit l'embrase, et la même erreur qui abuse ses yeux excite leur convoitise (...) Il contemple sans en rassasier ses regards la mensongère image et par ses propres yeux se fait lui-même l'artisan de sa perte."

     Il aime et ne peut posséder l'objet de son amour! Le piège mortel qu'il a tendu à d'autres se referme sur lui.

      "Narcisse se tue parce qu'il s'aime, il ne pourrait s'aimer sans se détruire."
    « Quoi qu'il en soit, Narcisse n'a pu aimer parce qu' il s'est trompé de miroir :
     "Mire-toi dans une âme où l'amour s'éternise :
      Pour un miroir vivant, réfléchir c'est aimer !"

Il n'a pas voulu se connaître par les yeux de l'autre, se reconnaître dans les yeux de l'autre. La nymphe aurait pu lui dire ces vers que lui prête le poète :
      "Tu as fermé une porte pour toujours,
       Il existe un miroir qui t'attendra en vain."

      Fermer la porte de l'amour, n'est-ce pas ouvrir celle de la mort ? Et cela reste vrai lorsqu'on recherche dans l'autre la fascination de soi-même de manière tout à fait narcissique :

     "Me voir par ses yeux, dans ses yeux. (...)
      Dans ses pupilles dilatées, je m'agrandis.
      Dans ses prunelles flamboyantes, je scintille.
      Quand je m'y mire, je m'y admire.
      Dans son regard, Narcisse se noie."

       Narcisse a inspiré une pléiade de poètes, d'artistes, de romanciers. Parmi eux, Oscar Wilde conte que le lac d'eau douce où Narcisse se noya est devenu, après sa mort, une urne de larmes amères. Les divinités de la forêt interrogèrent alors le lac qui avoua :
       "Je pleure pour Narcisse, mais je ne m'étais jamais aperçu que Narcisse était beau. Je pleure pour Narcisse parce que, chaque fois qu'il se penchait sur mes rives, je pouvais voir, au fond de ses yeux, le reflet de ma propre beauté."
     Ainsi ce lac est-il lui-même narcissique ! »
     Se prendre pour son reflet ! Mais pire encore ! Imiter le reflet de l’autre !

       « Un conte de Jorge Luis Borges peut nourrir notre réflexion. Il nous rapporte ce qui se serait passé il y a fort longtemps dans l'ancienne Chine, au temps mythique de l'Empereur Jaune Houang-Ti qui laissait s'exercer le libre jeu du Ciel et de la Terre :

     "En ce temps-là, le monde des miroirs et le monde des hommes n'étaient pas, comme maintenant, isolés l'un de l'autre. Ils étaient, en outre, très différents ; ni les êtres ni les couleurs ni les formes ne coïncidaient. Les deux royaumes, celui des miroirs et l'humain, vivaient en paix; on entrait et on sortait des miroirs. Une nuit, les gens du miroir envahirent la terre. Leur force était grande, mais après de sanglantes batailles, les arts magiques de l'Empereur Jaune prévalurent. Celui-ci repoussa les envahisseurs, les emprisonna dans les miroirs et leur imposa la tâche de répéter, comme en une sorte de rêve, tous les actes des hommes. Il les priva de leur force et de leur figure et les réduisit à de simples reflets serviles."

      Par un renversement extraordinaire de situation, ne sommes-nous pas devenus tout simplement les reflets serviles de nos miroirs, incapables de nous voir autres que cela, leur demandant constamment, sans même en avoir conscience, leur assentiment, acceptant la dictature de l'apparence ?

     L'inconsistance de cette apparence nous renvoie pourtant à l'inconsistance et à la précarité de ce qui n'est somme toute que le véhicule de l'âme dans son incarnation sur cette terre.

     La légende de Jorge Luis Borges prévoit qu'un jour nos reflets nous imiteront de moins en moins et que les formes du miroir " briseront les barrières de verre et de métal et cette fois nous serons vaincus."

     Tout conteur est un visionnaire. Ce temps n'est-il pas venu ? L'homme actuel, imitant les images que les médias reflètent, devient leur esclave. Pire même, "la télé est un média qui dissout son objet», et ce faisant, il est comme dissout par elle, renonçant à toute authenticité.

      Peut-être est-il grand temps de retrouver la peur des voleurs d'âme ! »

      Du temps où les miroirs étaient rares, ils étaient beaucoup plus largement utiliser pour expliciter ce qu’est la création par rapport au divin, de manière anagogique. En témoigne ce conte que l’on trouve dans de nombreuses traditions et plus particulièrement sous la plume de Sohravardî :

      “Il était une fois, en Chine, deux villages fameux, réputés pour la valeur de leurs artistes et créateurs. Ils rivalisaient de prouesses pour la décoration des temples et des palais.

     Leur réputation vint jusqu'aux oreilles de l'Empereur qui décida un jour de les départager. Il confia donc la décoration de chacun des murs de la plus grande salle de son palais à l'un et l'autre de ces villages. Les murs en vis-à-vis furent séparés par une vaste tenture et pendant six mois les artistes s'affairèrent, travaillant jour et nuit.

     De temps à autre l'Empereur venait en visite pour se rendre compte de l'état des travaux. L'un des villages commença une fresque éclatante de couleurs illustrant la Création depuis son Origine. Sa beauté était à couper le souffle, même à l'état d'ébauche...

     De l'autre côté, les villageois s'affairaient également. Ils plaquaient sur le mur une sorte de roche inconnue qu'ils frottaient, frottaient, frottaient avec obstination, du matin au soir, avec du sable d'abord, puis avec de la boue, de la cendre... C'était sale et triste !

     L'Empereur voyait sa conviction sur l'issue de la compétition grandir à chaque nouvelle visite. Il se demandait de plus en plus s'il avait eu raison de confier la décoration de la moitié de cette salle à ce village dont l’œuvre paraissait de plus en plus grossière et méprisable... Il s'abstint cependant de tout jugement et attendit pour rendre officiel son verdict que les six mois fussent écoulés.

     Le jour de l'inauguration, il commença par admirer la fresque retraçant la Création du Monde. Sa surprise était un peu émoussée mais il jugea l'œuvre d'une beauté inégalée à ce jour.

     Il fit ouvrir alors la tenture qui séparait la salle en deux et là, il fut ébloui... Sur l'autre mur apparut une fresque en tout semblable à la première, mais encore plus lumineuse et plus limpide !

    Les artistes du second village avaient durant six mois transformé le deuxième mur en un miroir qu'ils avaient poli à la perfection !

     Jusque-là, le roi n’avait vu que des petits miroirs à main. Quelle ne fut pas sa surprise de voir que son image dans le miroir se déplaçait avec lui alors que, dans la fresque, elle restait immobile. Là, son portrait était vivant !

     Un vieux sage du second village s’approcha de lui et lui dit :

     - Majesté, comme vous voyez votre image dans ce miroir, ainsi en est-il de la création entière qui est le miroir de Dieu ; comme le miroir est vide et ne garde aucune trace de ce qu’il reflète, ainsi en est-il de la Création. Et l’homme ainsi est-il miroir de Celui qui est, et, hors de son regard, est-il vide ! 
     Il ajouta :
     - Celui qui veut recevoir l’Inspiration divine doit polir le miroir de son cœur afin qu’il soit désincrusté de tout. ”

    Voilà ! Ceci pour alimenter la réflexion sur la réflexion ! A chacun de tirer la conclusion qui lui convient pour chacun de ces « Contes »…

 

                                                                        Robert-Régor Mougeot

Extrait de Le Miroir, symbole des symboles, Editions Dervy, 1995, actuellement épuisé.

Certains de ces contes figurent dans Contes qui coulent de Source. La quintessence du conte, EDIRU, 2006 du même auteur.


&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& 

Repost 0
Published by Régor - dans Conte
commenter cet article
25 octobre 2008 6 25 /10 /octobre /2008 10:58

Le Néant de la Vie

C'est une Tristesse sans tristesse,

et une Joie sans joie,

un Vide sans vide

et un Amour sans amours!

C'est le Néant de la Vie...

L'Amour du Bien-Aimé sourd de ce puits.





Extrait de Poèmes jaillis du Coeur par Fin'Amor, disponible sur demande.

&&&

^^^



Repost 0
Published by Régor - dans Poème
commenter cet article
17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 17:19

 

Suite :

Quelques réflexions

après la rencontre des


 « Paroles d’un soufi »


de Kharaqâni

(Seuil, 1998).

 

 

            « Lui », "Dieu",c’est « de vous ce qui Est la Vie » ! (Platon le Karuna, Les Sons de Dieu)

 

Chemin

            A tant marcher sur Ses sentiers, je me suis blessé les pieds et à tant voler dans Son Ciel, je me suis blessé le cœur ! (p. 358)

            Le Chemin te nourrit de Sa manne. Pourquoi rester calfeutré dans ta demeure inutile ?

Le Chemin sans chemin n’est bordé ni de roses ni d’épines pour qui n’a plus aucune notion et de bien et de mal. Il est ce que le Bien-Aimé daigne qu’il soit et c’est Lui seul qui le parcours.

Tout autre chemin paraît si fade qu’il n’y a plus de place pour les vagabondages, et même les vagabondages se font en Lui, par Lui, sans moi. Ce Chemin sans chemin, ne le prennent que ceux qui sont ivres ou fous. (p. 393)

Le premier pas est le seul pas ; au second tu es brûlé et consumé… (p. 422)

 

Chercher

            L’oiseau a quitté son nid pour chercher sa nourriture ; il ne l’a pas trouvé et ne sait comment retrouver le nid ! Tu as quitté le Nid pour goûter les nourritures de ce monde. Comment vas-tu revenir ?

 

Cible

            Qui pourra jamais atteindre la cible ? Celui-là verra la Lumière de son Cœur s’élever jusqu’à la Source et illuminer de l’Orient de la naissance à l’Occident du couchant. Plus alors d’enfer ni de paradis, plus de lois, plus de temps… ; c’est la mort à soi-même qui se renouvelle d’instant en instant. (p. 398)

 

Compassion

            A travers Toi, Il a compassion pour les Hommes. Aux égarés va Sa miséricorde jusqu’à ce qu’ils deviennent Ses Amis et alors Il peut les combler de Sa Grâce.

 

Connaissance

            Connaître la Vie se fait par la méditation, par la science et par le travail. Les trois sont nécessaires.

            Parle à chacun selon son niveau de connaissance. Pour cela, il convient de connaître la « connaissance qui chevauche la Loi », celle « qui dépasse la Loi » et celle « qui égale la Loi » car la Loi est toute protection pour l’humain. (p. 387)

            Peux-tu te connaître comme Lui Te connaît ? Tu peux être avec Lui et Lui avec toi jusqu’à ce que tu ne sois plus et qu’Il prenne toute la place. (p. 399)

            De Lui, on ne connaît que Ses Actes. Le connaître, Lui, connaître Son Unicité, c’est être anéanti. Et lorsque Tout est anéanti, l’anéantissement lui-même est anéanti. (p. 406)

 

“Dieu”

            Il est impossible d’en appeler à Dieu ; il est toujours au-delà de tout ce qui peut être conçu par l’humain. Alors, qu’appelles-tu “Dieu” ? (p. 388)

            Qui pourra jamais prononcer une seule fois le nom de “Dieu” ?

 

Disciple

            Qui a des disciples est encore dans le domaine de l’avoir ! Toute prétention doit disparaître.

 

Effort

            « L’effort de l’homme dure quarante ans », mais que signifie “quarante” ? (p. 390)

 

Être

            Il te faut être aveugle pour qu’Il voit par tes yeux, sourd pour qu’Il entende par tes oreilles et muet pour qu’Il parle par ta bouche. S’il n’habite pas seul cet habitacle qu’est le corps, alors tu seras toujours dans la crainte de ce qu’Il verra, ce qu’Il entendra, ce qu’Il dira par Toi.

 

Eveil

            Les expériences à traverser ? Pleurer « des larmes de sang dans son amour, voir du sang dans tes urines à cause de la crainte qu’Il t’inspire et avoir les os qui fondent dans l’Eveil. » (p. 396)

 

Existence

            Abandonne à chaque instant ce qui n’a pas sa racine dans l’Être et qui, de fait est dans l’inexistence, afin de t’établir dans l’Existence au-delà du temps. (p. 357)

 

Fidélité

            Tu te vois avec Dieu ? Cela est la fidélité mais n’est pas encore le but, seulement une étape dans laquelle il ne faut pas demeurer. Quand Le verras-tu avec toi ? Jusqu’à ce qu’il n’y ait ni Lui ni Toi…(p. 404)

 

Guerre

            Pourquoi veux-tu supprimer les guerres alors que tu es en guerre avec toi-même ? Pourquoi vouloir supprimer ce que “Dieu” permet ?  Il faut s’en satisfaire dans la Paix intérieure qui est le Don qu’Il te fait.

Puisses-tu te rappeler à Lui ne serait-ce qu’une seule fois en cette vie et ne plus jamais L’oublier ! (p. 397)

 

Hologramme

            Ton corps est un hologramme de l’Univers. Tout ce qui existe dans tous les Ciels et toutes leurs Terres, cela a sa répondance en toi.

 

Ignorance

            Ne L’ignore pas ! Tout le reste, ignore-le, mais sache qu’il n’y a rien qui soit autre que Lui ! (p. 416) Chaque chose a une face tournée vers Lui, et les autres faces n’ont aucune existence et périront. (p. 417 et Ibn’Arabi)

 

Libération

            Tout désir d’être libéré, comme tout autre désir, te fait esclave encore de ton moi égoïque.

 

Mal

            S’abstenir du mal est bien, mais ce n’est pas toujours juste ! Oublier et le mal et le bien, c’est cela le Retour à l’Unique-sans-second. (p. 382)

 

Miséricorde

            Sans Sa miséricorde, nous sommes tous perdants. Sans cesse, Ses pièges corrigent nos erreurs. Tu as raté la cible ? Recommence sans jamais te lamenter !

            C’est Sa Miséricorde qui permet l’incurie des humains ! Sans Elle, un seul iota de conscience, et ils seraient consumés par le Feu de son Amour comme le serait le corps par la lave du volcan. (p. 413)

            Sa Miséricorde engloutit tout ce que tu crois être “péché” et tout ce que tu crois être “vertu” ! Dans Son “Exister”, ces notions n’ont plus cours. La Vie n’a cure de tes notions ! (p. 423)

 

Mort

            Dans ton corps de chair, à chaque seconde, des millions de cellules meurent pour que d’autres naissent. Il faut ainsi que tu meures à chaque seconde pour renaître mille fois en construisant ton Corps Conscient, pour trouver la Vie par laquelle Tu ne mourras jamais et Tu ne connaîtras plus la mort. (p. 356)

            Meurs à toi-même “avant que de mourir”, Tu existes par Son Existence, “Il” t’a “Par-fait” et Tu es fait par Lui ; esclave du Seigneur, du Seing-Or, du Sceau Originel dont l’Empreinte indélébile, inaliénable, t’a marquée dès que Tu as voulu être créé. Quel doux esclavage que celui de l’Amour parfait quand le Cœur est ravi ! Plus d’âme ! brûlée est-elle, fondue dans la lave de Son Amour.

            Il a fait mourir toutes les formes prisent par les Bouddhas, les Prophètes, les Christs ! Nul n’échappe à la mort du corps ! Le point à atteindre ? Mettre fin en « la croyance en la naissance et en la mort ». (Milarepa). (p. 414) C’est la seule porte de sortie du piège de la création.

Avant cela, beaucoup de ceux qui se croient vivants sont morts et beaucoup que l’on croit morts sont Vivants

 

Œuvres

            Que de temps consacré à accomplir tes œuvres ! Si ce n’est pas Lui qui œuvre par Toi, tout cela est chimères et vanités que le temps engloutit irrémédiablement. Tu crois avoir renoncé ? Croyance vaine, comme toute croyance ! Subtilement, les têtes de l’hydre repoussent. Seul, “Il” peut les décapiter d’un seul coup par l’effet de Sa grâce. Mais “Il” te ménage car tu ne supporterais pas un tel coup ; alors “Il” procède lentement, à la mesure de ton possible, par Respect et par Amour. “Il” accompagne ton indigence avec mansuétude. (p. 353)

            Ne cherche surtout pas à abandonner les œuvres que tu entreprends ! Par Sa grâce, c’est elles qui t’abandonneront. (p. 383)

            Tout ce que tu fais par Lui, ce qu’“Il” fait par Toi, tu ne sais pas que tu le fais. Ce que tu fais par toi-même est inutile, voire néfaste le plus souvent. Tu montes alors par le mauvais sentier ; il te faudra redescendre humblement pour qu’“Il” te guide là où tu ne voudrais pas aller par toi-même.

            Dérisoires souvent, les “bonnes” actions ! La vie se détermine toujours en justesse de Cause. Tes milliers de soit-disant bonnes actions, la Vie n’en a que faire ! Elle crée chaque chose nouvelle à chaque instant, à travers le bien comme à travers le mal, sans aucune sentimentalité, pour qu’advienne ce qui se doit d’Être.

 

Offense

            Comment peux-tu croire avoir offensé « Dieu » ? Quelle prétention ! Tu n’as offensé que ton ego et si tu penses que quelqu’un t’a offensé, il en est de même.

            La Vie pardonne toujours puisqu’elle te permet de recommencer après chaque erreur pour que tu te corriges.

 

Oubli

            Le Rappel de la Source est continuel par les rectifications que la vie propose à chacun de tes oublis. N’oublie plus afin que la vie n’est plus à te rappeler à Toi ! C’est la fin des souffrances alors lorsque tout est vu comme Sa grâce. (p. 397)

 

Outrage

            Quelqu’un est-il outragé ? C’est Lui qui l’est. (p. 412)

 

Paradis

            Certes, il est possible de se construire, avec un peu d’intelligence et de bon sens, en lien avec l’essence de la Vie, son “Paradis terrestre” ! Mais cela peut être une étape fallacieuse si l’on s’y endort alors que ce doit être un tremplin vers le “Paradis céleste”. Le but est ta complète inexistence pour qu’enfin la Vie soit par Toi, ce qu’Elle doit être de Source sûre. (p.  357)

 

Parole

            Tes paroles qui ne proviennent pas de Sa Parole sont vaines, inutiles, nuisibles. D’elles tu ne récolteras rien que confusions, zizanies, guerres. Seule Sa Parole par Toi est féconde et ensemence les cœurs.

Pas de mots inutiles… Être. Les paroles doivent venir de Sa parole. Le Verbe alors, par Toi, prend chair.

            Ne parle qu’à celui qui Le voit et n’écoute que Celui qui Le voit. (p. 400)

            Si tu dis une seule fois Son nom en vérité, ta langue calcinée ne pourra le dire une seconde fois. Si Tu le prononces une autre fois, alors c’est Lui qui l’énonce par Ta bouche.  (p. 401)

 

Pèlerinage

            Tu pars en pèlerinage pour chercher ce qui n’a jamais cessé d’être en toi, ce qui n’a jamais cessé d’être Toi. “La Pierre Noire”, la Jérusalem céleste, tout lieu terrestre a sa correspondance au tréfonds de ton être.

 

Perfection

            Qui peut jamais se connaître comme Lui le connaît ? Es-tu avec Lui afin qu’Il soit par Toi ? Lorsque Tu seras Lui et que Lui sera Toi, Tu ne le sauras pas !

 

Pièges

            Vous en avez fini avec les pièges de la dualité ? Alors prenez garde aux pièges de l’Unité ! Vous avez tous les pouvoirs ? Quel piège encore que cette Illusion ! Même la Grâce qui vient de Lui vous trompe. Devient Homme véritable Celui que plus rien ne trompe… (p. 426)

 

Possessions

            Le désir de posséder est insatiable, que ce soit celui des biens, ou celui de la connaissance. Le Connaissant ne connaît rien ! Qu’il ne possède rien ou tout est pour lui identique. (p. 409)

 

Prière

            Prier pour demander est inutile ! Il sait et te donne toujours le meilleur pour Toi. Mais cela va le plus souvent à l’encontre de tes désirs. S’Il t’exauce, malheur à toi ; tu auras ce que tu as demandé, hélas !

 

Silence

            Lorsque Tu Te vois, Tu vois la foi, la Connaissance, l’Amour et la Sagesse et toutes les créatures comme les fruits de Son Amour. Lorsqu’Il se révèle, de Lui rien ne peut être dit.

 

Solitude

            Dans la solitude, “Il” est seul à occuper la place !

            La solitude habitée est une solitude solaire ; elle est toujours préférable au commerce du monde.

 

Souffrance

            Sans désir, point de souffrance. Pourquoi as-tu eu le désir de naître ? Tu trompes ta tristesse immarcescible par de vaines compensations. Rien ne peut Le remplacer.

            Riez beaucoup ! La tristesse ne sied pas à l’Ami, même s’il est triste jusqu’à la moelle des os lorsqu’il ne croise partout que des morts vivants. La Vie les res-suscitera… (p. 391)

            Ta souffrance provient de ton incapacité à Le louer ; en tout temps, en tout lien, en toutes circonstances, Il est digne de louange.

 

Temps

            Vis l’Instant ! Alors le temps disparaît. Tu ne t’occupes plus de lui, ni lui de toi. Tu ne te prends plus alors pour ta véhiculation terrestre. (p. 408)

 

Vertus

            Ni vices, ni vertus. Qui peut savoir ? Sors de la dualité pour habiter dans l’Unique et cheminer dans son Unicité.

 

Vêtement

            Qu’importe la défroque ! Que te sert le rouge du moine, le noir du prêtre ou la soie du riche ? Ton Cœur est-il avec Lui, en Lui, par Lui, sans toi ? Cela seul suffit et Tu pourras alors sans dommage voir le monde t’appartenir.

 

Voir

            Tu ne peux voir rien d’autre que Lui dans l’un de Ses Aspects. Mais même les plus extraordinaires ne sont pas Lui ! (p. 389)

            Voir, entendre, goûter, sentir, toucher, la plénitude des sens se vit par leurs essences et leurs essences par leurs quintessences, et leurs quintessences par Lui, l’Inconnaissable qui n’est connu que de Lui. (p. 420)

 

Abû’l-Hasan Kharaqânî, soufi d’origine iranienne, mort en 1033,

 dont nous est parvenu le Nûr-al-‘ulûm, « La Lumière des Sciences »

 rédigé par un auteur anonyme de son entourage immédiat.

Farîd al-din ‘Attar en a laissé une version plus complète

 en utilisant sans doute la version intégrale aujourd’hui disparue.



*****

Repost 0
Published by Régor - dans Joie de vivre
commenter cet article
14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 08:38

 

Suite :

Quelques réflexions

après la rencontre des


Paroles d’un soufi


de Kharaqâni

(Seuil, 1998).

 

 

            « Lui », c’est « de vous ce qui Est la Vie » (Platon le Karuna, Les Sons de Dieu)

 

Chemin

            A tant marcher sur Ses sentiers, je me suis blessé les pieds et à tant voler dans Son Ciel, je me suis blessé le cœur ! (p. 358)

            Le Chemin te nourrit de Sa manne. Pourquoi rester calfeutré dans ta demeure inutile ?

Le Chemin sans chemin n’est bordé ni de roses ni d’épines pour qui n’a plus aucune notion et de bien et de mal. Il est ce que le Bien-Aimé daigne qu’il soit et c’est Lui seul qui le parcours.

Tout autre chemin paraît si fade qu’il n’y a plus de place pour les vagabondages, et même les vagabondages se font en Lui, par Lui, sans moi. Ce Chemin sans chemin, ne le prennent que ceux qui sont ivres ou fous. (p. 393)

Le premier pas est le seul pas ; au second tu es brûlé et consumé… (p. 422)

 

Chercher

            L’oiseau a quitté son nid pour chercher sa nourriture ; il ne l’a pas trouvé et ne sait comment retrouver le nid ! Tu as quitté le Nid pour goûter les nourritures de ce monde. Comment vas-tu revenir ?

 

Cible

            Qui pourra jamais atteindre la cible ? Celui-là verra la Lumière de son Cœur s’élever jusqu’à la Source et illuminer de l’Orient de la naissance à l’Occident du couchant. Plus alors d’enfer ni de paradis, plus de lois, plus de temps… ; c’est la mort à soi-même qui se renouvelle d’instant en instant. (p. 398)

 

 

Compassion

            A travers Toi, Il a compassion pour les Hommes. Aux égarés va Sa miséricorde jusqu’à ce qu’ils deviennent Ses Amis et alors Il peut les combler de Sa Grâce.

 

Connaissance

            Connaître la Vie se fait par la méditation, par la science et par le travail. Les trois sont nécessaires.

            Parle à chacun selon son niveau de connaissance. Pour cela, il convient de connaître la « connaissance qui chevauche la Loi », celle « qui dépasse la Loi » et celle « qui égale la Loi » car la Loi est toute protection pour l’humain. (p. 387)

            Peux-tu te connaître comme Lui Te connaît ? Tu peux être avec Lui et Lui avec toi jusqu’à ce que tu ne sois plus et qu’Il prenne toute la place. (p. 399)

            De Lui, on ne connaît que Ses Actes. Le connaître, Lui, connaître Son Unicité, c’est être anéanti. Et lorsque Tout est anéanti, l’anéantissement lui-même est anéanti. (p. 406)

 

“Dieu”

            Il est impossible d’en appeler à Dieu ; il est toujours au-delà de tout ce qui peut être conçu par l’humain. Alors, qu’appelles-tu “Dieu” ? (p. 388)

            Qui pourra jamais prononcer une seule fois le nom de “Dieu” ?

 

Disciple

            Qui a des disciples est encore dans le domaine de l’avoir ! Toute prétention doit disparaître.

 

Effort

            « L’effort de l’homme dure quarante ans », mais que signifie “quarante” ? (p. 390)

 

Être

            Il te faut être aveugle pour qu’Il voit par tes yeux, sourd pour qu’Il entende par tes oreilles et muet pour qu’Il parle par ta bouche. S’il n’habite pas seul cet habitacle qu’est le corps, alors tu seras toujours dans la crainte de ce qu’Il verra, ce qu’Il entendra, ce qu’Il dira par Toi.

 

Eveil

            Les expériences à traverser ? Pleurer « des larmes de sang dans son amour, voir du sang dans tes urines à cause de la crainte qu’Il t’inspire et avoir les os qui fondent dans l’Eveil. » (p. 396)

 

Existence

            Abandonne à chaque instant ce qui n’a pas sa racine dans l’Être et qui, de fait est dans l’inexistence, afin de t’établir dans l’Existence au-delà du temps. (p. 357)

 

Fidélité

            Tu te vois avec Dieu ? Cela est la fidélité mais n’est pas encore le but, seulement une étape dans laquelle il ne faut pas demeurer. Quand Le verras-tu avec toi ? Jusqu’à ce qu’il n’y ait ni Lui ni Toi…(p. 404)

 

Guerre

            Pourquoi veux-tu supprimer les guerres alors que tu es en guerre avec toi-même ? Pourquoi vouloir supprimer ce que “Dieu” permet ?  Il faut s’en satisfaire dans la Paix intérieure qui est le Don qu’Il te fait.

Puisses-tu te rappeler à Lui ne serait-ce qu’une seule fois en cette vie et ne plus jamais L’oublier ! (p. 397)

 

Hologramme

            Ton corps est un hologramme de l’Univers. Tout ce qui existe dans tous les Ciels et toutes leurs Terres, cela a sa répondance en toi.

 

Ignorance

            Ne L’ignore pas ! Tout le reste, ignore-le, mais sache qu’il n’y a rien qui soit autre que Lui ! (p. 416) Chaque chose a une face tournée vers Lui, et les autres faces n’ont aucune existence et périront. (p. 417 et Ibn’Arabi)

 

Libération

            Tout désir d’être libéré, comme tout autre désir, te fait esclave encore de ton moi égoïque.

 

Mal

            S’abstenir du mal est bien, mais ce n’est pas toujours juste ! Oublier et le mal et le bien, c’est cela le Retour à l’Unique-sans-second. (p. 382)

 

Miséricorde

            Sans Sa miséricorde, nous sommes tous perdants. Sans cesse, Ses pièges corrigent nos erreurs. Tu as raté la cible ? Recommence sans jamais te lamenter !

            C’est Sa Miséricorde qui permet l’incurie des humains ! Sans Elle, un seul iota de conscience, et ils seraient consumés par le Feu de son Amour comme le serait le corps par la lave du volcan. (p. 413)

            Sa Miséricorde engloutit tout ce que tu crois être “péché” et tout ce que tu crois être “vertu” ! Dans Son “Exister”, ces notions n’ont plus cours. La Vie n’a cure de tes notions ! (p. 423)



SSSSSSSSS

Repost 0
Published by Régor - dans Joie de vivre
commenter cet article
11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 11:58

Quelques réflexions

après la rencontre des


Paroles d’un soufi


de Kharaqâni

(Seuil, 1998).

 

 

 

            Tu as encore une âme ? Jette-là dans le brasier de Son Amour ! Sinon mille souffrances t’attendent sur le chemin.

 

            Celui qui Aime ne sacrifie jamais rien ; le monde comme son moi égoïque le quittent à l’instant.

           

Pour les Hommes, Sa dilection est infinie et pour les animaux humains, Sa patience est infinie.

            Es-tu dans la servitude à la loi ou dans l’Amour ?

 

            La Voie du Cœur ne se soucie d’aucune apparence, d’aucune nourriture, d’aucun paraître.

 

Prier avec le corps, invoquer par la parole, tout cela ne sert de rien si cela ne part pas du Cœur.

 

Brûler d’Amour pour Lui, c’est voir son Cœur réduit en cendres. D’elles, le Phénix prend son envol…


 

 

            Un seul Instant de Joie dans la Vie vaut toutes les années de prières, de jeûne et de renoncement.
           La Joie est Simple !
         Toute la Création n’est que pièges pour que celui qui a désiré naître prenne conscience de son erreur et qu’il se mette à viser la seule cible qui pérennise la Joie : Lui, Lui Lui et rien d’autre que Lui.


 
            Tant que tu es serviteur de l’Amour, tu n’es pas l’Amour.
Lorsque Tu es Amour, Tu ne sais pas que Tu l’es !


Repost 0
Published by Régor - dans Joie de vivre
commenter cet article
2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 14:25

Voici comment un Soufi ayant voyagé, ce Fou d’Amour, au-delà de la Montagne de Qâf, de l’Orient de la Naissance à l’Occident de la mort[1], conte

 

  CE QU’EST LA CREATION.


 

Le Dieu des dieux avait, nous conte la Bible, « prit refuge dans la Ténèbre ». C’était « la Lumière Noire, la Lumière d’avant la séparation de la lumière et des ténèbres[3] ».

 

 

        

Ce Dieu Suprême, cette Cause première, dans un élan d’Amour immarcescible, « s’enroula sur lui-même[1] ». Une déflagration fulgurante, extraordinaire, retentit que nulle oreille n’entendit, que nuls yeux ne virent et l’Unique-Ce-Qui-Est se dédoubla. Ce fut la création de la lumière noire et de la lumière blanche, une noirceur non-couleur et une blancheur non-couleur.

    

Les savants de l’Occident disent que ce fut le big-bang, « quand nous remontons le temps jusqu'à 10-35 secondes, quand l'énergie de l'univers était de cent mille milliards (1014) de fois l'énergie de masse du proton, et quand il n'avait que la taille d'un millième de milliardième de milliardième de milliardième (10-30) de centimètre.[1] » Cela à 1027 degrés Kelvin ! Vous comprenez j’espère !

Les Soufis de l’Orient disent que ce fut là l’Energie du Pur Amour Créateur qui se manifesta.

 

Ces Deux Lumières s’attirèrent et se repoussèrent par la Force de l’Amour. D’Elles naquit la Radiance des couleurs fondamentales. Ainsi apparut "la sainte Trinité du noir, du blanc et des couleurs[6]" ! Celles-ci s’unirent et se marièrent à l’infini pour rayonner dans l’Espace qu’elles créèrent en se densifiant depuis la plus fine subtilité jusqu’à l’extrême possible de la lourdeur et de l’opacité. Des myriades de couleurs naquirent ainsi dont les plus subtiles ne sont jamais parvenues sur notre planète Terre !

 


« Les Plaines solaires répandent leurs rayons.

Ces rayons sont les Energies qui nourrissent la Terre,

cette nourriture est absorbée par le Terrien qui vit sur Terre

et restituée au Centre Causal de l’Univers qui,

lui, transforme le tout en Energie Universellement Cosmique. »

 

Platon le Karuna,  La Racine Fondamentale, Les Editions de la Promesse.

 

  Les savants de l’Occident de la mort disent qu’existe un spectre lumineux qui va de l’infrarouge à l’ultraviolet.

Les Soufis de l’Orient de la Vie disent qu’ainsi naquirent le monde des Intelligences chérubiniques, monde du temps hyper subtil, puis des Intelligences Archangéliques, celui des Intelligences Angéliques des mondes du temps subtil, celui de l’extrême pointe du Coeur. Elles précédèrent l’intelligence humaine[7] enfermée dans le temps cyclique, et la dépassent amplement.

« Les Anges, se sont des Energies[8] », des Energies vivantes et conscientes. Ces Energies de Feu créèrent l’Univers.

 

         Avant que le Temps ne soit, l’Intelligence Suprême, Père et Mère à la fois de toutes les Intelligences, se sachant « un Trésor caché », voulut « être connu[2] ».

Voici que l’Intelligence Suprême dit aux Archanges et aux Anges : « Je veux être connu et je vais créer l’Homme pour Me voir par ses yeux, parler par sa bouche, entendre par ses oreilles, mais je le laisserai libre de m’accueillir en lui pour cela. »

« … Deux gouttes de Feu se détachent de la Toute Puissance Universelle… En tombant, le choc cosmique donne lieu au Magma fusionnant et bouillonnant.

Lentement, le Feu dévore et brûle ce Monde qui vient de se créer…[9] »



 

D’abord apparurent les sept Ciels allant en se densifiant, partant de la plus subtile matière jusqu’à l’extrême densité en passant par la quintessence et par l’essence. Puis la terre et les sept planètes dans le Ciel, un Univers dans la myriade des Univers créés.

Le brasier du Feu de l’Amour qui habite le Cœur de la Terre se densifia, se refroidit en sa périphérie mais ce fut pendant longtemps un bouillonnement de roches liquides se cristallisant, un magma en fusion allant en se solidifiant.

Les religieux et les savants de l’Occident de la mort disent que le minéral n’est pas vivant et que les humains peuvent l’exploiter pour leurs désirs cupides.

Les Soufis et les Savants de l’Orient de la Naissance connaissent le Secret. Cette Matière, produite par l’Intelligence Suprême, est porteuse, à sa mesure, de l’Esprit de la Pure Intelligence et elle est consciente et vivante au rythme qui est le sien. 

La Lumière Radiante des mondes de la Quintessence et de l’Essence a inscrit Sa trace au Cœur du minéral et maintes couleurs archangéliques et angéliques se trouvent dans les ors, les cuivres, les métaux, les rubis, les émeraudes, les diamants et les saphirs, et tant d’autres choses… cachées dans les entrailles de la Terre, dans la gangue des boues, dans le sable des océans. Tant de lumières et de couleurs ainsi enchâssées dans la Terre. Et cela est l’effet de l’Amour !

         Les Soufis et les Savants de l’Orient de la Naissance respectent la Terre qu’ils considèrent en Mère aimante et les savants et les religieux de l’Occident de la mort exploitent tout cela pour leurs désirs cupides.

Dans le magma en fusion apparurent les roches, mais ses bouillonnements firent apparaître les Eaux primordiales, et l’Air, et l’Ether du Ciel de la Terre, chacun avec son Intelligence à sa juste mesure, esprits nés du Grand Esprit, intelligences nées de l’Intelligence Suprême.

 


Vibrations…,

Etoiles…,

Feux d’artifices éclatant…

 

Les Sept Ciels ensemencèrent la Terre. Naquirent alors la multitude des végétaux qui, plongeant leurs racines dans le minéral, rendirent gloire au Créateur dont ils étaient les miroirs, et l’Esprit était en eux, à leur mesure. Et cela est l’effet de l’Amour !

  Les Soufis et les savants de l’Orient de la Vie en portent témoignage. Les savants et les religieux de l’Occident de la mort ne voient là que choses à exploiter pour leurs désirs cupides. Les végétaux croissèrent naturellement en symbiose avec le minéral, tandis que les eaux du Ciel formant les océans furent ensemencés de formes animales qui les peuplèrent avant de coloniser la terre et le ciel de cette terre. La multitude des formes animales rend gloire au Créateur en reflétant toutes les couleurs que la lumière porte en son sein, et chaque espèce est porteuse à sa mesure de l’intelligence et de la Conscience qu’elle tient du Grand Esprit, des Intelligences célestes et par eux de l’Intelligence Suprême. « Dieu vit que cela était bien[11] » ! Et cela est l’effet de l’Amour ! Partout se déploient les copulations amoureuses pour l’ensemencement de la vie, entre les végétaux, entre eux-mêmes et les animaux, dans le règne animal et dans le règne qui est encore celui de l’animal humain…

La Fleur centrale déploie son feu,
le cœur à neuf pétales en produit subtilement douze autres.
Le moyeu souple s’entoure d’une couronne à douze pointes
donnant naissance à la Terre en bas
et aux Sept Demeures des Essences
qui se divisent en quatre colorations, celles des quatre éléments.
 


Les Soufis et les Savants de l’Orient de la Vie respectent et aiment les animaux
comme les règnes qui les précédèrent.
Les savants et les religieux de l’Occident de la mort, sans conscience, à l’intelligence obscurcie,
ne voient là que choses à exploiter pour leurs désirs cupides.

Soufis et Savants de l’Orient de la naissance, savants et religieux de l’Occident du couchant sont apparus en dernier, ces animaux humains doués d’Intelligence, ayant en eux le « germe d’Immortalité » qui peut leur permettre de quitter l’exil terrestre pour redevenir ce qu’ils étaient avant la dernière densification de la Matière. Les premiers, l’Elite de l’élite, peu nombreux au demeurant, unissent la « crypte » qu’est la Terre au « Temple » de son Ciel[12] pour que la Vie véritable soit. Non pas le Ciel des physiciens et des astronomes, mais les Ciels angéliques et archangéliques. Et cela est l’effet de l’Amour !

Alors, ceux qui se tournent vers l’Orient de la naissance sont habités par l’Intelligence qui les guide vers « l’Existence au-delà du temps[13] ». Cette existence est « déjà » là et « pas encore » là ! Ceux qui se tournent vers l’Occident du couchant et de la mort tuent leur âme, se ferment à la Lumière de l’Esprit et créent leur propre enfer. Mais leurs yeux ne peuvent pas ne pas s’ouvrir à ce qu’est la Vie, en juste temps, un temps « déjà » et « pas encore »12 là, un Temps qui est subtil, voir hyper subtil qui est le Présent de l’Instant sans cesse répété.


                                                                         Robert-Régor Mougeot
                                                                         (Les peintures sont de l'auteur)

 
 [1] L’ Orient et l’Occident au sens métaphysique, au sens que donnent à ces mots les Soufis. Voir l’œuvre d’Henry Corbin. L’Homme de l’Orient est tourné vers la Source et vit selon la Tradition ; l’homme de l’Occident est celui qui a rompu son lien d’avec la Source et qui vit dans la contre-nature.[2] Hadith du Prophète ; « J’étais un trésor caché et j’ai voulu être connu. C’est pourquoi j’ai créé les hommes et les djinns. »
[1] Voir la cosmogonie des Dogons dans Dieu d’eau de Marcel Griaule.
[3] Voir notre livre Le Miroir symbole des symboles, Dervy, 1994, chap. « La Lumière d’avant la séparation de la lumière et des ténèbres ».
[1] Trinh Xuan Than, Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel, Fayard, 1998., p. 314.
 Voir la cosmogonie des Dogons dans Dieu d’eau de Marcel Griaule.
[5] Trinh Xuan Than, Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel, Fayard, 1998., p. 314.
[6] Expression de Joanne Lamy, correspondance.
[7] Voir L’Archange Empourpré de Sohravardhî, traduction d’Henry Corbin.
[8] Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, Les Editions de la Promesse, 2000.
[9] Idem, La Création, p. 84.
[10] Platon le Karuna, La Racine Fondamentale, Les Editions de la Promesse, 2004.
[11] Genèse.
[12] Voir Temple et Contemplation d’Henry Corbin.
[13] Expression de Platon le Karuna dans ses œuvres.

  &&&&&

  

Repost 0
Published by Régor - dans Conte
commenter cet article
26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 08:31

Après un mariage en France

 

 


 « Les amis sont repartis, les jeunes anciens nous remercient en souriant.
Les fleurs difficiles éclairent déjà les prochains heureux marcheurs.
Les nouvelles briques changent de murs vers de nouvelles mains.
Il pleut dans les rides que creuse le temps, ainsi fleuri la terre.
Le petit peuple sursaute et lutine les humaines ruines.
Les nains de jardin lentement se déplacent pour écouter la musique.
Même le temps, si paresseux, semble vouloir rentrer dans la danse.

Petites mais insistantes sont les racines des nouvelles pensées,
Bientôt elles fleuriront pour longtemps dans le cœur du terroir.
Blanc et noir est le Languedoc et métissée sera la langue d'oy !
Ses enfants parcourent le monde pour contredire les dieux du ciel.
Ukko, dieu de l'orage, fouette de nouveau les terres basses,
et les doigts comptent le temps pour connaître les punis du jour.
La bible de l'antarctique s'écrit sûrement pour les survivants.

“Si ton sablier se casse, mesure et compte tes cheveux”, dit le sage,
qui s'aime à jouer ... avec le bon et le mauvais temps. »

 

                                                            Gaëtan Fleitour

                                                Depuis son voilier surl’Île de San Martin, Caraïbes

Repost 0
Published by Régor - dans Poème
commenter cet article