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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 16:46

Les chansons des derniers Trouvères

 sèment dans le vent

les graines des Vérités Eternelles

(suite)

 
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Ne chantent-ils pas la Dame, ce qui est « d’Âme, en l’homme comme en la femme2 » ?

 

     Ils délivrent toujours un Message d’AmourE… Ils chantent, ces Fous d’Amour, l'amour véritable, ce que Dame Nature enseigneB. Vous êtes ainsi conviés à retourner à votre vraie Nature ! Non pas la nature falsifiée par le mental pervers qui colonise tout.

     Ils trouvent la Dame à la Licorne, vierge de toute notion, dont la devise est la leur : « Mon seul désirE c’est la Vie. Mon seul désir c’est la Vie. », qu’ils chantent mais aussi qu’ils jouent dans une pièce féerique, La Dame à la Licorne et au Lion. Le décor représente l’une des célèbres tapisseries exposées au Musée de Cluny à Paris. Là, ils vous interrogent : quel est donc votre « Seul désir » ? Est-ce Retourner à l’AmourA ?

     Ah ! La Dame ! Ils lui offrent, à elle et à nous, La Rose de ProvinsD que Thibaut de Champagne ramena de Damas3 au XIIIe siècle pour en faire le fleuron de Provins la MagnifiqueD ! Cette Rose est celle que le Héros ose offrir, et l’Eros aussi4, naturellement. Les Dames du Temps JadisC, « c’étaient dames sachant aimer » ! Tout en conspuant « Jaloux, Brutes et Persécuteurs ! », « Lausengiers et Viandeurs qui d’amour avaient peur » ! Mais pour « glorifier toujours l’Amour de fin’amor ; pour faire savoir ce qu’est aimer au-delà de vie ou mort » Entendez…

   

 

     Ils chantent le Message d’AmourA qui réjouit les cœurs humains, Le Dit d’AmourE pour la Cause Unique qui régit tous les êtres. Ils fêtent le renouveau d’un éternel printemps. Comme jadis, les païens de Cluny vont encore aujourd’hui en pèlerinage à La fontaine aux croixE dans le Bois du Bourcier pour y trouver le grand amour, terrestre, certes, mais qu’il faut traverser… Amour en la TaverneC le dit sans ambages : « Aimer je vais répétant, c’est donner à chaque instant le meilleur de tout son être à tout être qui veut bien être. » Et la Gitane de chanter « Je suis EsméraldaC » « Princesse de l’Amour », non point d’amour vénal ou convenu, routinier, non ! « Connaissance d’éternel présent ! sauras que vouloir aimer est grand ennemi d’Aimer… »

     Héloïse aima Abélard ! La Dame, pour AbélardE, se fut Héloïse, mais à l’ultime de l’Amour, la Cause Unique fait chanter : « Croyez-vous que l’on aime l’autre qui tant nous émerveille ? En vérité, non pas ; l’on n’aime que le meilleur de soi… »

     Alors vient l’Amour de loin : « ô, plus tu es loin et plus je t'aime : car aimer n'est pas ce que l'on croit ! Gagner ton cœur n'est pas ce qui m'entraîne ; à t'emprisonner je n'ai nulle joie... »

     Tout est à Vivre…

 

 



La Dame en tout temps inspire la Chevalerie éternelle
 

     
Bien sûr ! Pas de « Dames » sans « Chevaliers » ! Toujours, aujourd’hui comme hier, Chevaliers et Dames « viennent en quête du Saint Graal, leur Sang réel, le Vivant de leur âme ! » dit Le Chant de Brocéliande B.
     Que dit cette Dame véritable à son Chevalier pour qu’il devienne « Amant parfait » ? 
    « Mon doux Ami, venez en Chasse d’Amour 
     Un cerf a pris le cœur de qui tant j’admire 
      Il est parti en la forêt du Désir
     Où sont les ennemis d’Amour 
     Il est parti en la forêt du Désir
     Où demeurent les pervers toujours. »

     Eh oui ! Désir est grand ennemi d’Amour ! Dans la chanson Dames et Chevaliers, le trouvère affirme : « Moi je sais comment les reconnaître les vraies Dames, les vrais Chevaliers, moi je peux déjouer tout le paraître des faux dévots des aventuriers, de tous ceux qui sans cesse en route veulent puiser à toutes les sources pour égayer leur grand malheur »

     Le Moyen Âge qu’ils évoquent est encore celte et païen, et ils chantent Les ElémentsB car tout Chevalier digne de ce nom acquiert la maîtrise de la terre, de l’air, de l’eau et du feu. Alors, ils chantent Les quatre amours, les amours de terre, d’air d’eau et de feu en affirmant avec audace et humour que « Toujours, l'amour élève, celui qui s'en relève ! »

    De Merlin ils chantent la Légende ; et ainsi celle des Chevaliers du Roi Arthur. Chantons Brocéliande « Ils aiment tant Brocéliande, leur cœur y trouve les images qui le hantent, ils y retrouvent la Nature et les valeurs des chevaliers du roi Arthur. Maintenons vibrant les souvenirs de Brocéliande ! Chantons la puissance et la sagesse de ses légendes ! » Et sauvons Brocéliande aujourd’hui comme hier…

     Par leurs bouches, que nous dit le Chevalier modèle qu’ils décrivent ? « Revêtu de mon heaumeB», « Je défends mon Royaume : Le château de mon Âme en faction. »

    « Sur les chemins qui mènent en Terre Sainte », le trouvère dit combien, dans son « Chant de CroisadeC», il vit «  de l’amour, de la haine » ! Le pire et le meilleur ainsi mêlés…Terre Sainte ou Eldorado ! Le Chevalier d’Edorado, dans sa quête ne trouve pas le mirage qu’il cherche et une ombre sombre envahit son cœur ; celle-ci le conforte : « Chevauchez bien hardiement par les terres claires ou sombres. Si vous le voulez voir, lui dit l'ombre, un jour devant vous, chevauchez bien hardiment chevalier qui cherchez tant, Vous trouverez bientôt l'Eldorado ! »

     En attendant cette ultime découverte, mieux vaut aller « A la Taverne médiévaleC » où l’« on voit des dignes chevaliers…, on côtoie des Dames affables… On danse sur des mélodies vivifiantes… les artisans offrent leurs chef d’œuvres… » Et c’est pourquoi « A la Taverne, c’est toujours bien !C », non point pour un petit bonheur temporaire mais « Comme la Pierre Philosophale, l’eau de Jouvence ou le Graal, nous recherchons le Bonheur, celui qui dure tout le temps. Il est au cœur de notre cœur ; on le sait depuis longtemps. »

     A Cluny, La Grosne peut couler E, comme le temps, « Rien n’est à regretter », et Cluny, Ville éternelleE , archétype de toute ville digne de ce nom, Cluny comme une Fleur E a essaimé dans toute l’Europe. Et eux maintenant, ils essaiment aux antipodes… Aux antipodes terrestres5, mais aussi aux antipodes de la facilité, du conformisme, du succès facile et préfabriqué. Ils choisissent simplement de vivre… Paroles fortes et belles que celles de leur chanson d’accompagnement des mourants ! « Bien vivre ou bien mourirB ». Ne faut-il pas souvent faire le choix : « Souffrir de rester, souffrir de partir, ou bien guérir et me réjouir » ? Tout est pour la Vie ! Il n’y a qu’elle…

 

    Que nous précisent-ils, ces baladins des grands chemins ? « Notre répertoire fait référence aux troubadours, trouvères, clercs-goliards, béguines, soufis, maîtres en religion... faits historiés, fables, légendes issues de la tradition orale... », « Autant de chants inspirés d'auteurs comme Dante, Maître Eckhart, Rûmî, Jaufré Rudel mais aussi Edgar Poe, Khalil Gibran, Henri Vincenot... et quelques anonymes ! » Leur prestation est un concert inhabituel où l'on découvre avec force et enthousiasme l'imagerie et la pensée médiévales à travers les personnages et les thèmes qui ont marqués cette étonnante période de notre histoire. Les hauts-faits, les récits et légendes, la quête éternelle sont ainsi imagés.

     A qui devons-nous si belles paroles de tant de chansons ? Ils le disent eux-mêmes : « La majorité des textes de nos chansons est écrite par deux médiévistes : Florian Lacour6 et Roland Deniaud. Nous interprétons également quelques textes dans leur langue d'origine.13 » A qui regarde de près, il apparaît que nombreux ont été aussi les apports occasionnels de ceux rencontrés sur les chemins de la Vouivre.

    En maintenant vivantes les anciennes figures archétypales, ces Trouvères rappellent les Figures Modèles et les Structures de la Manifestation, ce que font tous les mythes authentiques. Ils présentent dans leurs chants les vérités éternelles qui permettent la compréhension de la vie qui s’exprime en chacun ; par là, leurs paroles sont illuminatives. Ici et maintenant, toujours, le retour à la Source de toute chose est possible…

 

     Loin d’un savoir historicisé, ce groupe vit essentiellement les valeurs qu’il chante et c’est pourquoi il rayonne partout où il se produit, maintenant vivante l’ancienne mythologie, celle de la Vouivre, de la Tarasque, de la Dame, de la Licorne, de la Quête, de la Folie d’Amour..., de la Joie de Vivre pour promouvoir le Bien, le Beau, le Vrai.

http://e.y.monin.free.fr/articles/dernierstrouveres.html

 
http://vivrevouivre.over-blog.com/

µµµ


2 Voir Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux d’Emmanuel-Yves Monin.

D CD Provins la Magnifique, produit par « Des chansons sur Mesure ».

3 D’Âme-A-S, décrypte le Cabaliste : ce qui de l’Âme Universelle passe du non-manifesté à la Manifestation de l’Energie.

4 Voir Le Bréviaire du Chevalier d’Emmanuel-Yves Monin, tome II.

E CD Cluny ville éternelle, produit par « Des chansons sur Mesure ».

3 Présentation du groupe sur le site : http://www.lesdernierstrouveres.com/presentation.html





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Published by Régor - dans Chanson
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