SCIENCE PROFANE
ET
SCIENCE INITIATIQUE
Liminaire
Chapitre I : L’Univers est Un-Tout,
Chapitre II : La Matière n’est pas si matérielle que ça !
« C’est (…) l’observation qui crée la réalité. Avant l’observation, l’électron revêt son habit d’onde. Le
potentiel ne se réalise qu’après observation. »
Trinh Xuan Than,
Le chaos et l’harmonie : la fabrication du
réel.
Il est essentiel de comprendre que l’humanité actuelle n’est pas arrivée au terme de son
devenir, loin de là ! Tant qu’il y a un devenir, elle reste d’ailleurs enfermée dans la dualité. L’Inspiration qui mène toute chose demande à être justement reçue pour accomplir l’œuvre de
la Vie…
L’homme est le résultat d’une complexité de plus en plus extraordinaire déployée par
Elle ; il émerge, après des millions d’années, de la matière vivante déployée par la Nature. « Les lois intemporelles de la physique lui fournissent les thèmes généraux autour desquels
elle [la Nature] peut broder et improviser. Elles délimitent le champ du possible et offrent des potentialités. C’est à la Nature de les réaliser. (...) La matière s’organise selon des lois
d’organisation et des principes de complexité, et acquiert des propriétés “émergentes” qui ne peuvent être déduites de ses composantes. » (Le chaos et l’harmonie : la fabrication du réel, Fayard, p. 17).
Ces lois, dans leurs formulations, ne sont pas si intemporelles que cela puisqu’elles
s’exercent dans l’espace-temps et que l’homme les découvre dans ce contexte ! Mais leur Origine est évidemment, comme il est sous-entendu par l’auteur, au-delà de cet espace-temps !
L’humain se doit d’expérimenter la Nature, sans jamais en devenir esclave, et de recevoir de l’Esprit la compréhension de ce qu’il est en vérité. Il a été enfanté par elle, dans son corps
physique qu’anime le Souffle de l’Esprit, à travers les règnes qui le précèdent, minéral, végétal et animal.
Nous savons que le corps humain contient quatre-vingts pour cent d’eau ; du point
de vue de la dualité, l’Eau semble à l’opposé du Feu et pourtant l’Humain naît de lui :
« L’Eau va de pair avec Zénith,
le Feu va de pair avec Nadir,
c’est par ces Opposés, les Eléments de la Création,
que le dernier Enfanté de la Matière
est “conçu.” » (Platon le Karuna, Les
Chevaliers d’Aujourd’hui. Les Chevaliers de Demain, Les Editions de la Promesse, 1997, p. 179)
Pour les Anciens, rien ne peut exister sur Terre en dehors de la Substance Unique, de la
Matière Primordiale. En elle se contient la Possibilité universelle, et cette création est une perfection sans limite. Si d’autres mondes avaient été existenciés, pensaient-ils, ils ne pourraient
en rien ajouter une quelconque réalité à ce qui est dans le nôtre, qui est la perfection même. Ibn’Arabi rapporte les paroles d’al Ghazalî :
«“Il n'y a rien dans la Possibilité (imkân) [universelle] de plus parfait que notre monde, car s'il existait un monde plus parfait et que Dieu l'eût retenu, Il aurait fait preuve d'avarice
incompatible avec Sa générosité, et de faiblesse incompatible avec Sa puissance.” Or, décrire ainsi Dieu est impossible et une telle conclusion impensable ! Si, en plus de ce monde, Il en
avait existencié d'autres, et cela indéfiniment, ils lui auraient été analogues. Il ne Lui aurait pas été possible d'ajouter une réalité qui n'existait pas déjà dans ce monde. Et s'il n'est pas
possible d'y ajouter une quelconque réalité, c'est qu'il n'y a rien dans la Possibilité de plus parfait que notre monde. » (La Production des Cercles, Editions de l'Eclat,
1996, p. 29-30)
Notre monde est l’Univers ; il inclut la totalité des
univers.
Actuellement, tous les scientifiques s’accordent sur la possibilité qu’il y ait, dans le
cosmos, quantités de « Terres » où la vie humaine a pu ou pourrait se déployer comme sur la nôtre. Mais, si notre ethnocentrisme succombe à la découverte de ce qui était caché, ce n’est
pas pour autant que l’Univers cesse d’être UN dans sa multiplicité !
Traditionnellement, en Occident, la Matière est vue à travers les quatre éléments,
Terre, Air, Eau, Feu, qui n’ont rien à voir avec la classification périodique des éléments établie par le chimiste russe Mendeleïev. « Le Principe des Principes donne les quatre Substances
et Tout naît de “la”…, “la” veut dire “non” en arabe : il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu, “non”, “la”, “la”, “la” : tout n’est de “la”…. Tout ce qui naît n’est, ce n’est pas. La seule
Réalité, c’est l’Unité. Il n’y a que le Un qui est Réel. » (Emmanuel (Yves Monin), conférence inédite, janvier 1983)
La chimie ayant divorcé de l’alchimie s’est coupée de l’essence des choses ; elle
enseigne un point de vue limité qui se perd dans la multiplication du multiple. Qui se souvient encore que Newton était avant tout un alchimiste ? Dans son optique, le phénomène (l’objet
perçu) n’était pas alors dissocié du noumène, l’objet en soi ; actuellement la science est incapable de rendre compte de son objet. Au XIIIe siècle, saint Bonaventure, docteur de l’Eglise,
disait : « Il y a deux façons de regarder les choses, comme des objets ou comme des signes. »
La Tradition permet à l’homme une compréhension opérative des sensations humaines et de
l’essence des choses, com-préhension qui dépasse celle du seul mental. Aux quatre éléments différenciés depuis la substance unique, s’ajoute l’Ether les englobant, matrice de tout ce que nous
percevons, et appelé en Orient, Akasha.
Une vision holistique de la matière se fait jour actuellement, et l’hypothèse d’une
holomatière est émise par un physicien et épistémologue, Emmanuel Stanford : « Parions que la science de demain aura admis et compris la nature non strictement matérielle de la
conscience, et qu’elle saura l’englober dans une vision plus vaste et plus profonde du réel. » (Quelle est notre place dans l’univers ?,
article sur Internet)
Quant à la Matière et à la Manifestation, chez les scientifiques, les théories les
concernant se succèdent au cours du temps ; lorsque l’une d’elle est validée par les expériences et les vérifications, elle rencontre tôt ou tard un fait nouveau qu’elle n’intègre pas. Elle
est rendue caduque. Ainsi s’affine le décodage de la Matière sur un certain plan, mais c’est à chaque fois neti, neti, « c’est pas ça, c’est pas ça », la via negativa,
la voie apophatique, et la science rejoint en cela, bien malgré elle, l’Initiation traditionnelle ! L’humain s’emploie à ce décodage dans tout ce qui est recherche scientifique, mais, selon
le mot de Rabelais, « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », comme il a été rappelé souvent avec justesse. Et différents niveaux de conscience sont à l’œuvre dans la
Matière…
Le paradoxe scientifique actuel n’est-il pas que la matière
n’est pas matière, mais onde et énergie ? Notons une nouvelle fois que le réel des scientifiques, la seule réalité observable, n’est pas le Réel du métaphysicien qui englobe la Totalité
Universelle, aussi bien le manifesté que le non encore manifesté et la Source de toutes les sources de manifestation.
L'Origine de Tout est le Point de Radiance d'où naissent « Sons, Couleurs, Rythmes,
le Mouvement de la Vie en somme, dans son Plan encore imperceptible et invisible à la Terre ». (Les Sons de
Dieu, op. cit., p. 28)
Qu'est le Monde, l'Energie-Onde, la Création ?
depuis le Principe, le Point originel et « l'Idée de Dieu est la Connaissance
Universelle. » (L'Instruction du Verseur d'Eau, op. cit., p. 418)
Le méta-physique nous projette dans l'au-delà du physique d'où émane la matière, en un
premier temps substance indifférenciée.
« En effet, du Point (symbolique) créateur, la Substance (...) est émise sans
distinction de formes (...) : CRÉATION...
Les ondes qui s'en diversifient (...) signent la MANIFESTATION.
En se “cristallisant” (...) les Formes sont générées : GÉNÉRATION Tri-unitaire, à savoir
: le Pôle Créateur + le dualisme naturel (masculin-féminin, oui-non, ici-ailleurs, etc. ...).
La MULTIPLICATION s'ensuit... » (Emmanuel-Yves Monin, L'Univers en code-barres : Dodécalogie et Transdisciplinarité, Auto-édition, 1999, p. 36), contenue en
puissance dans cette unique substance.
En elle, l'onde est pure potentialité.
Quelle est sa réalité ?
Seul l'observateur mental lui donne forme.
« C'est (...) l'observation qui crée la réalité. Avant l'observation, l'électron
revêt son habit d'onde. Le potentiel ne se réalise qu'après l'observation. » (Le chaos et
l'harmonie, op. cit., p. 287)
En l'absence d'observateur, y a-t-il quelque chose à observer ? Chaque observateur
vit donc dans sa perception, dans sa représentation du monde, dans son monde. « Car la vision d’un homme ne prête pas ses ailes à un autre homme. Et de même que chacun de vous se tient seul
dans la connaissance de Dieu, de même chacun de vous doit être seul dans sa connaissance de Dieu et dans sa compréhension de la terre. » ((Khalil Gibran, Le Prophète) C’est pourquoi « il nous faut être particulièrement prudent en disant
que nous avons découvert une structure particulière ou un schéma dans le champ d’énergie humain, car il se peut que nous ayons créé ce que nous avons trouvé » !
(Michaël Tabot, The Holographic Universe, traduction d’Emmanuel-Yves Monin dans L’Inspiration, Dervy, 2007, p.
217)
La science, dans sa recherche continuelle d'une théorie unificatrice, émet l'hypothèse
d'un point originel matière, ce qu’affirme un texte rabbinique ancien : « Quand le Saint-béni-soit-il voulut se manifester Il se concentra en un point... » (Cité par Carlo Suarès dans Mémoire sur le retour du Rabbi qu’on appelle Jésus, p. 109) Que nous dit-elle dans ses plus récentes avancées ?
Il y a 15 milliards d'années, les trois forces essentielles qui caractérisent tout le
cosmos étaient encore unifiées : l’interaction forte, S, cette colle liant les électrons à l’intérieur de l’atome ; la force électromagnétique, FEM, qui rend compte de la lumière, de
l’électricité et de l’attraction magnétique ; la force de désintégration radioactive, W. « Les trois forces deviennent une quand nous remontons le temps jusqu'à 10-35 seconde, quand l'énergie de l'univers était de cent mille milliards (1014) de fois l'énergie de masse du proton, et quand il n'avait que la
taille d'un millième de milliardième de milliardième de milliardième (10-30) de centimètre. » Cela à 1027
degrés Kelvin ! La théorie de la grande unification réunit ces trois forces à celle de la gravité à 10-43 s.,
l'énergie de l'univers étant 1019 GeV
et la température 1032 K. L'infiniment
petit produit l'infiniment grand : « Une immense tapisserie cosmique s'est tissée, composée de centaines de milliards de galaxies faites chacune de centaines de milliards d'étoiles.
” » (Le chaos et l'harmonie,
op. cit., p. 314)
Mais, à ce point ultime, plus aucune des lois physiques connues ne s’applique ! Le
big-bang ne reste qu’une théorie qui ne peut rien dire de ce qu’il y avait avant lui, ni de sa cause…
En science, l’avancée la plus spectaculaire trouve ses
racines dans la physique quantique qui allait remettre en cause toute la physique d’Einstein. En 1900, Planck formule sa théorie et baptise “quanta” des quantités discontinues sous lesquelles est
émise l’énergie. L’émission des rayonnements émis par les corps incandescents est vue comme discontinue, et, en 1905, Einstein met en évidence le fait que la photoélectricité et la propagation de la lumière s'effectuent par petits paquets séparés, par petites quantités, par quanta appelés
photons.
En établissant l’équivalence
masse-énergie, Einstein a pu rendre compte de l’énergie nucléaire. La célèbre formule E = mc2, au-delà de sa signification scientifique, peut être décryptée par le cabaliste ayant la Connaissance de la Langue des
Oiseaux : E, l’Être Humain Parfait sur ses trois plans ; = “Ego-Centre de l’Unique” ; m : aime ; c2 : le 2 expose la respiration cosmique dont le premier
temps est la chute (le C se referme en O, la totalité de l’espace-temps), et le second l’ouverture, le O s’ouvre en C à l’existence au-delà du temps. En clair, l’Être Humain Parfait est la
Totalité Universelle, “l’Ego-Centre de l’Unique”, dont l’Energie-Amour produit (expose) la Création d’un Espace-Temps qui se résorbe ensuite. C’est la résolution, vécue en incarnation, de
« “l’équation” de la Vie Totale à Elle-même ». (Les Sons de Dieu, op. cit.) Là seulement se trouve la Liberté !
« Qu’est-ce que la
Vérité ? c’est l’absence de dualité.
Qu’est ce que la Liberté ?
c’est l’absence de relativité.
Se libérer de l’une, c’est se
libérer de l’autre…
C’est pour cela qu’il est
dit : LA VÉRITÉ TE RENDRA LIBRE. » (L'Instruction du Verseur d'Eau, op. cit., p. 217)
La mécanique ondulatoire naît
avec Louis de Breuil : il constate l’impossibilité de représenter les processus individuels et montre que les phénomènes dont nous sommes témoins résultent de l'emploi de méthodes
statistiques. Mais c’est la relation d'incertitude d'Heisenberg qui établit l’impossibilité de préciser simultanément la position et la vitesse d'un corpuscule. Les perturbations introduites par
une opération de mesure deviennent comparables aux grandeurs que l'on voulait mesurer. Le scientifique ne mesure que ce qui se passe après la perturbation. Pour localiser un électron, il envoie
sur lui un photon et le choc communique à celui-ci une vitesse dont il est impossible de prévoir la direction et la valeur avec exactitude. On ne connaît qu'une probabilité, celle qu'a un
électron d'être en tel ou tel lieu à un instant donné. La notion d'onde permet d'interpréter cette probabilité.
Einstein et son équipe ont montré (Article: Albert Einstein, N. Podolsky et N. Rosen, Phys. Rev.
46, 777, 1935) que la physique quantique, dont ils essayaient de démontrer la fausseté, impliquait qu'un “lien fantôme” existât
entre deux particules “jumelles” émises par un même atome : tout ce qui se produirait sur l'une se répercuterait instantanément sur l'autre. Ils ne croyaient pas que, dans notre univers, la
vitesse de la lumière puisse être dépassée et donc à cette prédiction découlant de la physique quantique. Ils étaient loin du compte !
Le concept de “non localité” (D'après Jean Staune, Aux frontières de la Physique, Convergences, n°7 ; Université interdisciplinaire de Paris, 1999,
p. 2) va se heurter à de nombreuses résistances. Alain d'Aspect, en 1982, expérimente la réalité du phénomène dit du “lien
fantôme” : « Certaines corrélations ne peuvent pas être expliquées sans prendre en compte l'existence d'une action à distance. » (John Bel,
John, Speakable and Unspeakable in Quantum'Mechanics, Cambridge University Press, 1989, p. 139) Deux particules sont
distantes de 12 m. La mesure est faite en moins d'un milliardième de seconde. La répercussion a une vitesse d'au moins 20 fois celle de la lumière. Une équipe internationale montre, en 1993, que
l'on peut utiliser ce phénomène pour la “téléportation” quantique : quand l'une des deux particules corrélées en rencontre une troisième, sa “jumelle” reçoit par “téléportation”, grâce à ce
lien “fantôme”, des propriétés de cette particule et les adopte. Cette expérience est réalisée en 1997 et en 1998 par plusieurs équipes sur une distance d'une dizaine de
mètres.
Le lien “fantôme” peut être conservé si les particules sont
placées dans des champs magnétiques, à l'écart de toute interaction. Rien n'interdit théoriquement de réaliser cela sur des distances interplanétaires. Le phénomène se déroule au niveau quantique
et non pas au niveau macroscopique qui est très différent. Dans l'expérimentation de Nicolas Gisin, en 1997 à Genève, la distance des particules jumelles est de 10 km et la vitesse de la
répercussion 10 000 fois celle de la lumière. La théorie prévoit l'instantanéité.
Il faut admettre qu'il existe des interactions à distance
qui ne sont composées ni de matière, ni d'énergie ou que la notion de distance entre deux particules n'a pas de sens, ou que la mesure faite sur une particule est instantanément enregistrée par
sa “jumelle”. Les avis s'affrontent.
La vérification scientifique ne
peut être effectuée que par des scientifiques de très haut niveau. Tous ceux qui ne sont pas scientifiques sont amenés à croire les vérités déduites de ces expériences. Il en est de même dans le
champ de l'expérimentation mystique (Le mystique est, littéralement, celui qui pénètre dans le « mystère », comme il a été dit
) où les phénomènes constatés et les vérités enseignées par les Maîtres Soufis, les grands Yogis, les
Connaissants, les Mystiques, les Instructeurs de toutes les époques peuvent être vérifiés par tout chercheur ou, mieux, par tout “trouveur” de bonne foi aventuré dans ces voies. A la condition
qu'il atteigne le niveau requis par cette expérimentation. « Chacun de ces grands visionnaires religieux enseigne à ses disciples la voie qui mène infailliblement aux mêmes visions. Leur
méthode et la nôtre [la méthode scientifique] ne méritent-elles donc pas une mesure à peu près égale de sage doute scientifique et de crédit provisoire ? », demande Romain Rolland.
(La Vie de Ramakrishna, Librairie Stock, 1930, p.
57)
Dans Autobiographie d’un yogi, il est rapporté que Swâmi Pranabânanda avait la faculté de se dédoubler et d’agir dans un deuxième corps, sans quitter
sa cellule. Celui-ci le confirme simplement à son disciple :
« - Pourquoi es-tu
surpris ? La subtile unité du monde des phénomènes n’est pas ignorée des yogis véritables. A tout instant, je vois mes disciples de Calcutta et je m’entretiens avec eux, qui ont également la
faculté de vaincre à leur gré tout obstacle matériel. » (Editions Adyar, 1973, p. 30)
Tout Être Réalisé se trouve
Maître de la Matière et en donne témoignage lorsque cela s’avère juste, mais ne fait pas état de ses pouvoirs sans à propos ; il vit l’existence d’un homme ordinaire sans problème !
Jamais il n’agit depuis le plan égoïque humain.
Un deuxième exemple est donné
dans cette autobiographie. Srî Yukteswar dit à son disciple sortant d’une vision extraordinaire : « L’Esprit de Dieu soutient activement toute forme et toute substance de
l’univers ; cependant, il est transcendant et à l’écart dans le vide incréé béatifique, au-delà du monde des phénomènes vibratoires ». (Idem, p. 154)
Ces Gurus authentiques sont bien loin de correspondre au sens caricatural donné actuellement à ce mot par l’anti-tradition !
« En sanskrit, guru signifie “poids” : ce qui a du poids, ce qui est lourd. La même racine a donné grave, gravité, gravitation.
Le guru est un homme de poids, comme on dit d’une parole qu’elle a du poids, ou d’un homme qu’il pèse une décision. »
(Yvan Amar, L’Effort et la Grâce, Albin Michel, 1999, p. 15) N’est-il pas extraordinaire que ce mot soit justement lié à la
gravitation ?
Une autre hypothèse, le
paradoxe du chat de Schrödinger tente de rendre compte de faits qui passaient pour inimaginables. Certes, c’est un casse-tête mental difficile à concevoir ! Lorsqu'on observe une particule,
elle est dans un seul état, mais lorsqu'elle n'est pas observée elle peut être dans deux états contradictoires à la fois. Si la vie d'un chat enfermé dans une boîte dépend d'un mécanisme
désintégrant un seul atome, la description quantique de la situation nous dit que, avant l'observation, l'atome est dans un état double, désintégré/non désintégré, que l'appareil est actionné/non
actionné et le chat est mort/vivant !
Serge Haroche et son équipe de physiciens ont réalisé pour
la première fois au monde l'expérimentation de ce paradoxe. (Haroche and al., Physical Review Letters - Volume 77, Number 24, p. 4887-4890, 9
décembre 1996) Le rôle du chat est joué par un champ de photons. Un premier atome en traversant le champ de photons le met dans
un état double (mort/vivant). Un deuxième atome traverse le champ un peu plus tard pour tester s'il est revenu à son état normal ou s'il est toujours en état double. Les expérimentateurs créent
un lien fantôme entre les deux atomes séparés par une distance macroscopique. Le premier atome laisse sa trace dans le champ de photons ; le deuxième récupère ensuite cette trace lors de son
passage et il se crée une non-séparativité entre lui et le premier atome. Si les distances sont macroscopiques, les objets sont microscopiques. Ceci prouve l'existence d'un niveau de réalité
situé au-delà de l'espace et du temps, caractérisé par la non-localité. Il n'y a pas interaction à distance entre les particules dans les expériences de non-séparativité parce que, selon le
formalisme quantique, on ne peut pas parler de distance entre deux particules alors qu'il y a 10 km de distance entre les détecteurs de ces particules.
Comment rendre compte de cette Illusion qu’est le monde
manifesté puisque la projection du mental humain interfère ! Il-Lus-ion, dit la Langue des Oiseaux ! (http://langue.des.oiseaux.free.fr/)
“L'effet tunnel” de Raymond Chiao est tout aussi
déconcertant : Lorsqu'une particule rencontre un mur, le principe d'incertitude nous dit qu'il y a une chance, faible il est vrai, qu'elle soit de l'autre côté du mur puisqu'il y a
incertitude sur sa position. Plus le mur est fin, plus la probabilité est forte. Dans certains cas la particule traverse réellement le mur et on peut la recueillir de l'autre côté. C'est sur cet
effet “tunnel” que fonctionnent les microscopes les plus perfectionnés.
Comment la particule traverse-t-elle le mur et en combien de
temps ? Chiao utilise deux rayons de photons qui se déplacent à la vitesse de la lumière, parcourant des distances égales pour aller par des chemins différents de A à B. Les électrons partis
ensemble de A arrivent ensemble à B. Si l'on interpose un mur sur l'un des trajets, la plupart de photons sont arrêtés, mais un petit nombre arrive quand même grâce à “l'effet tunnel”. Les
photons qui empruntent le parcours sur lequel se trouve le mur arrivent avant les autres, partis en même temps et ne traversant pas le mur ! Ils vont tous à la vitesse de la lumière et
parcourent la même distance ! La lumière ne peut aller plus vite que la lumière ! Lors de l'effet tunnel, la particule se matérialise directement de l'autre côté du mur en “effaçant”
celui-ci et non pas en se faufilant entre les molécules du mur. Elle parcourt la distance prévue diminuée de l'épaisseur du mur et arrive avant l'autre qui n'a pas rencontré l'obstacle d'un mur.
Plus le mur est épais, plus elles arrivent avant. Cela semble être la preuve quasi définitive que la matière n'est pas composée d'objets, aussi petits soient-ils, qu'elle n'est pas
“matérielle” ! Ce qu’enseignait le nagual toltèque don Juan à Carlos Castaneda, lui disant : « la première vérité relative à la conscience est que le monde extérieur n’est pas en
réalité ce que nous croyons. Nous pensons que c’est un monde d’objets et c’est faux. » (Le feu du dedans,
Gallimard, 1985, p. 44-45)
Expérience étonnante que celle de ce mur ! Ne
bouleverse-t-elle pas les notions de notre mental ? Ce qui est un obstacle pour nous, le mur, ne l’est pas pour l’électron ou la particule ! Et l’obstacle en question - le diable, c’est
l’obstacle (Satan, de la racine hébraïque stn, signifiant “l’opposant”, “celui qui met un obstacle” que la traduction grecque des Septante rendra
par diabolos, du verbe diaballein, “mettre un obstacle”. Voir la deuxième partie de ce livre) - raccourcit le
chemin à parcourir ! Toute notion de distance et d’obstacle est abolie ! Qui peut rester insensible aux résultats de telles expériences ? Ils mettent en valeur les limites du
mental humain.
La connaissance scientifique actuelle permet de penser qu'il
y a un niveau de réalité qui échappe au temps, à l'espace, à l'énergie et à la matière, mais qui peut avoir une influence causale sur notre niveau de réalité. Cela peut être vérifié par tout
chercheur scientifique de bonne fois. Bien que nous sachions que le monde n’est pas constitué de “choses”, les humains, physiciens compris, agissent toujours comme si la chose observée ne
dépendait pas de l’observateur ! Parce qu’ils ne pensent pas que le monde est « sensible », comme l’affirme don Juan..
Cette connaissance scientifique, qui n'est qu'hypothétique toujours, est loin d'être la
seule voie de connaissance, ni la meilleure. « La vraie connaissance se révèle opérative. Perpétuellement dynamique et en s’accroissant d’elle-même, elle n’est autre qu’un processus indéfini
de transformation de l’homme et de son milieu. En effet, les énergies divines et cosmiques sont à la disposition de l’être humain. Il est appelé à les reconnaître et à les utiliser. »
(Yves Albert Dauge, professeur à l’université de Perpignan, revue Epignôsis)
Les nouveaux paradigmes rendus nécessaires par l’âge-matière actuel tentent de rendre
compte de la condition de l’homme et des faits observables ; les nouveaux concepts élaborés à grande peine, seront demain périmés. Ainsi en a-t-il été, en science, du monde mécanique de
Newton, du relativisme d’Einstein, de la physique des quanta, … et demain de la théorie des cordes, considérant la matière infinitésimale non comme étant faite de particules, mais de brins
unidimensionnels vibrants, et autres hypothèses actuelles. Il en est de même des théologies et des dogmes de toutes les religions, sur un autre plan, puisque, par et dans le mental, les plans de
l’être humain sont dissociés, et que chaque spécialiste, à de rares exceptions près, reste, dans sa myopie, incapable de faire le saut du “deux-un” pour devenir “fils de l’Homme” comme il est dit
dans L’Evangile de Thomas (L 110), de voir “l’Unité-Duelle”qu’expose avec tant de force Karuna
Platon dans toute son Œuvre.
Partout cependant, quelques dissidents, dans toutes les religions, et les sciences
établies, qui se calquent sur le dogmatisme qu’elles ont voulu combattre, sont aux avant-postes pour ouvrir de nouvelles portes, tenter de nouvelles synthèses qui s’avéreront demain insuffisantes
et inadéquates. Mais très utiles cependant pour notre réflexion !
Le principe d'incertitude, le lien entre deux particules jumelles, l'effet tunnel ont
leurs équivalences au plan métaphysique, ce qui n'étonnera que celui qui n'a pas perçu que, comme le dit La Table d’Emeraude : « Voici, le plus haut vient du plus bas, et le plus
bas du plus haut ; une œuvre des miracles par une chose unique. » (Hermès Trismégiste, La Table d’Emeraude, en sa version arabe extraite du
Livre du secret de la création, Les Belles Lettres, 2006, p.11. La traduction de la “vulgate” latine est : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut : & ce qui
est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. », p. 43)
Le “moi”, l'ego mineur qui s'exprime à son degré de réalité dans le temps et dans
l'espace, a sa particule “jumelle”, le Moi hors temps, hors lieu ; la communication entre les deux est instantanée lorsque le lien avec l’Esprit est rétabli. L'absence de dualité est la
Vérité au-delà de toutes les vérités. Il est donc tout à fait possible d’ “effacer le mur” de la dualité, l'obstacle au retour à l'Unité.
Idées forces :
- L’Homme, le dernier enfanté de la matière, n’est pas arrivé à son
terme.
- Une action à distance, instantanée, est mise en évidence scientifiquement entre
deux particules dites « jumelles ».
- Même la science admet un niveau de réalité qui existe au-delà de
l’espace-temps.
- Lorsqu'une particule rencontre un mur, le principe d'incertitude nous dit qu'il y a une chance, faible il est vrai, qu'elle soit de l'autre côté du
mur puisqu’il y a incertitude sur sa position.
- Le moi mineur a aussi sa “particule jumelle”, le Moi transcendant, hors
espace-temps.
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