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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 09:49

"Si Jonas m'était conté"
Nouvelle version étoffée par des commentaires

  Suite de "LE LIVRE DE JONAS" : INTRODUCTION A UNE REECRITURE COMMENTEE

 

 

Voici donc que se conte une nouvelle fois

 

la mésaventure survenue à Jonas

 

et que rapporte l’un des livres de la Bible.

 

 

 

I

La fuite de Jonas, et la tempête

 

 

 

« Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu'il nous a donnée ; c'est pourquoi les hommes sont responsables.(1)» -

 

 

 

Ce jour là Yônah, Jonas (2), vivait dans le pays de ses pères en Israël. Il fit retraite en silence et solitude, et il entendit, du tréfonds de lui-même, monter l’Inspiration, la juste manifestation de l’Intelligence créatrice qui lui disait :

- “Lève-toi ! Va à Ninive, à l’Extrême de ton Orient et crie vers ses habitants car la trahison des humains est montée jusqu’à la face du ciel.”

L’homme immanquablement perd la face lorsqu’il ne la tourne plus vers la Source qui lui donne d’être.

            Chaque humain ne devrait-il pas suivre l’Inspiration qu’il reçoit, franche, directe, sans échappatoire ? Mais, pour la recevoir, cela demande la totale pureté, la blancheur, cela demande d’être « désencombré de tout (3) » ; il convient de s’établir dans le vide du silence pour percevoir la parole qui naît au tréfonds de soi et la traduire immédiatement en actes, sans tergiverser.

            Lorsqu’on ne le peut, ne faudrait-il pas du moins écouter son âme, l’extrême pointe, la fine fleur de son âme ? Il arrive que même les plus vaillants palissent alors et cherchent une échappatoire. Tant de choses à faire, à penser, à dire, à découvrir, à connaître… et les voilà piégés, ces humains ! envoûtés qu’ils sont par ce monde, hypnotisés par ce fabuleux miroir aux alouettes qu’est cette terre, engloutis dans les préoccupations du quotidien ! Elles piègent les âmes, les prennent dans leurs rets et ils oublient tout ce qui n’est pas accessible à leurs sens, laissant s’étioler, se scléroser, mourir même, ce qui d’eux est l’essentiel, le subtil, l’inspiration pourtant vivace qui fait justement d’eux des humains et perdent du même coup jusqu’à l’instinct qui est le propre de l’animal en eux.

            Alors il arrive ce qui advint à Jonas, qu’on dit, dans la Bible avoir été prophète. Qui sait ? A vous d’en juger par vous-même car il ne faut jamais croire quiconque sans avoir vérifié… et tant de choses ont été traduites à contre-sens par les étrangers au vrai “DIT”(4) !

 

Jonas, c’est, nous disent les savants traducteurs de l’hébreu, la colombe, l’âme féminine de l’homme.

« Colombe des louanges, j’ai pour demeure le jardin des Idées.

Être essentiel dans le monde visible, je n’ai d’existence que par les dualités.(5) »

Colombe est-il encore ou bien palombe ? Celle-ci nous dit, elle qu’il n’y a pas de paix véritable sans avoir mis de l’ordre dans son monde émotionnel (6)  !

Jonas est, comme vous et moi et comme tout homme né sur cette terre, un “fils de la Vérité”, mais de cette Vérité, il a peur ! Il sait, dans l’intime de son être, ce qu’il est, ce qu’il doit être pour ne pas se trahir dans son essentiel. Il lui faut, il le sait, choisir entre le pur et l’impur. Oh ! pas vos notions de pur et d’impur, non ! Cela n’a rien à voir ! C’est l’intériorité en soi qui est source de l’intérieur comme de l’extérieur intimement unis dans une harmonie équilibrée. Pour ne pas trahir sa patrie intérieure, ne faut-il pas s’éprouver, se remettre en question et balayer ses notions, et déjà celles de pur et d’impur ! Et toutes les autres qui encombrent tant l’humain qui ne s’écoute plus… Être pur, vierge de toutes notions…

Son frère jumeau aurait pu s’appeler Janus ! Le dieu aux deux visages, le dieu de la porte qui est aussi celui du passage et du port, celui qui contemple le passé et l’avenir et en oublie de vivre le présent du présent. Et ce nom signifie “passage”, passage par le binaire de la manifestation…  Toute cette fable (7) est, bien évidemment, à comprendre au présent !

 

Une voix crie en Jonas, l’enflamme, le met en ébullition ; c’est une énergie semblable à celle d’un dragon, une éruption de la vie en lui :

- “Lèves-toi, va vers l’Orient, va vers le pays de ta naissance, le pays de ta Source, ce pays qui n’a nul lieu à lui sur cette terre !” et qu’on situe dans la fable biblique sur la rive orientale du Tigre, à Ninive, capitale de l’Assyrie. On la découvrit, cette ville, au lieu-dit Nebi Yunus (8), qui signifie Nabi (prophète) Jonas, près de Kuyunjik traduit par " le château de Ninive", là fut découvert le palais d’Assourbanipal (9). L’Est, le Levant, c’est l’Aurore matinale, reflet de la Gloire de l’Amour divin, préfigurant le Corps de Gloire de Celui qui ressuscite.

Mais voilà, le réceptacle qu’il est est brisé de partout, et ses brisures alimentent en l’humain, et le mal et le bien qui ne peuvent, pas plus l’un que l’autre, remonter dans le monde de l’Amour Parfait. Alors, comment s’en délester ?

 

             Trop compliqué tout ça ! “Après-moi, le déluge !”, se dit cette colombe qui fuit vers une terre lointaine pour y trouver croit-elle, la paix !

             - "Que Ninive périsse ! Qu’y puis-je ? je ne vais pas y risquer ma peau."

            Notre Jonas, vous et moi entendez bien ! verrouille son intuition, se sauve en se bouchant les oreilles, il décide d’aller jusqu’au port pour s’embarquer vers l’Ouest, vers le soleil du couchant, il choisit de descendre dans la pénombre. Au lieu d’aller vers l’Extrême Orient, il ira à l’Extrême Occident du monde connu alors, il franchira les colonnes d’Hercule pour atteindre Tharshish, ce comptoir phénicien au sud de l’Espagne où se raffine l’argent, le fer, l’étain, le plomb. Il ne peut faire autrement puisqu’il lui faut raffiner ses métaux, alchimiser son âme pour qu’elle puisse supporter de regarder le Soleil de la Vérité en face.… Comment le kabbaliste (8a) traduit-il Tarshish ? Chrysolithe ! La pierre d’or ! car l’alchimie transmute les métaux vils en Or. Mais, dans la grande ambiguïté de tout Tarshish est aussi le pays des idoles ; n’est-ce pas ses idoles qu’il convient de transmuter ? Convoiter autre chose que ce que propose la vie à chaque instant, c’est cela l’idolâtrie, mais mieux une idole qui motive que la stagnation !

              Jonas retient la parole qui devrait être dite, criée même. Trop dangereux de dire le “DIT”… Il s’exile de lui-même. Peut-on fuir la Vie qui remplit et les cieux et les mers ? Jonas descend au port le plus proche, Iapho, l’actuelle Jaffa, non loin de Jérusalem. Sa conscience s’embrume tout en gardant la mémoire de la beauté entrevue et un instant désirée, il limite son devenir par l’affolement et la crainte. Il trouve un bateau qui n’est rien d’autre que la matérialisation de son désir car toute chose en ce monde, les pires comme les meilleures, apparaissent en fonction de nos convoitises. L’affolement, l’ivresse même qui remplit son projet, monte alors de son âme temporelle. Il loue ce bateau avec son équipage pour lui seul cependant, gardant encore une certaine autonomie. Il paye son passage, descend dans le voilier et part, tournant le dos à l’inspiration première à laquelle il n’est pas en mesure de faire face…, il “met les voiles” !

             Et le combat qui se livre en lui va déchaîner la tempête…

             Vous croyez que je vous raconte une histoire arrivée aux temps lointains, il y a quelques millénaires, sur la terre du Moyen Orient ? Non pas ! L’histoire des historiens nie la récurrence d’un éternel présent, mais ce qui est juste est toujours actuel. L’être humain n’est prisonnier de l’espace-temps que dans la mesure où il perd le contact avec son moi transcendant ; sinon, il ne voit plus le temps passer lorsqu’il vit dans son espace, l’espace qu’il se crée depuis sa Source et non plus dans l’espace d’autrui. L’aventure de Jonas est imminente pour beaucoup qui sentent monter du tréfonds d’eux-mêmes une juste inspiration qui va les terroriser. C’est donc le conte du Jonas d’aujourd’hui pris dans ses tempêtes intérieures qui est conté…

 

           Qui ferme la porte de son ciel ouvre celle de son enfer jusqu’au temps de sa régénération, de sa nouvelle naissance ! Attention, si vous prenez cet écrit à la lettre, il restera lettre morte !

          Elle se lève, cette tempête ! Oh, sur ce seul bateau qui a quitté le port ! C’est comme une tornade qui ne concerne pas d’autres embarcations qui, elles, continuent leur paisible navigation sans entraves. Les eaux grossissent, mais ce déluge est pour lui seul, Jonas la Colombe qui ne sait plus voler, s’enfermant dans la cage de l’Arche qu’il a cru trouver ! Si d’autres sont secoués par les vagues, c’est en eux-mêmes qu’ils devront aussi chercher la cause de l’ouragan qui les dévaste...

            La tempête qui souffle en Jonas, c’est lui qui en est cause car l’extérieur de l’humain est toujours produit par ce qui monte de ses entrailles lorsque est obturée la voix intérieure. Jonas est descendu dans le bateau, en lui-même, dans son moi égoïque. Un grand souffle est alors projeté sur la mer ; il précède la rosée céleste qui descendra du monde d’en haut mais qu’il n’est pas encore en mesure d’accueillir. Ainsi s’exprime l’Esprit qui planait sur les eaux aux premiers jours de la création. Ses craintes et ses désirs transforment son souffle en tempête et la mer est donc extrêmement agitée. La mer, c’est aussi sa source, « mère » de sa manifestation. La rétention de la parole, c’est une rétention d’eau, et l’eau de toutes les molécules de son corps de chair se met à bouillir…

            Alors, le bateau “pensa*” se briser ! Un bateau qui pense ! Les traducteurs souvent se permettent de corriger ce qu’ils ne peuvent comprendre ! Il “pensa” se briser ! Mais le moi ne peut être détruit, il ne peut qu’être sublimé. Même lorsqu’il y a une coupure d’avec le ciel de cette terre, jamais la totale rupture ne se produit. Attention, le ciel de cette terre n’a rien à voir avec le ciel des astronomes qui n’en est que le reflet dans le miroir, qui n’en est qu’un lointain hologramme passablement embrumé dans leurs têtes !

            Jonas, lui, la colombe, ne peut plus voler ! Il est “à fond de cale”, il a sombré dans le sommeil, la passivité, les ténèbres, il est mis aux fers par ses tendances égoïques, par son hébétude. N’entend-on pas dire en parlant imagé : “Je suis à fond de cale” ? Il est dans son rêve et ne doute pas d’atteindre Tharshish ! Plus il refuse d’affronter la tempête, plus celle-ci grandit, s’amplifie, menaçant de couler le bateau et tous ses occupants, tous les multiples “moi” qui s’agitent sans cesse en nous. Plus ils s’agitent, plus le bateau gîte et menace de sombrer. Le risque est extrême et, affolés, les matelots jettent par-dessus bord la cargaison ! 
            Les multiples “moi” de la confusion intérieure ont peur et chacun se tourne pour implorer son idole, mais rien n’y fait, quoi qu’on prétende sacrifier à celle-ci ! La tempête redouble et le capitaine, celui-qui est “ENTÊTE (10)
” et commande la traversée, descend dans la cale, au tréfonds, pour tenter de sortir Jonas de son rêve.

           - “Lèves-toi et crie vers ton Dieu !”

           Fuire ainsi, c’est vouloir retourner à son origine matricielle ; le ventre du navire, c’est le refuge du temps paisible de la gestation. Mais ce n’est pas là qu’il convient de faire retour ! Quelle erreur que de jeter par-dessus bord le présent pour se réfugier dans le confort d’un passé révolu et se projeter dans le rêve d’un futur improbable !

          - “Eveilles-toi de ton sommeil de plomb ! Du sommeil qui te plombe. Sors de ta torpeur !”

           Ecouter ses penchants, les bons comme les mauvais, c’est risquer encore plus le naufrage ! Ils font pencher la balance du côté du naufrage de toutes façons. La Source, elle n’est pas en direction du couchant !

          - “Plus tu poursuis cette route, plus tes forces intérieures s’amenuisent, plus tu t’exiles. Debout, fais face ! Regardes ce qui te regarde et cesse de regarder ce qui ne te regarde pas ! Ce qui te regarde n’est pas autre que toi ! Choisis de vivre et non point de mourir ! Sors des confusions de ton esprit ! Retrouve la puissance de ta concentration et le souvenir de ta Source, les fonctions essentielles de ta vitalité !”

            Celles-ci, mal dirigées, sont devenues ces matelots, cet équipage inquiet par les événements, ces idolâtres tremblants sur leur sort, et qui entrent en rébellion :

            - “S’il y a une catastrophe, il y a un coupable ! Tirons au sort pour savoir qui est cause de cet extrême péril”, dit la raison “en la tête”, le capitaine du bateau.

           Les multiples idoles adorées tour à tour par les uns et les autres se révèlent impuissantes. Vers qui se tourner ? Que faut-il sacrifier pour retrouver la paix intérieure ? La Paix véritable, non pas la torpeur, l’hébétude, ni même le fragile bonheur d’un rêve idyllique bâti sur du sable, ces paix factices qui veulent nier la tempête. L’équipage abdique lorsqu’il comprend que le mal est dans l’âme du Jonas qu’ils sont à eux tous, lui, le Jonas de chair, indissociables du bateau, de l’équipage et de la mer ! Car unique est ce qui est !

           Ils veulent être fixés sur leur sort, ces marins, alors, ils chutent les sorts et le sort en est jeté ! Ils ne sont pas la cause du mal ! Ils trouvent, comme toujours en ce monde, un bouc émissaire et c’est lui Jonas, l’étrange étranger qui a payé la traversée, l’habitant de l’habitacle qui est désigné par le sort !

           - “Qui es-tu, toi ? Quel est ton métier ? Ta mission ? Ton Dieu ? Ton ange ? De qui es-tu le messager ? Quel est ton pays ? Que te dit ta conscience ?”

                               “Le sort t’a désigné

                                 Et nous craignons le pire.

                                 La mer est déchaînée

                                 Et nous allons mourir.

                                 Quel Dieu as-tu fâché

                                 Qu’il veuille t’anéantir ? (11)

            Il est grand temps de faire le point. Jonas s’adresse alors à ses “moi” multiples entrés en révolte, ses matelots désemparés, il parle à ses créations mentales et non à son Moi essentiel ! Il ne dit pas, :

           - “Je suis en exil sur cette terre mais je ne suis pas de ce monde. Je retourne vers ma Source, la Source de touts les sources”.

            Non ! Il décline sa nomenclature terrestre :

           - “Je suis un ‘Ibri, un Hébreu, né de l’autre côté de l’Euphrate…. J’adore Yahvé... Je viens de Jérusalem… Je devais partir pour Ninive… et je suis parti pour Thahsish… Je change de rive, je traverse la mer pour faire retour à mon passé, pour revenir au doux temps de la gestation ; je veux me rencontrer, aller à Tharshish éprouver mon métal…”

            Il parle vers eux… Il se justifie à ses propres yeux, remplit le vide de son inconsistance. Il ne sait plus qu’il est à la fois et la mer et la terre sèche et qu’en lui le feu se marie à l’eau, le sec à l’humide ; il ne sait plus qu’il n’y a pas d’autre rive et que la seule rive est ici. Dans sa bruyance, il n’entend pas la voix de l’espoir au tréfonds de lui qui chuchote :

           - “Tu prends la longue voie du voyage en mer, la longue voie humide, la voie où le péril de la tempête guette toujours. Inutile d’aller à Tharshish où s’amalgament les métaux puisque tes chairs sont en or (12) !”.

            Non ! Il s’aveugle et dialogue avec ses créations mentales inconsistantes, les matelots qui forment l’équipage du bateau qui tangue. Irai-je jusqu’à dire qu’il a le mal de “mère” ? Il est incapable de se tourner vers le Soleil de la vérité ; il lui tourne le dos et marche sur son ombre. Que dis-je ? Il marche dans la nuit de son absence à lui-même. Il est embourbé dans ses obsessions. Ses propres lumières trop humaines sont comme la bougie inutilement allumée lorsque le soleil brille et dont la faible lueur dans les ténèbres où il se plonge éclaire vaguement des fantômes. Il fuit ce qu’il avait atteint, la vision de sa propre face, qui est une extrême conscience de ce qui est.

           - “La mer est au-dessus de nous !, clament les matelots affolés, que devons-nous faire ?”.

          - “Prenez moi ! Projetez-moi dans la mer !”, leur crie Jonas, paralysé, qui ne peut ni ne veut se jeter de lui-même dans les flots, le seul moyen certain d’apaiser la tempête puisque le sort a parlé et qu’il se sait coupable de fuir.

           Certes, il ne s’y jette pas de lui-même, retenu qu’il est par ses convictions intimes. Il désire la mort plus que tout en cet instant mais ne veut pas se suicider. Il voudrait mourir à lui-même… Ah ! Un projet qui a sa source dans le mental humain ; ce n’est pas le jet franc, direct, sans retenue, qui jaillit d’instinct au cœur de l’humain lorsqu’il ose vivre ! Retenir la Parole mérite la mort, il le sait ; il demande donc à subir son châtiment, mais la mort voudra-t-elle de lui ?

                             “Jetez-moi dans la mer !

                             C’est tout ce qu’il faut faire.

                             Ne cherchez pas,

                             Et oui c’est moi la cause de ça.” (11)

            Ses “moi” multiples veulent vivre, apaiser la tempête mais ne veulent pas obéir à son ordre qui ferait d’eux des criminels. Ne risqueraient-ils pas alors de verser un sang innocent ? Pourtant, ils ne veulent pas périr dans ce naufrage imminent. Ils crient vers le ciel, plaident sa cause, se jettent aux rames, redoublent leurs efforts et, à force de rames, essaient de regagner la terre, le sec, la sécurité. Ils creusent en cadence le flot liquide.

                            “Le bateau va couler,

                              La tempête fait rage.

                              A quoi sert de ramer

                              Pour gagner le rivage ?” (11)

            Rien n’y fait en effet ! Entre le créateur et sa créature, le face à face est inévitable et les intermédiaires des leurres inutiles. La tempête ne peut que redoubler…

           Alors, n’y tenant plus, l’équipage se saisit de Jonas, le soulève et plonge sa tête dans les eaux. Aussitôt la tempête s’apaise. A peine font-ils le geste de l’extraire de la mer et celle-ci redouble. Alors, ils le projettent vers la mer… et la mer s’apaise enfin !



Cathédrale de Tournay, Belgique.

          Fuyant l’inspiration du ciel, Jonas est pourchassé par la mer qui en est le reflet.
Jeté dans cette mer en furie, elle s’apaise après les douleurs de l’accouchement
et son âme de colombe prend son envol vers le ciel,
mais là le passage ne s’ouvre pas et elle doit redescendre dans son corps de chair…
Les flots déchaînés et voraces réclament leur proie…

           Les multiples facettes de lui-même furent saisies d’une crainte incommensurable, d’un frémissement intense ; elles, divisées jusqu’alors, se tournèrent vers l’Unique-ce-qui-Est, sacrifièrent tous leurs désirs et toutes leurs peurs, et se vouèrent à la Vie.

           Entendez bien ! C’est la mer céleste qui se calme et son reflet terrestre ensuite qui s’apaise. La rigueur qui fait que “celui qui aime bien châtie bien” se mue en clémence miséricordieuse... Le miracle se produit, car la vie n’est que miracles sur miracles, et le grand poisson surgit…

 

 


Chapiteau de l'église de Mozac, Puy-de-Dôme.



Suite dans l'article suivant :

II  - Jonas, avalé par le grand poisson,  

se tourne vers la Source de Vie


Cathédrale de Tournay, Belgique.



1 Sœur Lucie, voyante de Fatima, le 12 mai 1982.

2 Voir Monin Emmanuel-Yves, Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux. Dans le nom Jonas, le J indique l’homme tourné vers le passé. Voilà pourquoi le nom véridique est Yônah : l’androgyne (Y) ayant retrouvé sa totalité d’être (O) par le Principe (^) déploie (N) la manifestation (A) de l’esprit (H), décrypte la Langue alchimique des Oiseaux .

3 Maître Eckart, Sermons.
4  D-I-T, déité. Voir note**.

5 Ibn’Arabi, Le Livre de l’Arbre et des Quatre Oiseaux, Les Deux Océans, 1984, p. 61.

6 Palumba en latin, mais aussi en languedocien et en gascon : Paix (P) de la manifestation (A) physique (L) ou (U) amour (M) du binaire (B) manifesté (A), décrypte la Langue des Oiseaux (Voir note 2).

7  F-A-Ble, Feu se manifestant dans la boule terrestre (Voir note 2).

8 Nebi, ou Nabi signifie prophète dans l’Islam qui parle de Jonas appelé alors Yunus. Ou encore Younès en arabe dialectal, ayant comme équivalent Dhû-n-Nûn, l’homme à la baleine ; Zunnun en turc.

8a Virya, Le Grand oeuvre de Jonas, G. Lahy, 1996.
9 En 1845, Henry Austin Layard entreprit les fouilles. Il découvrit un palais de plus de 71 pièces dans lequel furent trouvées plus de 22 000 tablettes cunéiforme, certaines datant du XIe siècle av. J.-C.

10 « ENTËTE Elohim créait les ciels et la terre,… », Genèse I, 1 ; traduction André Chouraki.

11 Chanson Jetez moi dans la mer, comédie musicale Jonas, composée par Etienne Tarneaud sur un livret et des paroles de Jocelyne Tarneaud.

12 « Les chairs des immortels sont en or ». (Inscription de Redesiyeh. Nouvel Empire, Egypte).


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Published by Régor - dans Articles
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