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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 10:16

SCIENCE PROFANE

 

ET

 

SCIENCE INITIATIQUE

 

Liminaire

 

 

Chapitre I : L’Univers est Un-Tout,

 

 

 

« L'univers est un tout, un ensemble : l'énergie, les atomes, les molécules, les étoiles et les galaxies, la terre, les vents, les marées, la vie, la pensée. Dans cet univers coexistent et se mêlent des formes qui se rangent sur une échelle de complexité croissante. »

 

Joël de Rosnay.

L'Aventure du Vivant.

 

 

 

              Dans l’Antiquité, l’Unité du Tout n’a-t-elle pas été toujours enseignée par les anciens Mystères, sous le sceau du secret, aux “initiables” ? C’est-à-dire aux humains dont la conscience était mûre et leur permettait de pénétrer dans le “Mystère” qu’est le sens de la Création.

               Hermès Trismègiste, le Trois fois Né, le Thot des anciens Egyptiens, usait dans La Table d’Emeraude d’un langage qui ne pouvait être compris que par les consciences averties. La vérité ultime connue, dans la coloration du terroir dans lequel elle s’exprimait, ne s’enseignait que de bouche à oreille comme dans la Voie du Tao, la Cabale juive, le Bouddhisme primitif, le Chamanisme premier… à qui en était jugé digne par le Connaissant, l’Initiateur, l’Ancien. Il en est et il en sera toujours ainsi. Tout n’est pas à mettre sur la place publique sous peine d’induire de forts désagréments, des catastrophes mêmes car la non-compréhension n’est pas neutre ! On ne peut d’ailleurs pas “donner des perles aux pourceaux” ! Qui l’a essayé le sait de Source sûre ! C’est une impossibilité pratique, heureusement, puisqu’elle évite le détournement du meilleur pour le pire…

La science a voulu justement se démarquer des fausses croyances, des dogmes étouffants, mais beaucoup de scientifiques n’ont-ils pas alors “jeté le bébé avec l’eau du bain” en forgeant de nouveaux dogmes ? Timidement encore, les plus ouverts ne commencent-ils pas à se rendre compte que leurs hypothèses actuelles les plus audacieuses rejoignent les connaissances anciennes des Traditions les mieux établies ? Les hypothèses des chercheurs de maintes spécialités, physiciens, scientifiques, mathématiciens, etc., peuvent-elles longtemps encore méconnaître le Méta-Physique, ce qui est au-delà du physique et traite des causes premières. N’est-il pas le seul à même de rendre pleinement compte de l’Unité du Tout ?

  Dans un livre récent, Ervin Laszlo, philosophe des sciences et théoricien du tout, constate :

« Les cosmologies hindoues et chinoises ont toujours affirmé que les objets et les êtres existant dans le monde sont une manifestation concrète de l’énergie fondamentale du cosmos. Le monde physique est le reflet des vibrations énergétiques provenant de mondes plus subtils qui, eux-mêmes, sont le reflet de champs énergétiques encore plus subtils. La création, et toute existence subséquente, est une manifestation transcendée et explicite de la source primordiale. » (Science et Champ Akashique, Ariane, 2005, p.173)

 

L’hypothèse d’un “Océan quantique”, imaginée actuellement par certains physiciens décrivant l’univers comme un océan de particules de masse quasi nulle, ne rejoint-elle pas la masse infiniment subtile de l’Esprit primordial encore dénommé l’Esprit Saint, l’Esprit suprême dont parlaient jadis les Maîtres Soufis ? Chaque atome, ou mieux encore chaque “corde” (dans chaque atome, il y aurait quelques milliards de cordes en vibration comme nous le verrons par la suite) de cet Océan incommensurable serait différencié dans l’Unité ; il serait un esprit saint préexistant à sa condition terrestre chargé d’un Attribut particulier de la Vie qu’il incarnera puisque « l’Esprit féconde Matière » (Emmanuel-Yves Monin, Le Manuscrit des paroles du Druide sans nom et sans visage, Editions Y. Monin, 1990). Au terme de son accomplissement, il contemplera son Être Originel.

Pour parvenir à cet ultime instant, que faire dans la vie sinon vivre !

« La Vie (...) ne peut être expliquée mais seulement vécue, et c'est dans la Vérité de ces mots très simples que vous trouverez la raison pour laquelle même les plus grands savants n'ont jamais pu la contenir ni dans leurs mains, ni dans leurs cerveaux mais elle se traduit justement pour eux dans leurs recherches pour le bienfait de l'Humanité. » (Karuna Platon, Les Sons de Dieu, Editions du Point d’Eau, 1986, p. 15)

Du Principe Créateur d’un monde naît la Substance unique qui en est la trame. Il induit le devenir de chaque chose qu’Il produit à partir de “rien” et se situe logiquement hors de l’Espace-temps qu’Il crée. Ensuite les individualités tout à la fois sont tissées et tissent, sur cette trame, les mutations produisant la multiplicité.

              L'apparente complexité de la création ne doit pas masquer l'essentiel dans sa lapidaire simplicité. De l’Essence fondamentale, l’Ether des Anciens, naît la substance unique qui en est la densification. La Matière est la densification la plus lourde de cette substance. Entre la Matière et l’Esprit, il n’y a de différent que cette densification. Le plan des énergies éthérées, plan des énergies personnifiées sous le nom d’ “anges” ou de “dieux”, a été créé avant le plan des formes charnelles. Lorsque ces énergies viennent expérimenter la Matière, elles sont alors personnifiées en quelque sorte, “précipitées” dans la matière lourde, comme un « précipité » se produit dans une éprouvette lors d’une expérience de chimie.

              La Source rayonne par sa Créature ; mais lorsque la Créature croit “toucher” cette Source, elle ne touche que son Reflet dans le miroir de la Création ; elle prend alors ce Reflet pour le Principe ! C’est ainsi que bien des “illuminations” s’évanouissent sans que l’être en perçoive la cause. L’Energie Agissante est le “Pur Amour”, mais il y a, entre le Principe Originel de la Terre et le Principe des Principes, comme le disaient les Anciens, 7 fois 7 Manifestations ! A moins que ce ne soit 77 fois 7 ! Pour sa protection, l’humain ne saurait voir le “Soleil de la Vérité” en face… Comme sur cette terre se produit l’ophtalmie des neiges pour qui ne protège pas ses yeux, de même s’aveugle celui qui voudrait percevoir le Réel alors qu’il méconnaît le plan méta-physique, tout autant que le mystique qui se prend au miroir aux alouettes de la Création ! Ainsi s’évanouissent l’une après l’autre les plus belles hypothèses scientifiques qui rencontrent inévitablement un fait nouveau à intégrer dans de nouvelles hypothèses !

Les « mystiques » », ceux qui pénètrent dans le « mystère » et non point les illuminés au sens péjoratif actuel du mot, sont logés pourtant à la même enseigne ! Dès qu’ils expriment leur expérience, elle s’évanouit s’ils n’ont pas à la conscience la simple vérité que « tout ce qu’on peut dire sur Dieu est mensonge » ! (Marguerite Porete, Le Miroir des âmes anéanties, Albin Michel, 1984) Ils ont cru contempler ce qu’ils appellent “Dieu”, la Cause Première de la Création, mais ils n’ont contemplé qu’« un Aspect-Reflet »  (L’Instruction du Verseur d’Eau, op.cit.) de la Vie ! Elle se voile inévitablement à l’être humain qui n’est pas en mesure de la contempler dans sa Totalité ! Ils ont vu seulement, nous dit le nagual toltèque don Juan, l’initiateur de Carlos Castaneda, “le moule de l’homme” :

« Quiconque voit le moule de l’homme suppose automatiquement qu’il s’agit de Dieu » (Carlos Castaneda, Le Feu du Dedans, Gallimard, 1985, p. 249).

  « Nous sommes seulement le produit de son empreinte ; nous sommes la marque qu’il a imprimée. Le moule de l’homme est exactement ce que dit son nom, une forme, un moulage qui rassemble un groupe particulier d’éléments en forme de fibres, et que nous appelons l’homme. » (Idem, p. 248)

Ce moule, c’est le “Gardien du Seuil”, une image, “le Seigneur de la forme” qui, lui, ne donne pas les Formes, mais l’informatique, les formes par le tissage des quatre éléments, terre, air, eau, feu, différenciation de l’unique substance ! Ce n’est qu’une base tremplin pour le retour à la Source Originelle (Voir La Vouivre, un symbole universel, Editions EDIRU, 2006, p. 203).

 Lorsque l’homme croit donc pouvoir atteindre la Cause Originelle, sa compréhension actuelle ne lui permet de découvrir, le plus souvent, qu’un hologramme, le reflet du Monde Créationnel, l’Aspect Manifestation du Principe Universel ! L’univers holographique, hypothèse pour les physiciens, est depuis longtemps une réalité pour les métaphysiciens. Il est rappelé que : « L’holographie est une méthode de photographie qui permet la restitution en relief d’un objet en utilisant les interférences produites par deux faisceaux de lasers, l’un provenant directement de l’appareil producteur, l’autre réfléchi par l’objet à photographier. » (Brigitte Dutheil, L’univers superlumineux, Editions Sand, 1994, p. 126). Chacun sait que l’hologramme à le pouvoir de restituer l’intégralité d’une image à trois dimensions à partir de l’une de ses parties (Voir Le Miroir, symbole des symboles, Dervy, 1995, chap. « L’holographie »).

              Lorsque la connaissance de l’hologramme n’avait pas été encore manifestée aux humains, le miroir rendait déjà compte de l’irréalité de ce qui est appréhendé par nos sens et des interprétations qu’en fait le mental. Que nos sens soient relayés par des microscopes, des télescopes, des scanners…, aussi perfectionnés soient-ils ne change rien au fait que, toujours, c’est l’humain qui interprète, avec ses possibilités actuelles, et qu’il perturbe ce qu’il observe ! Les ordinateurs qu’il utilise ont été programmés par lui.

 Le miroir reflète toutes choses, mais reste vide, non concerné. Il en est de même pour l’image holographique qui est aussi un reflet vide. Un pas se franchit dans l’âge-matière où nous sommes ; chaque individualité se doit de réaliser l’hologramme parfait de la Vie dans tous ses Aspects. Tant qu’elle n’est pas cela, elle reste vide et n’a aucune réalité, elle n’existe encore qu’en puissance d’Être. Ainsi seulement, connaît-elle son Seigneur, « le Seing-Or, le Sceau de l’Origine » (Voir Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphes Français et Langue des Oiseaux, Le Point d’Eau, 1993), sa précellence, sa pré-existenciation, son divin… selon les diverses dénominations employées par les Traditions authentiques.

L’Univers, certes, est un Tout, mais quelle est son Origine ? L’Instructeur de l’Ere du Verseau, mettant en évidence les structures sous-jacentes à la manifestation, écrit :

« L’Originel n’a pas de pluriel

il n’existe pas comme phénomène

mais comme Eternel.

 

Les origines sont plurielles

elles caractérisent dans le phénomène

chaque commencement. » (Le Livre Précieux de la Vie et de la Mort, Editions de la Promesse, 2006 , p. 93)

Prendre le reflet pour la Cause, l’hologramme pour le Réel, est une erreur catastrophique à l’échelle cosmique. Les causes apparentes, constatées, sont relatives et ne sont, en réalité, que des effets. Ainsi en est-il des causes des maladies, ou des catastrophes dites naturelles et de tant d’autres choses. Dans le jeu de l’espace-temps, s’enchaîne une succession inévitable : tour à tour la cause devient effet, cause elle-même d’un autre effet, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’être se propulse au-delà de l’espace-temps illusoire, dans la véritable Origine de toutes choses.

Le Principe Originel d’un monde n’est en rien le “Principe Universel”, dit encore “Principe des Principes” :

« ▪ tout ce qui s’exprime dans la Création,

   ▪ tout ce qui appartient au Domaine du Manifesté,

est le Reflet du Grand Principe Universel : le Monde Créationnel lui-même (…) étant le “Reflet-Maquette” de ce Grand Principe Universel. » (L’Instruction du Verseur d’Eau, op. cit., p.78)

Ce « Principe Universel », dit encore « Principe du Principe », est le « Seigneur des Formes », « le Saint des Saints », et « donne les In-formations, les Formes » (Voir La Vouivre, un symbole Universel, op. cit., p. 203).

L’origine du monde physique de l’espace-temps préoccupe beaucoup les chercheurs. Pour eux, la matière est équilibrée par l’antimatière, les particules de cette matière par les antiparticules, et, selon le professeur d’astrologie Trinh Xuan Thuan dans Le chaos et l’harmonie (Fayard, 1998, p. 344) : « s’il y avait symétrie parfaite, et donc autant de particules que d’antiparticules, nous ne serions pas là en train de discuter de cette question. La matière et l’antimatière se seraient annihilées complètement et l’Univers ne contiendrait que des photons ». Cette rupture de symétrie entraînerait le déploiement de l’univers que nous percevons. Il daterait de 14,5 milliards d’années ! (Voir par exemple : Sylvie Vauclair, La Chanson du Soleil, Albin Michel, 2002) Hypothèse qui trouve actuellement ses limites comme nous le verrons par la suite.

L’univers serait comme un océan de particules de masse quasi nulle, porteuses d’une énergie incommensurable, les neutrinos, qui traversent sans problème la matière terrestre pour pénétrer son noyau. Les explosions solaires enverraient vers la terre des milliards de ces particules qui produiraient une expansion de la terre. (Nikola Tesla, au XIXe siècle, a le premier, émis l’hypothèse de rayonnements venant du soleil, ayant une vitesse supérieure à celle de la lumière ; la masse des particules émises pouvant alors être négative !)

 

Quel serait l’âge géologique de notre soleil, étoile moyenne perdue dans l’immensité de l’univers ? 4,5 milliards d’années à la dernière estimation toujours provisoire, répondent les scientifiques qui empilent les grands nombres à foison : la lumière parcourt 9 461 milliards de kilomètres par année. Quelle précision ! Cette année-lumière, c’est un peu plus que la distance qui sépare la plus proche étoile du soleil. Le disque aplati de notre galaxie contiendrait deux cent milliards d’étoiles ; la galaxie la plus proche serait à 5 milliards d’années-lumière. Et le nombre de galaxies incroyablement élevé ! L’intelligence humaine est frappée de stupeur lorsqu’elle ne se laisse pas aveugler par son savoir ! Elle n’est pas en mesure d’appréhender de tels nombres qui, dès lors, ne constituent qu’un savoir abstrait, fascinant certes, mais qui risque d’être encombrant et de voiler l’Originel ! « Si on ne discerne pas l’Un dans le multiple, on ne voit alors dans la multiplicité rien d’autre que confusion et indéfinité ou indétermination privée de forme. » (Nicolas de Cues, Le Principe, in Trois traités sur la dote ignorance, Cerf, 2007, p.135) La science est l’un des moyens d’appréhender la réalité physique perçue par l’humain, mais une autre Connaissance directe se fait jour, non mentale, par la révélation intérieure, par le vécu propre à chacun. Elle confirme ou infirme les connaissances transmises par l’éducation, l’école, la société, toujours relatives à un lieu et à une époque donnés et limités donc, si ce n’est faussés par les préjugés et les dogmes ambiants.

« Ce qui est le plus incompréhensible, c’est que l’Univers soit compréhensible », disait Einstein qui, dans sa théorie de la relativité généralisée, mit en évidence le fait que notre espace serait une immense toile lisse, ordonnée, mais ondulée, une sorte de trampoline que les objets lourds, étoiles et planètes viennent déformer et étirer. C’est ce que nous ressentons à travers la force de gravité, cette force apparemment très faible qui explique la chute des corps lourds à la surface de la terre et la rotation des planètes autour du soleil. Ainsi la terre suit-elle les contours, les courbes créées par le soleil dans le tissu spatial et la force gravitationnelle n’existerait pas, la masse d’un corps ne faisant que déformer l’espace.

De plus, ce tissu spatial contiendrait des déchirures ; il serait percé par des « trous de vers » mettant en contact deux régions différentes de l’espace. Leur existence serait mise en évidence, mais aussi le fait que l’on ne puisse pas en créer de nouveaux. Ces trous de vers seraient des raccourcis possibles dans l’espace temps, ou bien des passages entre des univers parallèles constituant l’Univers. La science fiction actuelle utilise beaucoup cette hypothèse pour remonter le temps ou projeter le héros dans le passé ou dans le futur.

Dans La Chanson du Soleil, l’astrophysicienne Sylvie Vauclair nous dit : « Depuis peu les astronomes ont découvert la “chanson du soleil”, signature personnelle de notre étoile. Le Soleil vibre, comme un gigantesque instrument de musique. Les sons qu’il émet ne parviennent pas jusqu’à nous, car l’espace est quasiment vide et les ondes sonores ne peuvent s’y propager. De toute manière, ces sons sont inaudibles à l’oreille humaine. Mais les vibrations qu’ils provoquent se transforment en variations de lumière que les instruments modernes savent détecter et analyser. » (Op. cit., p. 11) Mieux encore, la sonde Ulysse a montré que le soleil fait danser la terre ; les sons générés au plus profond du soleil font trembler et vibrer la Terre au diapason !

Milarepa, le grand yogi tibétain, à l’écoute du son inaudible, entendait-il la chanson du soleil ? Les Anciens parlaient de « la musique des sphères »…

 

La terre aurait l’âge de notre soleil. Comment serait-elle née ? La Science Révélée indique : « … Deux gouttes de Feu se détachent de la Toute Puissance Universelle… En tombant, le choc cosmique donne lieu au Magma fusionnant et bouillonnant.

Lentement, le Feu dévore et brûle ce Monde qui vient de se créer… » (L’Instruction du Verseur d’Eau, op. cit. p. 87)

Thérèse d’Avila déjà affirmait : « le monde est en feu » ! (Cité par Jacques Arnaud, La marche à l’étoile, Albin Michel, 2006, p. 61)

Le Feu de l’Energie-Amour reste concentré au Centre de la Terre, en son cœur battant à son propre rythme. Il induit le retour inéluctable à la Source. Tandis que la surface de la Terre, refroidie, permet l’apparition des formes vivantes des différents règnes qui seront détruits inévitablement à la fin des temps terrestres par le Feu apocalyptique pour être restitués à leur perfection originelle. De l’Incréé est manifesté le Créé qui, en ultime fin, retournera à l’Originel Incréé. Sur ce plan, la destruction est en germe dès l’instant de la création et, faute de combustible nucléaire, notre soleil s’éteindra dans 5 milliards d’années, le temps nécessaire pour que l’énergie produite en son centre remonte à sa surface, et la vie aura déjà disparu de cette Terre… Le bouclier magnétique terrestre et la mince pellicule de l’écran atmosphérique protègent actuellement la terre des rayonnements solaires mortels… à l’image de la mince pellicule d’intelligence qui retient l’homme au bord d’un comportement suicidaire !

Autre hypothèse : le soleil prendrait du volume pour devenir une étoile géante rouge. L’énergie des neutrinos qui proviennent des explosions solaires et qui pénètrent dans le noyau terrestre entraînerait l’accroissement de celui-ci. Ces neutrinos le feraient gonfler comme un ballon de baudruche ; les déchirures de sa surface, la cassure du continent primitif unique pour entraîner ce que l’on a appelé la dérive des continents, ainsi que les séismes pourraient en être les conséquences. Plus l’expansion de la terre est grande, plus la gravité terrestre s’affaiblit et plus la vitesse de sa rotation augmente. Cette hypothèse fait sourire encore beaucoup de géologues, mais il en va souvent ainsi à chaque remise en cause ! La théorie des « cordes » a été, en son temps aussi, fraîchement accueillie. Hypothèses…

L’homo sapiens qui, au mieux, “sait qu’il ne sait pas”, est à dépasser pour que la conscience poursuive son chemin dans l’univers ! « De même que la Conscience est une matière intelligible en Lien avec l’Esprit, l’Esprit est le Corps d’Intelligence de la matière. “IL” » (Platon le Karuna, L’Articulation du Monde, Les Editions de la Promesse, 1999, p. 67)

 

Les premiers voyages hors de l’attraction terrestre ont lieu depuis quelques décennies, réalisant le rêve ancestral, illustré par cette prédiction gravée sur la tombe d’un grand savant russe comme quoi : « L’humanité ne sera pas toujours rivée à la Terre. » Dans un avenir proche, l’homme se rendra, du moins le pense-t-il, sur la planète Mars ; il retournera bientôt sur la lune… Le ciel des anciens dieux et celui des fusées ne sont peut-être pas aussi éloignés l’un de l’autre que le croient certains. Les « dieux », ce sont des énergies avons-nous déjà dit ; et celles-ci agissent avec une précision si étonnante à travers un nombre indéfini de paramètres qu’elles laissent entrevoir l’Intelligence créatrice à l’œuvre dans cet espace-temps « n’ayant nulle part ni centre ni circonférence », selon le mot de Nicolas de Cues. (De la Docte Ignorance, 1440. L’« Ignorance) 

              Ces voyages interplanétaires ont leur raison d’être. Ils sont un pas vers les Intelligences qui habitent « les Planètes bénies » avec lesquelles il est possible de communiquer comme l’indique le sous-titre de L’Instruction du Verseur d’Eau : Moyen de Communication Inter-Planétaire, de Karuna Platon. Les voyages dans l’espace demandent de dépasser la loi de la pesanteur :

               « Ne croyez pas un seul instant que la recherche spatiale soit en opposition, ou tout simplement, n’ait aucun rapport avec la Science Initiatique.

Toute Science est une Science de Dieu.

Tout a un rapport avec l’UN » (Karuna Platon, Du Maître à l’Elève, Le Courrier du livre, 1968, p. 108)

puisque « Dieu n’est pas un nom ni une personne

            Mais il est de vous ce qui Est la Vie » (Les Sons de Dieu, op. cit., 4e de couverture)

 

 

Idées forces :

 

- L’Esprit et la Matière sont une seule et même chose.

- La conscience est, à divers degrés, inhérente à la Matière.

- La science n’est ni le seul ni le meilleur moyen d’acquérir la Connaissance.

- Le méta-physique est nécessaire à la compréhension du physique.

- « Toute Science est une Science de Dieu » puisqu’Il est de nous « ce qui EST la Vie ».

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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 18:42

SCIENCE PROFANE

 

ET

 

SCIENCE INITIATIQUE

 

 

Robert-Régor Mougeot

 

&

 

Liminaire

 

 

 

En ce temps où la Terre cherche son Unité en lien avec le cosmos, de diverses façons, par la “mondialisation”, par les programmes spatiaux vers les planètes les plus proches, par l’envoi de messages vers d’autres êtres intelligents habitant l’Univers, par les essais de gouvernements planétaires, peut-être est-il bon de faire le point sur nos croyances, tant scientifiques que religieuses.

Il s’agit d’élaguer les branches mortes, de laisser se dessiner une Direction d’Intention qui est inscrite dans une Matière que l’Unité en marche ne peut plus dissocier radicalement de l’Esprit. Qui ne voit que l’Unité du Tout ne peut-être perçue comme seulement une théorie scientifique, mais comme la Vie se vivant dans toutes ses dimensions ?

Il nous faut rectifier les erreurs de parcours qui se sont produites durant les siècles de l’ère du Poisson, introduisant des sectarismes de toutes sortes qui se traduisent par la folie de l’accaparement des richesses, les meurtres que sont les guerres, les terrorismes et les génocides.

 

Peut-on re-concilier Science et Conscience ? De telle sorte que la première n’accouche plus de choses destructrices de la Nature, de l’Homme, de tous les règnes qui précèdent celui de l’humain et n’aille pas continuer à polluer l’espace comme elle pollue la planète.

La Matière est-elle vivante et consciente dans ses moindres parcelles ?

L’harmonie peut-elle être rétablie entre tout le Vivant ?

Peut-on re-concilier Physique et Métaphysique ? Chimie et Al-chimie ? Leur divorce n’est-il pas l’une des causes cruciales qui entraîne l’autodestruction actuelle, le comportement quasi suicidaire qu’imposent les décideurs dans leurs choix aberrants ?

La métaphysique n’est pas une considération de notions abstraites mais « la Connaissance des causes, des fonctions ou des états qui ne tombent pas sous les sens. Elle ne dépend pas du savoir, mais de l’exercice de facultés intuitives, supérieures aux facultés cérébrales, émotives et sensorielles, et qui permettent la prise de conscience (ou connaissance directe) par l’identification du sujet avec l’objet de sa recherche. » (Schwaller de Lubicz, Her-Bak « Disciple » de la sagesse égyptienne, Flammarion, 1956, p. 413)

Peut-on re-concilier religion et bon sens ? Vivre selon Nature en se dégageant de croyances sclérosantes sans abandonner pour autant ce qui différencie l’animal de l’humain ? Etre “religieux”, c’est être re-lié aux autres, à toutes choses, à l’univers, au Tout, à “Dieu” Créateur de ce Tout, à La Source de toutes les sources, au Principe du Principe…

Peut-on cesser de considérer les ressources dites “naturelles”, les végétaux et les animaux comme des biens à exploiter, mais comme le milieu d’où nous surgissons, après des millénaires de gestation, dans nos incarnations humaines ?

Le Point de Vue métaphysique se situe par intuition au commencement de toutes choses. Ce qui est Naturel appartient au monde de la manifestation. La synthèse des deux produit une cosmologie. L’Initiation d’origine non humaine a pour effet de libérer la conscience pour qu’elle dépasse la Nature ; elle fait entrer dans le Mystère de ce “Rien” qui produit “Tout”, et le mot “mystique”, lorsqu’il n’est pas dévoyé, s’applique à celui qui entre dans ce Mystère.

Nous ne souhaitons pas autre chose que d’ouvrir des pistes. Le Décodage de la Matière est en marche ; il s’accélère même, sans base éthique solide, ce qui conduirait s’il n’y a pas un sursaut de conscience, à de nouvelles catastrophes. Les Puissances Célestes agissent en ce monde dans la plus grande humilité et discrétion, laissant l’humain dans la liberté qui lui est donnée de se construire par lui-même ; elles ne cessent pas pourtant d’œuvrer et de proposer les voies les plus belles, de montrer les perspectives les plus exaltantes. Le discernement est cependant grandement nécessaire tant pullulent et grandissent les formes pensées nées de l’imagination fantasmatique dévoyée que beaucoup, faute de structures saines, prennent pour argent comptant, enlisant leur bonne volonté dans de nouvelles croyances tout autant pernicieuses que les anciennes.

L’Humain se doit d’accoucher de lui-même. Il en a la possibilité. Il n’est pas irrémédiablement voué à la mort pour la mort mais se doit de trouver par lui-même le Passage qui fera de lui, comme l’ont rappelé tous les Guides incarnés, à travers la mort, « un Vivant Eternel ». Mais il ne peut s’accoucher seul, comme l’a rappelé René Guénon.

Mettre fin à « l’erreur à l’égard de l’Origine »
(Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, La Création, Les Editions de la Promesse, 2000),
c’est “res-susciter” la Vie, la chose qui se déploie (Res) est suscitée par l’Energie de la Vouivre,
mais aussi “re-susciter” la vie, la réitérer depuis la Source Originelle qui la suscite…


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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 14:38

A Kabir, l'humble tisserand de Bénarès


Kabir enseignant.

Ils ne savent pas qu'Ils sont Lui !



Quand je ferme les yeux, des milliers
 d'étoiles brillent dans des lumières irisées.

Quand je bouche mes oreilles
une musique céleste berce mon coeur.

Quand percevrai-je le seul Soleil,
le Soleil de tous les Soleils,
Celui qui jamais ne fait d'ombre ?

Quand entendrai-je le seul Son, inaudible à l'oreille,
Celui qui ne fait aucun bruit ?

Le rire de mon Bien-Aimé a transpercé les mondes
et mon coeur se dilate pour remplir l'univers.
Ah ! Que ne puis-je baigner Ses pieds de mes larmes !
Je frissonne de la tête au pied dès qu'Il m'effleure de Sa main...
Contemplerai-je un jour Son visage ?
Il en a un, Il en a cent, Il en a mille, des millions...
partout je Le vois, mais Ils ne savent pas qu'Ils sont Lui !

Pourquoi avez-vous peur de l'Amour ?
Pourquoi désirez-vous l'Amour ?
Il n'est rien d'autre, en tout et partout.

L'univers entier n'est qu'une larme de mon Bien-Aimé.
Seule la pensée crée l'illusion du monde.
Mais comment aurais-je su que j'étais Lui
s'Il ne m'avait crée ?


Extrait de Poèmes jaillis du Coeur par Fin'Amor, disponible sur demande.





Kabir, l'humble tisserand.
Peinture mongole du XVIIIème siècle.

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 17:58

"Si Jonas m'était conté"
Nouvelle version étoffée par des commentaires


 
Voir : "LE LIVRE DE JONAS" : INTRODUCTION A UNE REECRITURE COMMENTEE 
              "LE LIVRE DE JONAS" : LA FUITE DE JONAS ET LA TEMPETE 
              "LE LIVRE DE JONAS" : II - JONAS, AVALE PAR LE GRAND POISSON SE TOURNE VERS DIEU 
              "LE LIVRE DE JONAS" : III - LA MISSION DE JONAS


IV  - L’illumination de Jonas



                  Ah ! Devant le soudain retournement des habitants de Ninive, voilà que Jonas est pris d’un grand dépit ! Sa colère s’enflamme. Quoi ! Les malheurs ne s’abattent pas sur cette ville corrompue ! Lui, prophète de malheur, se sent ridiculisé ! Les gens qu’il sommet de se convertir le font ! Il est pris en tenaille dans ses désirs contradictoires. Les fautes ne doivent-elles pas être expiées par les souffrances ? Le fiel monte sur ses lèvres et il se retourne contre la générosité de la providence. Lui, il n’arrive plus à sublimer ses sentiments devant la surprise que lui cause les événements. Subtilement, un poison s’infiltre encore dans ses veines alors qu’il s’est présenté au peuple de Ninive sous son meilleur jour. Il ne peut continuer à regarder la vérité en face. La vie est au service de l’homme ; c’est une énergie d’amour toute compatissante, prompte à menacer et à châtier si nécessaire, mais encore plus prompte à prodiguer l’abondance de la joie, de la prospérité, du bonheur dès que les cœurs humains s’ouvrent sincèrement à elle. Rien de souillé, de trouble, cependant, ne doit rester dans l’intime des êtres pour cela. C’est du moins ce que suggèrent certaines traductions

Jonas brûle, il bout intérieurement, médusé par l’inattendu, et sa colère grandit ; il faut qu’elle sorte, qu’elle s’exprime, il faut qu’il la traverse pour grandir encore.

              - “Ah ! Je savais cela lorsque j’étais encore chez moi ? C’est pourquoi je me suis enfui à Tarsis ; je savais en effet que, si j’allais là-bas, à Ninive, la colère de la destruction ne s’abattrait pas sur les humains et que ces gens seraient alors soulager de leur mal. J’ai fui la clémence et la miséricorde que le ciel a pour eux ! A quoi bon de servir au péril de ma vie si la grâce touche ceux qui n’ont couru aucun risque ?”

              Jonas savait cela en pensée mais ne l’avait pas vécu, et devant le fait, il se révolte. Au paroxysme de son ressentiment, il désir mourir ! ”

             - “Prends ma vie ! crie-t-il vers le ciel, mieux vaut mourir que vivre !

             Quel aveuglement ! Si les Ninivites n’avaient pas amendé leur conduite, on pourrait comprendre son désespoir ! Mais là ?

              Souvent, les textes anciens qui ont plusieurs niveaux de lecture ne sont traduits que dans le sens littéral. Alors qu’un esprit éclairé va entendre autrement ! et c’est alors une ouverture incommensurable sur le Tout Autre…

              A son Dieu, Jonas crie :

              - “Prends mon âme !”

              Non pas pour mourir selon les notions terrestres, non !

              - “Epouse-moi ! Que mon âme se fonde en Toi ! Reçois-moi dans Ta Demeure ! Que je meurs à tout ce qui n’est pas Toi !”

              Non plus cette vie illusoire dans ce corps mortel ! Non, la Vie pour une renaissance éternelle…

             Il est justement enflammé. Il va et s’installe à l’Orient de la ville, pour se tourner ainsi dans la direction de cette nouvelle naissance, ce feu qui l’habite. Il se construit une cabane de roseaux et s’assied là, à l’ombre, pour se concentrer. C’est sous des cabanes que, durant sept jours son peuple habita, à sa sortie d’Egypte, et l’ombre sous lequel Jonas s’abrite, c’est la foi. Il lui faudrait atteindre à l’absolu dépouillement pour unifier les oppositions qu’il porte encore, et surtout cet écartèlement entre l’amour et la crainte qui l’habitent. Cette demeure provisoire, c’est un lieu de purification qui se construit en branches de cédratier auquel est associée l’eau, en branches de palmier dattier, c’est le feu ; en branches de myrte qui, par leur odeur, représentent l’air et en branches de saule de rivière, eux pour terre (1). Ainsi, consciemment, cette cabane symbolise la maîtrise des quatre éléments, produits d’une unique substance.


              Alors, durant la nuit, pousse un ricin dont les feuilles palmées
 procurent une ombre fraîche. La graine de ricin a des vertus purgatives !
L’arbre est commun en ces pays. 


            Comme dans l’intestin du gros poisson, à nouveau,
Jonas, doit se débarrasser de tous ses excréments.
Mais les quatre arbres qui construisent la cabane,
construisent aussi le corps de gloire de Jonas.
        « La branche de palmier figure la colonne vertébrale dominée par le cerveau,...
le cédrat figure le cœur,... les myrtes figurent les yeux,…
 et les saules, les lèvres et la bouche. (1) » 
             Plus de penser personnelles pour être penser par la puissance créatrice !
Plus de cœur sentimental, mais l’Amour de l’amour au Cœur du cœur de son cœur !
Les yeux de chair deviennent l’Œil de la Connaissance, le troisième Œil,
et la bouche ne parle plus pour ne rien dire mais ne profère que les Dits de la Vie,
les paroles justement inspirées.

             Jonas reçoit une grâce insigne, qu’il n’avait pas même demandée, celle d’être dans l’ombre du tout puissant que symbolise ce ricin poussé en une nuit. Il est adombré, protéger de toute brisure, il est délivré, sauvé, libéré…

             C’est comme une montée d’énergie depuis le Luz subtil situé au bas de la colonne vertébrale, dans le sacrum, le lieu sacré. En un premier temps, cette énergie se manifeste naturellement en partant du chakra racine appelé par les yogis Mûlâdhara. Cette force vitale est nommée Luz dans la tradition hébraïque : « ce qui est caché, couvert, enveloppé, silencieux, secret » ; elle est située « vers l’extrêmité de la colonne vertébrale ». « Comme le noyau contient le germe, et comme l’os contient la moelle, ce Luz contient les éléments virtuels nécessaires à la restauration de l’être… » « Le Luz, étant impérissable, est dans l’être humain, le “noyau d’immortalité”, comme le lieu qui est désigné par le même nom est le “séjour d’immortalité”… (2) »

             Jonas est dans la félicité, dans l’extase, au septième ciel ! Il entre en Samadhi dirait-on en Orient.

            Il est réjoui ! Cette grâce, elle n’est pas née de son mérite ! Voilà qu’après avoir traversée les illusions qu’il générait par lui-même, Jonas doit traverser les illusions qui viennent du ciel cette fois. Les grâces sont encore des pièges, ceux de “Dieu” quand ceux du “Diable” ont échoué (3) ! Ephémères, elles se dissolvent et disparaissent comme elles sont apparues, sans causes décelables humainement. Le diable, c’est l’obstacle et le piège de Dieu est de masquer l’unité du multiple. Jonas va-t-il, dans un dernier sursaut, vouloir sauver sa peau, se cramponner à la forme de son moi, ou bien traverser la mue qui s’ébauche ?


           La fable nous dit que, dans la nuit, des larves de capricorne creusèrent le bois du ricin. Le matin, il est mort, desséché.


Cet arbre à l’ombre si bénéfique était encore un voile entre Jonas et la source de vie,
 un voile entre le visible et l’invisible, le terrestre et le célestiel.
Il est tombé en poussière, il s’est volatilisé.
Une porte s’ouvre pour un nouveau passage,
 un passage de la matière terre à la Matière première universelle,
le passage de l’œuvre au blanc à l’œuvre au rouge, nous précise l’alchimie.

            Une vive lueur apparaît au levant, comme à son lever l’éclat du soleil… mais ce n’est pas le lever du soleil de notre terre. Jonas se doit maintenant, au-delà de toute illusion, de regarder le Soleil de la vérité en face. L’extase, ce dernier piège du Bien-Aimé, touche à sa fin. La situation éphémère se dissipe sous l’effet du Souffle silencieux de l’Esprit, un fort vent venu de l’est, du couchant de la mort que Jonas ne connaîtra plus. Ce Souffle défait la dernière illusion…

           Comme les vers du capricorne ont frappé à mort le ricin qui lui portait ombrage, le Soleil frappe durement Jonas afin qu’il accomplisse cette fois le passage sans aide extérieure. Face à cette intensité de lumière, Jonas s’enveloppe la tête, il s’enveloppe ainsi pour revenir à l’état où il était avant que le ricin n’apparaisse. Il lui faut reculer pour mieux sauter, afin de préparer ses forces pour s’élever sans aide, seul, par lui-même.

           Vers l’intime de son être, de nouveau, il crie :

            - “Ma mort est préférable à la vie ! ”

            Cette fois, il ne s’adresse plus à ce qui serait un Dieu extérieur à lui ! Non ! Les degrés inférieurs de la vie n’ont plus de prises sur lui ; il aspire à l’union mystique avec son Soi essentiel. C’est cela qui est vécu comme une mort par les forces inférieures qui n’ont aucun pouvoir sur celles d’en haut. L’âme terrestre se dissout dans l’Océan d’Amour qu’est l’Energie qui crée toutes formes. La mort de l’âme charnelle, c’est la résurrection, le prix à payer pour l’accès à la Vie au-delà du temps terrestre.

             Le bienfait que lui procurait l’ombre du ricin n’est plus ; il ne peut plus maintenant que compter sur ses seules forces, pour le reproduire. Il brûle d’un désir si intense qu’il ne recule pas devant la mort de ce qui doit mourir pour que vive ce qui seul mérite en lui de vivre.

L’inspiration monte ; il se parle à lui-même, unifiant son Moi transcendant et le moi inférieur de son individualité terrestre :

             - “Tu as joui de l’ombre du ricin que tu n’as pas planté et qui a poussé en une nuit, dans la nuit noire de ton âme. Tu ne t’es pas élevé par toi-même. Pour jouir de cette extase dans laquelle tu te trouvais, tu n’as eu aucun mérite. Est-ce toi qui as ouvert la porte ? Cela n’est qu’un avant goût… Il te faut maintenant, cette porte, l’ouvrir par toi-même. Montre la vaillance de tes forces intérieures, gagne ce combat seul. Soit victorieux ; que ta volonté soit le vouloir de la vie ! Certes, nul ne peut s’accoucher seul, mais ce n’est pas la sage-femme qui accouche ! Accouche-toi de toi-même ! Oui, mon illumination n’a été qu’un rêve d’une nuit qui m’a semblée éternelle ! Ce qui est né dans la nuit s’est évanoui avant la levée du jour.

            Ninive, ce sont tous les êtres, fruits de la création ; c’est l’unité d’une multitude. Certes, que la vie leur soit clémente et miséricordieuse puisqu’ils ont réformé leur conduite. Il leur faut cependant retrouver au tréfonds d’eux-mêmes le germe d’immortalité, cet embryon de l’Immortel qui les fera authentiquement humains. Tant qu’ils n’auront pas retrouvé cette pierre cachée, cette fontaine de jouvence, ils resteront cependant dans l’illusion d’un multiple dont ils ne perçoivent pas l’unité. Tout ce qui s’édifie dans cette illusion se dissipe tôt ou tard en fumée ! ”

            Dans Ninive “il y a une multiplication de douze myriades d’Adam, qui ne connaît pas sa droite de sa gauche, ainsi qu’une foule d’animaux ! (4)”.

             Relisez attentivement cette phrase ! Douze myriades d’Adam, c’est une unité qui ne connaît pas… Les traducteurs ont pensé à une faute d’accord du copiste ! Mais non ! Il n’y a que l’Unique-ce-qui-est ! Une unité plurielle, un multiple unitif. Chacun traduit avec le niveau de conscience auquel il est parvenu…

             Dans le monde terrestre, la lumière se dégrade inévitablement par les désunions, les paroles vides et vaines, les désirs, les peurs qui en découlent, le bruit, la dispersion d’un mental ratiocinant,..

             Depuis l’Adam primordial androgyne un et pluriel, l’âme humaine s’est dégradée. Sa séparation en homme et femme en a fait un Homme Célestiel vivant ce qui fut appelé l’Âge d’Or au Jardin d’Eden. Ce jardin qui est un état d’être intérieur ! Il s’en est exclut en mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il est devenu l’homme spirituel, dont le lien avec l’Esprit, avec la Source est devenu de plus en plus ténu. Ce furent les Âges d’Argent et de Bronze. Puis la rupture se produisant d’avec le ciel, cet homme encore spirituel s’est dégradé en l’homme matériel qui peuple la Ninive d’aujourd’hui au cours de l’Âge de Fer que nous connaissons, ce peuple voué au seul raisonnement de sa logique.


Il y a bien longtemps que les hébreux ont compris que l’âme était multidimensionnelle, elle est de l’ordre de l’infini. Dans le règne humain en cette fin de cycle, elle est énergie brute, cette essence vitale que les animaux possèdent aussi. Elle est pleine des pulsions de violence qui coulent dans le sang, c’est Nephesh. A ce niveau, l’âme est encore en sommeil. C’est la catégorie de “la pensée inapte”… (4) »

Rouac’Ë, le Souffle, le Vent, est le deuxième niveau de l’âme, son principe spirituel. Là se met en place le langage ; la parole prononcée l’est par le diaphragme ouvert au service du cœur. Les voyelles (5) - ce mot veut dire mouvement -, qui ne s’écrivent pas en hébreu, sont de l’ordre de l’âme, et les consonnes de l’ordre du corps. Seuls ceux qui connaissent le mot par leur âme, peuvent lire les consonnes écrites par la main, ce qui donne d’un même texte des lectures différentes !

La dimension Neshamah est celle de l’Âme la plus spiritualisée ; « elle est celle de l’illumination des “esprits”. (6) ». Seuls les justes permettent à ce niveau de naître au monde de l’inaudible, de l’invisible aux sens. C’est l’accès au monde d’en haut, à la dimension cosmique de la vie.

         Les quatre éléments terrestres multipliés par ces trois niveaux de l’âme nous donnent les douze signes du zodiaque, les douze fils de Jacob, les douze apôtres du Christ, les douze possibilités de l’être humain sur terre (7), etc.

         Dans Ninive, dans le monde actuel,“il y a une multiplication de douze myriades d’Adam, qui ne connaît pas sa droite de sa gauche, ainsi qu’une foule d’animaux !”.

         Myriade, dans les anciens textes, signifie non pas une quantité précise, mais une immensité que l’on ne peut chiffrer. C’est donc le déploiement indéfini du douze qui est évoqué dans douze mille, par le vide des trois zéros, les trois plans de l’être humain. Et l’on ne parle pas seulement des petits enfants qui ne distingue pas encore leur droite de leur gauche comme le croient certains traducteurs, mais de toute la myriade d’humains qui ne sont plus équilibrés, qui ne savent plus discerner ce qui est encore de leur nature célestielle et les aspects les plus dégénérés, les plus horribles qui font d’eux des monstres humains vivant dans une bestialité qui peut d’ailleurs être apparemment très raffinée et prendre le masque de l’intelligence. Ils ne distinguent plus leur nature authentique de la contre-nature qu’ils ont créé et qui induit les abominations actuelles. Ils sont devenus bêtes et c’est pourquoi il est parlé d’une foule d’animaux.

          Mais voilà que s’opère le Retournement…

 

         Jonas, lui, est maintenant dans la toute compréhension… Dans le nom Jonas, le J indique l’homme tourné vers le passé. Voilà pourquoi le nom véridique est Yônah : l’androgyne (Y) ayant retrouvé sa totalité d’être (O) par le Principe (^) déploie (N) la manifestation (A) de l’esprit (H), décrypte la Langue alchimique des Oiseaux (7).

        Il typifie alors l’Homme Parfait, Célestiel, un et multiple… dont on ne peut rien dire avec les mots des langues terrestres.

  


1 Virya, Le Grand Oeuvre de Jonas, 1996, G. Lahy.
René Guénon, Le Roi du Monde, Gallimard, 1958, pp. 60,puis 65 et. 64-65
3  D’I-Eu ; D’I-A-Ble, voir Emmanuel-Yves Monin, Hiéroglyphe Français et Langue des Oiseaux, Point d'Eau, 1982. Et http://langue.des.oiseaux.free.fr/
4
 Dov Baer de Loubavitch, Lettre aux hassidim sur l’Extase, Fayard, 1975, p. 73.

Voyelle : Voix et Voie de El nous dit la Langue des Oiseaux. Voir note 2.

Dov Baer de Loubavitch, Lettre aux hassidim sur l’Extase, Fayard, 1975, p. 73.

7 Voir : Emmanuel-Yves Monin, L’Univers en code-barres. Dodécalogie et transdisciplinarité, 1998,Y. Monin.

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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 17:29

"Si Jonas m'était conté"
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Voir : - "LE LIVRE DE JONAS" : INTRODUCTION A UNE REECRITURE COMMENTEE 
          I -  "LE LIVRE DE JONAS" : LA FUITE DE JONAS ET LA TEMPETE 
          II - "LE LIVRE DE JONAS" : II - JONAS, AVALE PAR LE GRAND POISSON SE TOURNE VERS DIEU



III 
La mission de Jonas

 

 

 

« Il n’était pas de cité qui adhère

à qui son examen est servi,

sauf le peuple de Yûnûs [Jonas] !

Quand ils ont adhéré, nous avons écarté d’eux

le supplice, ruineux dans la vie de ce monde,

dont nous les avons laissé jouir un temps. (1) »

 

 

 

             Jonas entend enfin ! En tentant de ne pas entendre, il a généré la tempête…

             - “Lèves-toi ! Redresse-toi en direction de l’Orient… Va et dit !”

             Il a été vomi par la baleine ; il sort victorieux de son ventre, en quelque sorte la maison de “redressement”qu’il dut subir à cause de sa mauvaise conduite, de son mauvais penchant, de son erreur d’orientation... Manière de dire !

             Jonas ré-entend donc monter du tréfonds de lui-même la première inspiration qui l’avait traversée et qui avait provoqué sa fuite.

            - “Lèves-toi, lui dit cette voie intérieure que la Bible appelle Yavhé, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai.”

             Et qu’importe le nom donné à cette voix ! Yahvé, Allah, saint Michel, Krishna, Quetzalcoatl… Elle a pris tant de noms cette Source de toutes vies que les plus lucides des humains disent qu’elle ne peut être nommée ! Et les plus imbéciles s’entretuent au nom de leur idole, de l’idée qu’ils se font, les pauvres ! de leur dieu…

            Qui peut jamais échapper à sa destinée ? Jonas ne va plus fuire, bien qu’il ne sache pas encore ce qu’il dira et cela n’a pas d’importance ; il suivra l’inspiration de l’intime de son cœur et la confiance lui donne force et rayonnement…

            C’est d’un pas assuré qu’il marche vers la grande ville ; il est solide maintenant sur ses deux jambes, il déploie consciemment l’énergie d’amour qui le traverse, ses vains désirs se sont dissous dans la tempête ; il a rectifié ses errements… Ses ailes de colombe décuplent son zèle. Dans l’humain, lorsque l’énergie monte depuis sa racine par la colonne vertébrale, les omoplates sont appelées les ailes de la colombe ! Il irradie sans le savoir la joie, la paix, la sérénité, l’amour... Il est ce qu’il est et ne se pose plus de questions.


           Cathédrale de Strasbourg.
 

            Mais qu’est Ninive la grande ville pour le Jonas aujourd’hui ?

           C’est la terre entière ! Elle est “divinement grande”, cette petite boule perdue dans l’océan des étoiles d’une minuscule galaxie ! C’est la conscience acquise par la matière qui en fait la valeur car toute élévation de la conscience humaine rejaillit sur toute la matière du cosmos.

            Il faut “trois jours à Jonas pour traverser cette Ninive” ! Qu’est-ce à dire ? Il lui a fallu trois jours pour “traverser” son monde dans le ventre du grand poisson. Le monde spirituel use de symboles : C’est par le trinaire, par la trinité, que se fait le retour à l’unité du tout lorsqu’on s’extrait du binaire, de la dualité, ce piège extraordinaire qui oblige à connaître sa matière. Alors se révèle la vérité : toutes les formes sont pétries d’une seule et même matière subtile, la matière de toute les matières ; la matière et l’esprit une seule et même chose. Eh oui ! Mais à des degrés de cristallisation différents ! Ne le savez vous pas pour la glace, l’eau, le brouillard, la vapeur d’eau ? Simple non ? Evident !

           Jonas revient sur terre, il revient d’un pays que les cartographes ne repèreront jamais sur leur mappemonde, le ventre du gros poisson ! Il pourrait tout aussi bien revenir de l’Île Verte située dans la Mer Blanche où se rendit le soufi ibn Fazel (2), ou bien de l’Île d’Avalon d’où reviendront Arthur, Merlin, Morgane et tant d’autres, du château du Graal que découvrit Galaad (3), du château de Montsalvat bâti par Titurel, etc., du pays que les maîtres soufis appelle le pays du “non-ou (4)”, ou encore le huitième climat, au-delà de la montagne Qaf... A chaque fois, ce n’est pas un lieu au sens que donne à ce mot les terriens mais il existe dans les “planètes bénies (5)” en lien les unes avec les autres ; elles peuplent d’autres univers dont les habitants agissent par le seul amour, en Terre Célestielle… Ce monde-ci n’en est qu’une ombre, un pâle reflet dans un miroir terni.

            Du monde célestiel, que dire ? Il se reflète parfaitement dans le monde spirituel plus substantiel, plus riche de formes et de figures que le monde matériel qui nous écrase. Sa porte d’entrée ? Jonas l’a trouvée au tréfonds de lui-même. C’est la Fontaine de Jouvence, la pierre cachée des alchimistes, la perle d’immortalité, l’intériorité d’où jaillissent l’intérieur et l’extérieur qui se correspondent et s’harmonisent. Là, la substance spirituelle a une forme, elle est matière, subtile certes, comme l’est le parfum par rapport à la rose…

 

            Jonas pénètre dans la ville ; il y fait une journée de marche”, ce qui marque simplement qu’il est dans son unité et non plus dans la dualité dissociante.

Il crie sans penser à ce qu’il dit :

            - “Encore quarante jours, et Ninive sera renversée. Encore quarante jours et cette humanité-là sera détruite ! ”

            Sa conduite est suicidaire. La famine en résulte, et les épidémies, les guerres, les génocides…

             Encore quarante jours et cette humanité disparaîtra, cette terre cessera d’être un lieu de vie. La mort est partout… Oh ! Pas seulement la mort physique qu’occasionnent les comportements des humains auxquels s’ajoutent tornades, typhons, tsunamis, tremblements de terre, … car c’est maintenant la terre entière qui engloutit l’homme. Mais d’abord la mort des âmes, la mort de l’intelligence, de l’esprit à qui est dénié toute subsistancialité en l’opposant par une erreur tragique, à la matière, la mort du bon sens, « car aucun homme ne parvient à vivre, à vivre au sens qui exclut la mort, sans un minimum de conjonction avec le Ciel (6) » Voyez ! Les auteurs de la catastrophe prétendent en trouver les remèdes ! Aveugles qui guident dans le fossé et veulent continuer à guider ! Et moutons de bêler et de suivre ces bonimenteurs…

            Mais quarante jours ? Pourquoi quarante ? Plus personne ne sait donc lire ? Le déluge rapporté par la Bible dura quarante jours, et quarante ans l’errance du peuple hébreu dans le désert, ce désert où, nous dit-on, Jésus, se retira quarante jours pour prier, Elie le prophète marcha quarante jours jusqu’à Horeb... Pourquoi quarante ? C’est le déploiement du quatre, du quatre bien terrestre (7), et la force d’inertie.. “Tout est nombre”, enseignait jadis Pythagore. Selon la Kabale des Kabales qui décrypte la langue hébraïque, dans 40 (Mem), le 4 tient enfermé le 10 (Yod) qui est la vie créatrice réalisée. « L’absorption du Yod par l’action de la pensée est un aspect de l’inertie, et la force de l’inertie est un aspect de la présence omniprésente du 2 : c’est le 4. (8) » Quarante, c’est le déploiement de la force d’inertie du quatre, la lourdeur opaque qu’il faut alléger et dissiper pour faire toute chose neuve.

             Qui ne sait plus déchiffrer aucun symbole a perdu toute compréhension possible de ce qu’il est et de ce qu’il vit. Mais les outils sont toujours donnés et disponibles pour la vraie connaissance…

            - “Encore quarante jours, et Ninive sera renversée !”

            Non pas détruite, comme l’écrivent certains traducteurs ! Non, renversée, retournée !    Le retournement est inéluctable. Jonas prévient les habitants qui sont, dans la grande unité de tout pour qui vit en lien avec l’essentiel, des parties de lui-même, comme chaque cellule fait partie d’un même corps, et se doit d’être à son service. Il faut renverser la situation, non pas encore détruire ! “Traduction, trahison”, dit un dicton qui doit remonter à la première traduction ! Trahison par la projection de ses propres préjugés, de ses notions, de ses oeillères. Renverser la situation pour rendre son éclat au miroir du ciel qu’est la terre, pour revitaliser l’humain sur chacun de ses trois plans. Tiens ! Encore le trinaire ! Pour sa santé et son bien-être physique, il ne peut plus continuer à empoisonner son corps par les nourritures mortes, l’air vicié, l’eau polluée ! Il ne peut plus prendre toujours l’autre comme bouc-émissaire qu’il faut tuer ! Il ne peut plus refuser le bon sens et l’intelligence aliénés par un mental hypertrophié…

             Jonas, mettant les pieds sur le sol de Ninive, retourne immédiatement à sa véritable nature en lien avec l’esprit qui toujours féconde la matière, qui toujours « féconde matière (9) » par l’unité indissociable qui les lie l’un à l’autre. Il a la conviction que tout est possible, il a une confiance absolue dans l’énergie d’amour qui l’anime. Une mue s’opère et tombent en lambeaux les incertitudes, les doutes, les hésitations, les fuites en avant. C’est un don de la vie qui est en nous, cette vérité établie, inébranlable, sûre, pérenne qui lui sert de guide, de règle de conduite. Jonas porte en lui le Lien avec l’Esprit ; il ramène ainsi la licorne, cet animal oublié symboliquement par Noé dans l’Arche, et disent les textes, « la licorne c’est l’esprit (10) ».

Ceux qui accueillent sa parole, dont les yeux s’ouvrent enfin, comprennent et se dépouillent, ne gardent que l’essentiel en ne s’alimentant plus des multiples nourritures extérieures mais en puisant dans leurs ressources intérieures inépuisables. C’est cela, jeûner, se livrer à une concentration unifiante pour ne plus être déstabilisé par ses impulsions. Ce n’est pas la seule vaine privation de nourriture ! Il ne se prive de rien, celui qui n’absorbe plus de nourriture parce que tout simplement, son corps n’en a plus besoin durant quelques temps dans un état d’être où le seul prana suffit aux besoins d’un corps qui se spiritualise. Le prana, c’est l’énergie subtile du ciel de cette terre, qui a aussi son prana.

Alors tous les multiples “moi” de Jonas entrent en cohésion par leur intérieur ; tous se pénètrent de la nature profonde de la clémence et de la bonté universelles ; tous trouvent un écho en chaque autre. La sublimation peut être immédiate, sans phases intermédiaires…, comme un brusque passage de la glace à la vapeur sans passer par l’eau des émotions humaines.

Cette conviction touche le roi de ce royaume de Ninive à qui la nouvelle parvient immédiatement. La parole juste est contagieuse et combien plus encore la radiance simple de celui qui est. Le roi est à l’image de son royaume. Inutile de prendre des boucs-émissaires, on a les gouvernants que l’on mérite ! Dans le corps, les multiples cellules opèrent ainsi la transformation du pouvoir central qui accélère alors la transformation de l’ensemble. Lorsque le pouvoir temporel se met au service de l’esprit, sa transformation se répercute sur tous. Cela se produit pour Jonas dans sa terre et pour l’ensemble des sujets que gouverne un roi qui décrète immédiatement une mobilisation générale, un « jeûne », et chacun de se couvrir d’un sac. Entendez bien !

Le roi se soulève de son trône, il s’élève, il élève le niveau de sa conscience, sublime l’épais en subtil ; et tous ceux qui le contemplent sont élevés par son énergie, sa force de conviction. Il fait alors passer son manteau par-dessus lui, signe qu’il assume sa fonction d’intermédiaire de l’Esprit. Il s’efface devant l’évidence de son impuissance à changer seul le cours des choses qui fait courir à tous un mortel péril. Il a l’humilité de reconnaître que son rôle sur cette terre est celui d’un médiateur entre la Source de tout et le peuple de son royaume.

Le roi se couvre d’un sac ! Qu’est-ce à dire ? “Se couvrir d’un sac”, c’est alors occulter son mental ratiocinant, cause de toutes les catastrophes, avec simplicité, humilité, en re-connaissance de cause, de la Cause unique dont on se fait alors le serviteur. “Se couvrir d’un sac”, c’est entrer en soi-même, examiner les forces de sa conscience, chercher, s’interroger, demander, se mettre à l’écoute du son inaudible jusque là dans le brouhaha des choses coutumières.

Plus de nourritures frelatées, avons-nous dit, pour ces hommes, ces bêtes qui ne sont encore que les cellules d’un même corps social, ne plus boire l’eau des émotions humaines qui déstabilisent toujours et sont causes de multiples conflits d’intérêt ! Il s’agit aussi de prendre conscience du fait que les nourritures véritables et essentielles ne sont pas les nourritures terrestres ; ce sont les nourritures célestes qui permettent d’apprécier les nourritures terrestres qui, sans elles, sont fades, indigestes et inconsistantes.

“On se couvre de sacs”, on crie vers le ciel avec force, et chacun détourne sa conduite, prend conscience de son ignorance et se réforme, se délestant de tout ce dont il n’avait pas jusqu’à ce jour mesuré l’iniquité. L’ignorance est toujours pardonnable, non point le reniement. Par le juste travail de leurs mains, guidé par l’inspiration, ils atteindront la  plénitude. L’iniquité, c’est de traité l’autre autrement que l’on se traite soi-même, de refuser de voir que ce qu’il est est une facette de soi-même.

Le roi s’assied sur la cendre. Oh ! Ne voyez pas là encore une vaine pénitence extérieure qui ne change rien à rien comme le sont trop souvent les rituels des religions faites d’habitudes, de convenances, de compensations creuses ! Poussière nous sommes, c’est une vérité d’évidence et ce roi n’est qu’un roi de la terre. Son humilité le fera accéder à la véritable royauté qui est celle du corps, du cœur et de l’esprit ; la cendre « est le diadème du Roi (11) ». Il laisse un vain titre pour incarner sa fonction. Aussi va-t-il renaître alors de ses cendres, comme il a été dit du Phénix. Non pas le surgénérateur qui usurpe et déshonore le nom de l’oiseau mythique symbole de la renaissance perpétuelle ! Ce roi cesse d’être un consommateur, pour une consumation qui brûle en lui tout ce qui n’est pas amour. Ainsi ce fait la sublimation ! Non pas redevenir poussière, mais cendre ! Pour faire retour de la terre à son ciel en les réunissant. Cette là la guérison véritable. Il n’y a pas d’autre chemin. Quels qu’ils soient, les multiples chemins ne sont en vérité qu’un seul et unique chemin.

Jonas, lui, réalise qu’il n’est qu’un instrument dans les mains d’une destinée qui le dépasse mais qu’il sait être le juste jeu dans lequel il tient simplement son rôle d’acteur.

- “La puissance de l’esprit sur la matière est telle que celle-ci se repentira de vouloir engloutir l’humain ! Qui sait ?”pense-t-il.

Les malheurs annoncés de toutes parts, ces enchaînements inéluctables de causes et de conséquences qui se referment en cercles vicieux où nulles ouvertures n’apparaissent à vues humaines, perdront toutes les apparences d’une réalité qu’elles n’ont jamais eues et dissoudront leurs brouillards inconsistants. La puissance de la juste création porte des fruits qui sont Bonne Santé, Bien Être, Intelligence ; si ce n’est pas le cas, il y a urgence à rectifier selon les lois cosmiques qui président à la juste Création. Elle aussi, se produit en trois temps, création, conservation, destruction, pour que toute choses redeviennent neuves justement. Il y a urgence à abandonner toutes les arguties mentales débilitantes qui toujours aggravent les souffrances, à ne plus s’enferrer dans la dualité illusoire du bien et du mal, à se délester d’une histoire linéaire qui enferme dans la temporalité. Les forces inférieures seront mises au service d’une énergie ascensionnelle, duelle, positive et négative, masculine et féminine, lumière et ombre, mais sans connotation de jugement mental, naturellement, comme il se doit.

Puis l’on cria dans Ninive, et l’on fit, par goût du roi et de ses grands, cette proclamation :

- “Hommes et bêtes, gros et petit bétail ne goûteront rien, ne mangeront point et ne boirons pas d’eau.”

Par goût du roi et non par décret, comme il est traduit souvent. On subit un décret ! Mais si le roi partage son goût, c’est tout autre chose ! Ah ! Goûter, savourer la joie intérieure qui inonde chaque cellule du corps… Ce sont toutes les parties, inférieures comme supérieures qui sont concernées, la totalité de l’être en somme.

L’égarement induit la perdition. Le retournement permet de retrouver l’équilibre perdu, l’équanimité intérieure. Notre sauvetage, qui d’autre que nous-même peut l’opérer ? La manifestation a ses lois inéluctables qu’il est possible d’appréhender et ce sont les transgressions humaines qui génèrent catastrophes, guerres et souffrances individuelles et collectives. L’égarement dévitalise et entraîne dans l’avachissement et la passivité. Au contraire les actions justes retentissent dans les mondes supérieurs et apaisent  toutes les tensions néfastes.

Le retournement des habitants de Ninive induit un autre retournement.

- “Qui sait si la colère du ciel ne sera pas détournée ? Ne nous égarons plus !”

C’est la fin d’un déséquilibre dommageable, gros de la catastrophe annoncée et qui n’était encore qu’en puissance.

Celle-ci n’a maintenant plus lieu de survenir et Ninive est sauvée…

La clémence, la mansuétude et la miséricorde de la vie sont insondables…

 




 1 Le Coran. L’Appel, 10e sourate, verset 98, traduction A. Chouraqui.

 2 ‘Ali ibn Fâzel Mâzandarânî, Récit des choses étranges et merveilleuses qu’il avait contemplées et vues dans l’Île Verte située dans la Mer blanche. Voir Henry Corbin, En Islam iranien, t.IV, livre VII, pp.346 ss.

 3 La Quête du Graal (La Queste del Saint-Graal), éd. A. Béguin et Yves Bonnefoy, Paris, 1955.

 4 Sorahvardî, L’Archange empourpré, traduction H. Corbin.

 5  Voir Karuna Platon, L’Instruction du Verseur d’Eau, éditions de la Promesse, 2000.

 6 Face de Dieu, face de l’homme, op. cit., p. 120.

 7 Voir notre livre : La Métaphysique des Chiffres, auto-édition, 1998, chap. IV.

 8 Carlo Suarès, La Kabale des Kabales, Méditation du Taw.

Dans le code alphanumérique attribué à l’Hébreu, à chaque lettre servant à composer un mot est attribué un nombre. Ainsi א aleph : a = 1 et veth (ou Beth) : v (ou b) = 2 et ainsi de suite.

 9 Voir Emmanuel-Yves Monin, Le Manuscrit des paroles du Druide sans nom et sans visage, 1990, éditions Y. Monin.

 10 Voir la pièce de théâtre jouée par « Les Derniers Trouvères », La Dame à la Licorne et au Lion, d’Emmanuel-Yves Monin.

 11 Dom Pernetty, Dictionnaire Mytho-Hermétique, p. 70.

A suivre :
IV -
L’illumination de Jonas


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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 11:30

"Si Jonas m'était conté"
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Lire : "LE LIVRE DE JONAS" : INTRODUCTION A UNE REECRITURE COMMENTEE 
          - la première partie : "LE LIVRE DE JONAS" : LA FUITE DE JONAS ET LA TEMPETE


II


Jonas, avalé par le grand poisson,

 

se tourne vers la Source de Vie

 

 

« Et Dû-n-Nûn [Jonas] le Maître du Poisson,

quand il s’enfuit courroucé :

il imaginait que nous ne ferions rien pour lui,

mais il Nous a imploré dans les ténèbres :

“Pas d’Ilah, sauf Toi !

Louange à Toi : j’étais parmi les fraudeurs.”

 

Nous l’exauçons et le sauvons de l’angoisse,

Nous, le sauveur des adhérents. (1 ) »

 

 

 

               La miséricorde divine s’exprime en écartant les pires menaces…

              Un grand poisson, mâle précise certains (2), engloutit Jonas ;
il demeure dans ses entrailles,
dans son ventre, dans son intestin durant trois jours et trois nuits.
Ainsi est-il finalement transféré de la cale du navire jusque dans le ventre de ce poisson,
au cœur de la mer.



           Les spécialistes pensent que c’est une baleine ! A leurs yeux, seul cet énorme animal peut avaler un être humain et lui offrir une hospitalité vivable pour tout ce temps ! Les enluminures et les images multiples en font un monstre impressionnant. Pourtant, il est bien sympathique, ce poisson qui sauve ainsi Jonas de la noyade et qui sait, de la voracité des requins ! Jonas est-il né sous le signe du Poisson ? Dans le ventre du grand poisson, il est dans un état transitoire comme l’est ce signe indéfini et indéterminé entre l’hiver et le printemp (3). Pour lui, l’eau n’est pas celle du déluge mais celle de la tempête.

             Il est même dit, par un commentateur subtil et inspiré, qu’en un premier temps, Jonas se trouve là « comme dans un palais, les deux yeux du poisson avaient l’éclat du soleil, et dans son intestin se trouvait une pierre précieuse dont la lumière permit à Yonah de voir toute l’activité des profondeurs de la mer. (4) ». Il est au paradis, envoûté par la magie du spectacle qui s’ouvre sous ses yeux. Mais le paradis terrestre est-il le but ?

 Lorsqu’il contemple les eaux marines fécondantes et les inépuisables beautés des fonds marins lorsqu’il est dans le ventre du grand poison alors que la tempête est apaisée, ce qu’il vit est ineffable, irrationnel et tour à tour se dissolvent ses notions tandis qu’il intègre les valeurs universelles.

            Alors que Jonas se plait là, le poisson meurt et Jonas crie vers le ciel. « Ce n’est qu’après la mort du poisson que Yonah se trouve plongé dans l’affliction parce qu’il est dans le ventre d’un poisson mort que les autres poissons de la mer dévorent ! (5) » Des orques et autres prédateurs… Tout en ce monde est proie et prédateur, chassé et chasseur, dévorant et dévoré !

              A l’instant, Jonas crie sa prière de sa limite vers la limite :

              - « Toi, tu gouvernes le jaillissement de la mer ;

à l’assaut de ses vagues, tu les apaises. (6) »

            Aussitôt, le poisson ressuscite. C’est là la réponse qu’il reçoit et il reste les trois jours et les trois nuits qui lui étaient comptées dans ses entrailles. Le poisson ressuscité est un poisson féminin ! Lorsque Jonas est actif, le poisson est masculin, mais lorsqu’il est enfin réceptif, celui-ci ressuscite en poisson féminin… Trois jour, c’est le temps qu’il faut à un cadavre mis dans la tombe « avant que ses entrailles n’éclatent. (7) »

 

            Qu’importe ? Ce poisson, cette baleine, contient l’immensité de l’océan qui engloutit notre héros. Là, il est où il désirait faire retour, dans le ventre de la mère. C’est un trou noir où il se cloître dans des ténèbres protectrices. Il est embryon, il est en gestation. Il va être digéré, réduit à l’état d’excrément, de déjection, à moins qu’il ne digère ce qui le digère ! Pour survivre dans cette tombe, pour se remettre à flot, dans le flux, ne faut-il pas se dépouiller du superflu, ne conserver que l’essentiel, retrouver son harmonie avec le tout ?

            Ce sont ses propres entrailles qu’il examine là, comme tant d’autres le firent dans les entrailles de la terre-mère avant de sacrifier leurs désirs montant d’elles. Les augures ne prédisent-ils pas l’avenir en examinant les entrailles de l’animal sacrifié ? Dans tes entrailles, c’est là que tu trouveras la pierre cachée (8), la fontaine de jouvence d’où jaillit le lait virginal qui a la blancheur de la colombe. Elle est l’âme impérissable qui boit dans le vase l’eau de la mémoire de la Source de la manifestation duelle, cette colombe qui symbolise l’œuvre au blanc des alchimistes. Lui, c’est du fond de ses entrailles qu’il crie, un cri muet par manque de souffle, car il étouffe dans ce boyau horrible. Un questionnement se produit :

             - “Quoi suis-je ? En quoi suis-je ? Pourquoi ceci et pourquoi cela ?”

           Au Jonas en vous de répondre ! Un simple assemblage de chair et d’os qu’inventorie l’anatomie et que soigne la médecine occidentalisée ? C’est là se chosifier et l’on se traite alors comme une marchandise, aussi est-on ainsi traité ! Alors, on collectionne les objets, les expériences, les savoirs dont la ligne d’horizon ne fait que reculer sempiternellement sans qu’il n’y ait jamais aucune élévation. Cette seule question maintient l’homme dans l’enfer qu’il concrétise ! Avec elle, il ne pourra sortir de l’abîme insondable des entrelacs emmêlés de sa nature déviée. « La vie est sans pourquoi (9) », a-t-il été dit.

           - “Qui suis-je ?”

           Cette simple interrogation, par sa justesse, le ramène au centre de lui-même. Il touche le fond du gouffre noir et se tourne alors vers la lumière d’en haut, une lueur entrevue, reflet du véritable soleil qui, lui, ne fait pas d’ombre. Ainsi remonte-t-il des limites du monde inférieur à celles du monde supérieur… si tant est qu’il y ait plusieurs mondes avec leurs limites ! Celles-ci ne sont toujours qu’en la tête…, des projections, des objections, des abjections, des déjections. Comme si la matière et l’esprit n’étaient pas une seule et même chose ! Créations matérielles…, créations spirituelles…, tout cela est mirage. L’Unique est sans second, et Janus restera toujours prisonnier du binaire !

             La voix qui monte de son cœur, Jonas l’entend enfin. Il décide de s’amender, d’aller où il se doit d’aller. Là, dans ce ventre, cet antre, cette tombe, cette fosse, il échappe à l’abîme qui allait l’engloutir, aux flots tumultueux des guerres et des conflits qui déchirent tout, à la mer déchaînée des passions ; il a pu enfin retrouver un instant le calme et la paix. Alors le souffle lui revient qui porte la parole, le privilège de l’humain :

              - « L’abîme à l’abîme crie à la voix de tes cataractes.

Tous tes brisants, tes vagues, sur moi passent. (10) »

              - “L’abîme me cernait de toute part, ma gorge suffoquait, l’algue marine m’étranglait et je ne pouvais plus crier ! Je suis rejeté de ce monde… Je pouvais regarder le Soleil en face et j’en ai été empêché ! Jusqu’à l’âme, les eaux m’ont submergé… La Mer de jonc, la Mer Rouge (11), m’a fait disparaître… Jusqu’aux entrailles des montagnes sous la mer je suis descendu… Pour ma protection, la terre me verrouillait pour toujours… Ma vie remonte de la fosse… Mes ultimes forces vives m’enveloppent ; ma mémoire renaît… Le temple saint, c’est en moi, au cœur de mon cœur qu’il a sa racine… J’étais un mort-vivant bouffi de vanités et de savoirs. Mon âme défaillait… et voilà que par la grâce d’en haut, je me suis souvenu de moi-même.”

            - “De la crypte du temple de mon cœur monte enfin le souvenir de la Source, elle coule enfin et les mirages de l’enfer s’éteignent. Je ne défaille plus…”

Jonas est descendu dans le Shéol, le séjour des morts et meurt à lui-même, prostré, sans réaction. S’attacher à sa forme passagère, au vêtement de sa manifestation, c’est la perdition ! C’est se réduire à n’être qu’animal, mais cela ne se peut et l’animal humain est un monstre hybride qui n’a pas lieu d’être. Entendez bien qu’aucun “lieu”, aucun, ne peut l’accueillir et il sera alors sans patrie, dans un exil irrémédiable.

             Beaucoup de ceux qui se croient vivants sont morts ; morts sont ceux qui ont étouffé le subtil respir de l’esprit en eux ; ils tiennent celui-ci comme improbable ou pour un mot vide de vie et ravagent eux-mêmes leur jardin intérieur, leur éden. On ne peut sans mourir, ramener les mondes suprasensibles aux choses connues par les seuls sens corporels. Utiliser ces outils-là pour connaître ce qui ne relève pas de la science occidentale est un contre-sens mortel qui plonge dans la descente infernale des contre-vérités et crée la contre-nature. Comment découvrir la pérennité de son essence, de sa quintessence, comment devenir un vivant pour la vie et  re-cueillir ce privilège d’être, sans passer consciemment par la mort, son aboutissement apparent mais non point ultime ? Une mort qui n’est pas la néantisation stérile d’une matière aseptisée ? Accepter le face à face avec soi-même est la seule issue pour que la vie soit re-suscitée. Rien ni personne ne souhaite la mort de l’homme en perdition… Si sa conduite est suicidaire, c’est lui qui en a ainsi décidé malgré tout puisqu’il se coupe du tout unifié par la vie…

             En ce lieu, dans le ventre du poisson, la perte du souffle entraîne au mutisme, mais appelle la rosée céleste qui ensemence la résurrection, et la parole à nouveau peut jaillir du cœur, même si l’air manque dans cette geôle qu’est le boyau où Jonas est confiné. Lui, prophète, ne peut parler que la langage de la kabbale*.

            Que se passe-t-il alors ? Les trois jours et les trois nuits dans cette tombe, où le mort vivant s’identifie d’abord à son monde égoïque, seront comme les six jours de la création, une genèse. Cette gestation le plonge d’abord dans l’enfance indifférenciée, puis il discerne les contraires, distingue l’intérieur de l’extérieur. Cela provoque une mutation, une conversion et renaît alors la foi, cette préparation à l’amour illuminateur. Les limites étroites du seul raisonnement éclatent ; une possible liberté créatrice est discernée intuitivement. Il ne s’agit plus seulement de générer, mais de créer. Il lui faudra, il le sait alors, passer aux œuvres vives et redevenir ainsi à la fois poisson de la mer et colombe du ciel. Il acquiert la connaissance et pourra agir par cette foi, s’exprimer par cet amour. Cela c’est l’homme spirituel, le combattant yang qui agit par la volonté. Son image est “à la ressemblance” du modèle céleste, mais non pas encore “la ressemblance” elle-même, “la similitude” ! (12) Il n’a pas encore la perception directe, immédiate, vécue mais une perception seulement comprise et non vécue ; le principe de son agir reste encore dans l’homme extérieur, mais il est au service d’un plus haut sens.

 

            Jonas, lui, est appelé Dhûn-Nûn dans la tradition islamique et la vingt-neuvième lettre de l’alphabet arabe, nûn (13), représente le poisson et en particulier El-Hût, la baleine. La Kabbale attache à cette lettre l’idée de « nouvelle naissance ». La partie inférieure de la graphie de cette lettre est « un arc surmonté d’un point qui en indique le centre, symbolisant l’Arche de Noé flottant sur les eaux. » Le mot Ionas , Colombe, nous met sur la voie de l’Arche de Noé à l’instant où la Terre Nouvelle est en vue. Quant au point, c’est le germe d’immortalité placé en son centre, en son cœur, l’ « Embryon d’Or » de la tradition hindoue.

             Nûn est donc une coupe, une matrice. « Le développement du germe spirituel implique que l’être émerge de son état individué et de l’environnement cosmique auquel il appartient, de même que le retour de Jonas à la vie coïncide avec sa sortie du ventre de la baleine… Cette sortie équivaut à celle de l’être qui émerge de la caverne initiatique, dont la concavité est représentée également par la demi-circonférence de la lettre nûn. (14) »

              La prosternation des religieux, quels qu’ils soient, correspond à la lettre arabe mîm qui signifie principalement la mort ;elle précède la résurrection signifiée par la lettre nûn qui suit mîm dans cet alphabet.

             Quant à la Langue Matrice, à l’Origine de toutes les Langues, qui a donné ce nûn aussi bien en arabe, en phénicien qu’en hébreu, elle a donné en sanscrit la lettre correspondante « na qui, ramenée à ses éléments géométriques fondamentaux, se compose d’un demi-cercle dont la convexité est tournée vers le haut et d’un point »??. Les deux lettres assemblées, réunion de l’Arche et de l’Arc-en-Ciel, donnent le symbole du Soleil, symbole de l’Or pur alchimique. Ces considérations sur la Science des Lettres mettent en évidence la correspondance entre la tradition hindoue au commencement de la Tradition Primordiale et la tradition islamique, en tant que “Sceau de la Prophétie”, à sa fin. (15) 

            Lorsque Jonas se croit perdu, le “poisson sauveur” surgit alors des fonds marins, image vivante de l’arche cosmique où l’essence de la vie est préservée pour son essentiel lors des destructions terribles qui s’abattent sur l’humanité à la fin de chaque cycle.

Durant le temps symbolique où il est retranché du temps de la terre, la forme matérielle de Jonas s’imbibe de son essence, de sa quintessence même, jusqu’à la moelle des os. Son sang est vivifié. Le miroir de son cœur a été nettoyé et reflète enfin le ciel de son âme ; il est redevenu ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, poli parfaitement, « désincrusté de tout (16) ». Sa pensée s’équilibre, il redevient la colombe de l’esprit qui féconde sa matière. Certains le disent tourterelle ! Pourtant, la gémissante tourterelle intime de nos cœurs, aux roucoulements graves, au chant rythmé, n’est point la tendre colombe qui nous dit :

- « Mon existence est la limite des créatures.

Je viens après celui dont l’essence transcende la vue. (17) »

             Après ce nouveau déluge, la colombe qu’il est dans son essence peut voler jusqu’à la terre sèche et rapporter le rameau d’olivier de la paix intérieure.

             Alors Jonas remonte des profondeurs abyssales de la mer vers la délectation abyssale des bienfaits de la vie authentique qui l’engloutit à son tour au-delà de toute raison… Mais il n’est pas encore l’homme du septième jour, il ne peut agir par le pur amour de l’homme célestiel dont chacun des actes est marqué du Sceau de la Source. Ce Sceau, c’est le « Seing-Or », le Seigneur en vérité, nous dit la Langue Sacrée, le Principe Originel. Il n’est pas encore le victorieux, l’homme libre et parfait en possession de la Perception Directe, de la Connaissance par l’Amour, le féminin de lui qu’il se doit d’épouser lors des noces spirituelles et mystiques. C’est pourquoi par les voies secrètes de la kabbale, l’auteur de cette fable nous dit, en jouant sur la réalité symbolique de la langue hébraïque, que, si le poisson avaleur était mâle, il est maintenant devenu femelle par l’ouverture de Jonas au monde d’en haut. C’est un retournement qui fait passer de l’ombre à la lumière, c’est une restauration de son être authentique, c’est une métamorphose qui indique qu’il a enfin laissé vivre le féminin de lui pour retourner à l’androgynie de l’Adam primordial.

             La science des sciences, c’est celle des correspondances qui permet de connaître les choses célestielles à partir des choses spirituelles et les choses spirituelles à partir des choses terrestres. La voie interdite, parce que portant en elle un péril mortel, c’est vouloir faire une démonstration scientifique d’un fait célestiel, de ce qui relève du champ de la foi (18). Isolé de son Principe, l’homme ne peut connaître ; il lui faut franchir un seuil pour que sa vie et sa lumière soient celles de son Seing-Or en lui.

              Il n’est pas un instant où le monde célestiel n’agisse sur ce monde de la matière lourde, dense et opaque, mais il le fait de façon si douce et si subtile, dans l’intime de chaque chose, qu’elle est invisible aux sens grossiers et n’est perceptible que par les sens subtils du corps éthérique lorsqu’ils sortent de leur atrophie, de leur sclérose, lorsqu’ils ne sont plus déniés. Mais jamais il ne faut ramener les mondes subtils et suprasensibles aux choses sensibles par la démarche dite “scientifique” ! L’homme matériel, pris dans les rets de son rêve, croit posséder une existence propre (19) qui n’est qu’illusoire, cet ego mineur qui crée en réalité l’enfer sur terre.

               Pourtant, le Cantique des cantiques brûle les lèvres de Jonas qui implorent :

              « Ouvre-moi ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite…

              Viens donc ma bien aimée,

              ma belle, viens !

              Ma colombe cachée au creux des rochers,

              en des retraites escarpées… (20) »

             Il aspire à redevenir l’androgyne qu’il était au temps premier de la création, dans son Âge d’Or, en réintégrant en lui un féminin devenu extérieur, pour que son intelligence, sa sagesse et sa foi trouvent leur fécondité dans la volonté, l’amour et la vie. Il n’a pas encore achevé son combat…, mais déjà, il s’est pardonné à lui-même ses errements et c’est un pas immense ! Il s’absout, et ce qui est absout accède à l’absolu. Plus de solutions égoïques, mais absolution. Personne d’autre ne nous juge que nous-même. La vie super-essentielle est encore à venir…

             Jonas remercie d’une voix reconnaissante. Se sacrifiera-t-il pour payer une dette ? Offrira-t-il des sacrifices en reconnaissance ? Sait-il, dans cette fable biblique, qu’il n’y a nulle victime à immoler sur les autels d’un quelconque Dieu, et que les seuls “moutons” à offrir en sacrifice à l’essence de soi-même sont le corps physique qui n’est que la projection en ce monde de notre niveau de conscience, le cœur humain sentimental, les volontés de puissance et « le refus d’exister par soi-même (21) » !

            Voilà que le poisson se souvient, redevient mâle et, divinement guidé, vomit Jonas sur le rivage. Le vomissement marque la fin de l’œuvre au noir, de la putréfaction :



« La putréfaction est tant efficace qu'elle détruit la nature ancienne et la forme du corps putréfié; elle le transmue dans une nouvelle manière d'être, pour lui faire produire un fruit tout nouveau. Tout ce qui a vie y meurt; tout ce qui est mort s'y putréfie, et y trouve une nouvelle vie. (22)
 »

               

              Il fait retour au ciel visible et à la terre sèche… 
Il sort du ventre de la baleine, comme jadis Noé sortit de l’Arche après les quarante jours du déluge de l’eau et les cent cinquante jours de l’immersion de la terre. Mais il est la colombe et apporte la paix immédiate et pérenne. Pour lui comme pour tous ceux qui vivent véritablement dans l’instant, passé et futur n’ont pas de sens et tout s’accomplit dans l’éternel présent.

- “Sors de l’Arche !”, entend Noé.

- “Sors de la baleine !”, entend Jonas.


             La récurrence des événements, n’est rien d’autre que la présence à soi-même, à son Soi authentique et non à son petit ego, ce qui permet d’entendre la Voix de la Source… Comprendre, c’est s’arracher à l’enchaînement des causes et des conséquences. Le temps alors devient réversible et, fait surprenant, le passé dépend alors du présent qui en est l’accomplissement.



              Vivre, c’est à chaque instant s’identifier au changement et non pas subir !


 

 

 

à suivre :
III
- La mission de Jonas



1 Coran, Sourate 21, versets 87-88, traduction André Chouraqui.

2
3 Barbeau André, Traité d’Astrologie, Seuil, 1961.

4 Rabi Yehouda, Zohar, 2 : 48a, cité dans Le Grand Œuvre de Jonas, op. cit., p. 84.

5 Rabi Eléazar, cité par Rabi Yehouda.

6 Psaume 89, v. 10. Traduction André Chouraqui.

7 Le Zohar. Le Livre de la Spendeur. Extraits choisis et présentés par Gershom Schlem, « Interprétation allégorique de Jonas », Editions du Seuil, 1977, p. 97.

Basile Valentin explicite le mot clef des alchimistes, V.I.T.R.I.OL : “Visista interiora terrae ; rectificando invenies occultum lapidem.” (Visite les entrailles de la terre ; tu y trouveras, en rectifiant, la pierre cachée).

9 Marguerite Porete, Le Miroir des âmes simples et anéanties, Albin, Michel, 1984.

10 Psaume 42, v. 8. Traduction André Chouraqui.

11 Jonc : Souf ; Yam Souf : la Mer de jonc « qui n’est autre que la Mer Rouge ». Le Grand Œuvre de Jonas, op. cit.

12 Voir : Swedenborg, Arcanea caelestia, cité par Corbin Henry, Face de Dieu, face de l’homme, Editions Entrelacs, 2008, chap. « Herméneutique comparée ».

13 Nûn (נ, prononcé /n/) est aussi la quatorzième lettre des alphabets phénicien et hébreu. La lettre phénicienne donna le nu (Ν, ν) de l’alphabet grec, le N de l’alphabet latin et de son équivalent cyrillique.

La valeur numérique de נ est 50 et celle de ן est 700.

14 Guénon René, The mysteries of the letter Nün, in Artaud Thought, Londres, 1947, p; 166-168. Cité par Chevalier Jean et Gheerbrant Alain, Dictionnaire des Symboles, Robert Laffont, 1982.

15 Ibidem, p. 158

16  Maître Eckart, Sermons.

17  Ibn’Arabi, Le Livre de l’Arbre et des Quatre Oiseaux, Les Deux Océans, 1984, p. 61.

 18 Voir Henry Corbin, Face de Dieu, face de l’homme, Editions Entrelacs, 2008.

 19 Une ipséité (la chose en soi) : caractère du sujet pensant qui a le pouvoir de se représenter lui-même comme demeurant malgré les changements qui affectent son corps et son esprit. Conscience réflective de soi à soi-même.

 20 Cantique des Cantiques, second poème, 13-14.

 21 Monin Emmanuel-Yves, Le Son du Désert, Le Point d’Eau, 1989, p. 40.

 22 Dom Pernetty, Dictionnaire mytho-hermétique.

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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 09:49

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  Suite de "LE LIVRE DE JONAS" : INTRODUCTION A UNE REECRITURE COMMENTEE

 

 

Voici donc que se conte une nouvelle fois

 

la mésaventure survenue à Jonas

 

et que rapporte l’un des livres de la Bible.

 

 

 

I

La fuite de Jonas, et la tempête

 

 

 

« Et ne disons pas que c'est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu'il nous a donnée ; c'est pourquoi les hommes sont responsables.(1)» -

 

 

 

Ce jour là Yônah, Jonas (2), vivait dans le pays de ses pères en Israël. Il fit retraite en silence et solitude, et il entendit, du tréfonds de lui-même, monter l’Inspiration, la juste manifestation de l’Intelligence créatrice qui lui disait :

- “Lève-toi ! Va à Ninive, à l’Extrême de ton Orient et crie vers ses habitants car la trahison des humains est montée jusqu’à la face du ciel.”

L’homme immanquablement perd la face lorsqu’il ne la tourne plus vers la Source qui lui donne d’être.

            Chaque humain ne devrait-il pas suivre l’Inspiration qu’il reçoit, franche, directe, sans échappatoire ? Mais, pour la recevoir, cela demande la totale pureté, la blancheur, cela demande d’être « désencombré de tout (3) » ; il convient de s’établir dans le vide du silence pour percevoir la parole qui naît au tréfonds de soi et la traduire immédiatement en actes, sans tergiverser.

            Lorsqu’on ne le peut, ne faudrait-il pas du moins écouter son âme, l’extrême pointe, la fine fleur de son âme ? Il arrive que même les plus vaillants palissent alors et cherchent une échappatoire. Tant de choses à faire, à penser, à dire, à découvrir, à connaître… et les voilà piégés, ces humains ! envoûtés qu’ils sont par ce monde, hypnotisés par ce fabuleux miroir aux alouettes qu’est cette terre, engloutis dans les préoccupations du quotidien ! Elles piègent les âmes, les prennent dans leurs rets et ils oublient tout ce qui n’est pas accessible à leurs sens, laissant s’étioler, se scléroser, mourir même, ce qui d’eux est l’essentiel, le subtil, l’inspiration pourtant vivace qui fait justement d’eux des humains et perdent du même coup jusqu’à l’instinct qui est le propre de l’animal en eux.

            Alors il arrive ce qui advint à Jonas, qu’on dit, dans la Bible avoir été prophète. Qui sait ? A vous d’en juger par vous-même car il ne faut jamais croire quiconque sans avoir vérifié… et tant de choses ont été traduites à contre-sens par les étrangers au vrai “DIT”(4) !

 

Jonas, c’est, nous disent les savants traducteurs de l’hébreu, la colombe, l’âme féminine de l’homme.

« Colombe des louanges, j’ai pour demeure le jardin des Idées.

Être essentiel dans le monde visible, je n’ai d’existence que par les dualités.(5) »

Colombe est-il encore ou bien palombe ? Celle-ci nous dit, elle qu’il n’y a pas de paix véritable sans avoir mis de l’ordre dans son monde émotionnel (6)  !

Jonas est, comme vous et moi et comme tout homme né sur cette terre, un “fils de la Vérité”, mais de cette Vérité, il a peur ! Il sait, dans l’intime de son être, ce qu’il est, ce qu’il doit être pour ne pas se trahir dans son essentiel. Il lui faut, il le sait, choisir entre le pur et l’impur. Oh ! pas vos notions de pur et d’impur, non ! Cela n’a rien à voir ! C’est l’intériorité en soi qui est source de l’intérieur comme de l’extérieur intimement unis dans une harmonie équilibrée. Pour ne pas trahir sa patrie intérieure, ne faut-il pas s’éprouver, se remettre en question et balayer ses notions, et déjà celles de pur et d’impur ! Et toutes les autres qui encombrent tant l’humain qui ne s’écoute plus… Être pur, vierge de toutes notions…

Son frère jumeau aurait pu s’appeler Janus ! Le dieu aux deux visages, le dieu de la porte qui est aussi celui du passage et du port, celui qui contemple le passé et l’avenir et en oublie de vivre le présent du présent. Et ce nom signifie “passage”, passage par le binaire de la manifestation…  Toute cette fable (7) est, bien évidemment, à comprendre au présent !

 

Une voix crie en Jonas, l’enflamme, le met en ébullition ; c’est une énergie semblable à celle d’un dragon, une éruption de la vie en lui :

- “Lèves-toi, va vers l’Orient, va vers le pays de ta naissance, le pays de ta Source, ce pays qui n’a nul lieu à lui sur cette terre !” et qu’on situe dans la fable biblique sur la rive orientale du Tigre, à Ninive, capitale de l’Assyrie. On la découvrit, cette ville, au lieu-dit Nebi Yunus (8), qui signifie Nabi (prophète) Jonas, près de Kuyunjik traduit par " le château de Ninive", là fut découvert le palais d’Assourbanipal (9). L’Est, le Levant, c’est l’Aurore matinale, reflet de la Gloire de l’Amour divin, préfigurant le Corps de Gloire de Celui qui ressuscite.

Mais voilà, le réceptacle qu’il est est brisé de partout, et ses brisures alimentent en l’humain, et le mal et le bien qui ne peuvent, pas plus l’un que l’autre, remonter dans le monde de l’Amour Parfait. Alors, comment s’en délester ?

 

             Trop compliqué tout ça ! “Après-moi, le déluge !”, se dit cette colombe qui fuit vers une terre lointaine pour y trouver croit-elle, la paix !

             - "Que Ninive périsse ! Qu’y puis-je ? je ne vais pas y risquer ma peau."

            Notre Jonas, vous et moi entendez bien ! verrouille son intuition, se sauve en se bouchant les oreilles, il décide d’aller jusqu’au port pour s’embarquer vers l’Ouest, vers le soleil du couchant, il choisit de descendre dans la pénombre. Au lieu d’aller vers l’Extrême Orient, il ira à l’Extrême Occident du monde connu alors, il franchira les colonnes d’Hercule pour atteindre Tharshish, ce comptoir phénicien au sud de l’Espagne où se raffine l’argent, le fer, l’étain, le plomb. Il ne peut faire autrement puisqu’il lui faut raffiner ses métaux, alchimiser son âme pour qu’elle puisse supporter de regarder le Soleil de la Vérité en face.… Comment le kabbaliste (8a) traduit-il Tarshish ? Chrysolithe ! La pierre d’or ! car l’alchimie transmute les métaux vils en Or. Mais, dans la grande ambiguïté de tout Tarshish est aussi le pays des idoles ; n’est-ce pas ses idoles qu’il convient de transmuter ? Convoiter autre chose que ce que propose la vie à chaque instant, c’est cela l’idolâtrie, mais mieux une idole qui motive que la stagnation !

              Jonas retient la parole qui devrait être dite, criée même. Trop dangereux de dire le “DIT”… Il s’exile de lui-même. Peut-on fuir la Vie qui remplit et les cieux et les mers ? Jonas descend au port le plus proche, Iapho, l’actuelle Jaffa, non loin de Jérusalem. Sa conscience s’embrume tout en gardant la mémoire de la beauté entrevue et un instant désirée, il limite son devenir par l’affolement et la crainte. Il trouve un bateau qui n’est rien d’autre que la matérialisation de son désir car toute chose en ce monde, les pires comme les meilleures, apparaissent en fonction de nos convoitises. L’affolement, l’ivresse même qui remplit son projet, monte alors de son âme temporelle. Il loue ce bateau avec son équipage pour lui seul cependant, gardant encore une certaine autonomie. Il paye son passage, descend dans le voilier et part, tournant le dos à l’inspiration première à laquelle il n’est pas en mesure de faire face…, il “met les voiles” !

             Et le combat qui se livre en lui va déchaîner la tempête…

             Vous croyez que je vous raconte une histoire arrivée aux temps lointains, il y a quelques millénaires, sur la terre du Moyen Orient ? Non pas ! L’histoire des historiens nie la récurrence d’un éternel présent, mais ce qui est juste est toujours actuel. L’être humain n’est prisonnier de l’espace-temps que dans la mesure où il perd le contact avec son moi transcendant ; sinon, il ne voit plus le temps passer lorsqu’il vit dans son espace, l’espace qu’il se crée depuis sa Source et non plus dans l’espace d’autrui. L’aventure de Jonas est imminente pour beaucoup qui sentent monter du tréfonds d’eux-mêmes une juste inspiration qui va les terroriser. C’est donc le conte du Jonas d’aujourd’hui pris dans ses tempêtes intérieures qui est conté…

 

           Qui ferme la porte de son ciel ouvre celle de son enfer jusqu’au temps de sa régénération, de sa nouvelle naissance ! Attention, si vous prenez cet écrit à la lettre, il restera lettre morte !

          Elle se lève, cette tempête ! Oh, sur ce seul bateau qui a quitté le port ! C’est comme une tornade qui ne concerne pas d’autres embarcations qui, elles, continuent leur paisible navigation sans entraves. Les eaux grossissent, mais ce déluge est pour lui seul, Jonas la Colombe qui ne sait plus voler, s’enfermant dans la cage de l’Arche qu’il a cru trouver ! Si d’autres sont secoués par les vagues, c’est en eux-mêmes qu’ils devront aussi chercher la cause de l’ouragan qui les dévaste...

            La tempête qui souffle en Jonas, c’est lui qui en est cause car l’extérieur de l’humain est toujours produit par ce qui monte de ses entrailles lorsque est obturée la voix intérieure. Jonas est descendu dans le bateau, en lui-même, dans son moi égoïque. Un grand souffle est alors projeté sur la mer ; il précède la rosée céleste qui descendra du monde d’en haut mais qu’il n’est pas encore en mesure d’accueillir. Ainsi s’exprime l’Esprit qui planait sur les eaux aux premiers jours de la création. Ses craintes et ses désirs transforment son souffle en tempête et la mer est donc extrêmement agitée. La mer, c’est aussi sa source, « mère » de sa manifestation. La rétention de la parole, c’est une rétention d’eau, et l’eau de toutes les molécules de son corps de chair se met à bouillir…

            Alors, le bateau “pensa*” se briser ! Un bateau qui pense ! Les traducteurs souvent se permettent de corriger ce qu’ils ne peuvent comprendre ! Il “pensa” se briser ! Mais le moi ne peut être détruit, il ne peut qu’être sublimé. Même lorsqu’il y a une coupure d’avec le ciel de cette terre, jamais la totale rupture ne se produit. Attention, le ciel de cette terre n’a rien à voir avec le ciel des astronomes qui n’en est que le reflet dans le miroir, qui n’en est qu’un lointain hologramme passablement embrumé dans leurs têtes !

            Jonas, lui, la colombe, ne peut plus voler ! Il est “à fond de cale”, il a sombré dans le sommeil, la passivité, les ténèbres, il est mis aux fers par ses tendances égoïques, par son hébétude. N’entend-on pas dire en parlant imagé : “Je suis à fond de cale” ? Il est dans son rêve et ne doute pas d’atteindre Tharshish ! Plus il refuse d’affronter la tempête, plus celle-ci grandit, s’amplifie, menaçant de couler le bateau et tous ses occupants, tous les multiples “moi” qui s’agitent sans cesse en nous. Plus ils s’agitent, plus le bateau gîte et menace de sombrer. Le risque est extrême et, affolés, les matelots jettent par-dessus bord la cargaison ! 
            Les multiples “moi” de la confusion intérieure ont peur et chacun se tourne pour implorer son idole, mais rien n’y fait, quoi qu’on prétende sacrifier à celle-ci ! La tempête redouble et le capitaine, celui-qui est “ENTÊTE (10)
” et commande la traversée, descend dans la cale, au tréfonds, pour tenter de sortir Jonas de son rêve.

           - “Lèves-toi et crie vers ton Dieu !”

           Fuire ainsi, c’est vouloir retourner à son origine matricielle ; le ventre du navire, c’est le refuge du temps paisible de la gestation. Mais ce n’est pas là qu’il convient de faire retour ! Quelle erreur que de jeter par-dessus bord le présent pour se réfugier dans le confort d’un passé révolu et se projeter dans le rêve d’un futur improbable !

          - “Eveilles-toi de ton sommeil de plomb ! Du sommeil qui te plombe. Sors de ta torpeur !”

           Ecouter ses penchants, les bons comme les mauvais, c’est risquer encore plus le naufrage ! Ils font pencher la balance du côté du naufrage de toutes façons. La Source, elle n’est pas en direction du couchant !

          - “Plus tu poursuis cette route, plus tes forces intérieures s’amenuisent, plus tu t’exiles. Debout, fais face ! Regardes ce qui te regarde et cesse de regarder ce qui ne te regarde pas ! Ce qui te regarde n’est pas autre que toi ! Choisis de vivre et non point de mourir ! Sors des confusions de ton esprit ! Retrouve la puissance de ta concentration et le souvenir de ta Source, les fonctions essentielles de ta vitalité !”

            Celles-ci, mal dirigées, sont devenues ces matelots, cet équipage inquiet par les événements, ces idolâtres tremblants sur leur sort, et qui entrent en rébellion :

            - “S’il y a une catastrophe, il y a un coupable ! Tirons au sort pour savoir qui est cause de cet extrême péril”, dit la raison “en la tête”, le capitaine du bateau.

           Les multiples idoles adorées tour à tour par les uns et les autres se révèlent impuissantes. Vers qui se tourner ? Que faut-il sacrifier pour retrouver la paix intérieure ? La Paix véritable, non pas la torpeur, l’hébétude, ni même le fragile bonheur d’un rêve idyllique bâti sur du sable, ces paix factices qui veulent nier la tempête. L’équipage abdique lorsqu’il comprend que le mal est dans l’âme du Jonas qu’ils sont à eux tous, lui, le Jonas de chair, indissociables du bateau, de l’équipage et de la mer ! Car unique est ce qui est !

           Ils veulent être fixés sur leur sort, ces marins, alors, ils chutent les sorts et le sort en est jeté ! Ils ne sont pas la cause du mal ! Ils trouvent, comme toujours en ce monde, un bouc émissaire et c’est lui Jonas, l’étrange étranger qui a payé la traversée, l’habitant de l’habitacle qui est désigné par le sort !

           - “Qui es-tu, toi ? Quel est ton métier ? Ta mission ? Ton Dieu ? Ton ange ? De qui es-tu le messager ? Quel est ton pays ? Que te dit ta conscience ?”

                               “Le sort t’a désigné

                                 Et nous craignons le pire.

                                 La mer est déchaînée

                                 Et nous allons mourir.

                                 Quel Dieu as-tu fâché

                                 Qu’il veuille t’anéantir ? (11)

            Il est grand temps de faire le point. Jonas s’adresse alors à ses “moi” multiples entrés en révolte, ses matelots désemparés, il parle à ses créations mentales et non à son Moi essentiel ! Il ne dit pas, :

           - “Je suis en exil sur cette terre mais je ne suis pas de ce monde. Je retourne vers ma Source, la Source de touts les sources”.

            Non ! Il décline sa nomenclature terrestre :

           - “Je suis un ‘Ibri, un Hébreu, né de l’autre côté de l’Euphrate…. J’adore Yahvé... Je viens de Jérusalem… Je devais partir pour Ninive… et je suis parti pour Thahsish… Je change de rive, je traverse la mer pour faire retour à mon passé, pour revenir au doux temps de la gestation ; je veux me rencontrer, aller à Tharshish éprouver mon métal…”

            Il parle vers eux… Il se justifie à ses propres yeux, remplit le vide de son inconsistance. Il ne sait plus qu’il est à la fois et la mer et la terre sèche et qu’en lui le feu se marie à l’eau, le sec à l’humide ; il ne sait plus qu’il n’y a pas d’autre rive et que la seule rive est ici. Dans sa bruyance, il n’entend pas la voix de l’espoir au tréfonds de lui qui chuchote :

           - “Tu prends la longue voie du voyage en mer, la longue voie humide, la voie où le péril de la tempête guette toujours. Inutile d’aller à Tharshish où s’amalgament les métaux puisque tes chairs sont en or (12) !”.

            Non ! Il s’aveugle et dialogue avec ses créations mentales inconsistantes, les matelots qui forment l’équipage du bateau qui tangue. Irai-je jusqu’à dire qu’il a le mal de “mère” ? Il est incapable de se tourner vers le Soleil de la vérité ; il lui tourne le dos et marche sur son ombre. Que dis-je ? Il marche dans la nuit de son absence à lui-même. Il est embourbé dans ses obsessions. Ses propres lumières trop humaines sont comme la bougie inutilement allumée lorsque le soleil brille et dont la faible lueur dans les ténèbres où il se plonge éclaire vaguement des fantômes. Il fuit ce qu’il avait atteint, la vision de sa propre face, qui est une extrême conscience de ce qui est.

           - “La mer est au-dessus de nous !, clament les matelots affolés, que devons-nous faire ?”.

          - “Prenez moi ! Projetez-moi dans la mer !”, leur crie Jonas, paralysé, qui ne peut ni ne veut se jeter de lui-même dans les flots, le seul moyen certain d’apaiser la tempête puisque le sort a parlé et qu’il se sait coupable de fuir.

           Certes, il ne s’y jette pas de lui-même, retenu qu’il est par ses convictions intimes. Il désire la mort plus que tout en cet instant mais ne veut pas se suicider. Il voudrait mourir à lui-même… Ah ! Un projet qui a sa source dans le mental humain ; ce n’est pas le jet franc, direct, sans retenue, qui jaillit d’instinct au cœur de l’humain lorsqu’il ose vivre ! Retenir la Parole mérite la mort, il le sait ; il demande donc à subir son châtiment, mais la mort voudra-t-elle de lui ?

                             “Jetez-moi dans la mer !

                             C’est tout ce qu’il faut faire.

                             Ne cherchez pas,

                             Et oui c’est moi la cause de ça.” (11)

            Ses “moi” multiples veulent vivre, apaiser la tempête mais ne veulent pas obéir à son ordre qui ferait d’eux des criminels. Ne risqueraient-ils pas alors de verser un sang innocent ? Pourtant, ils ne veulent pas périr dans ce naufrage imminent. Ils crient vers le ciel, plaident sa cause, se jettent aux rames, redoublent leurs efforts et, à force de rames, essaient de regagner la terre, le sec, la sécurité. Ils creusent en cadence le flot liquide.

                            “Le bateau va couler,

                              La tempête fait rage.

                              A quoi sert de ramer

                              Pour gagner le rivage ?” (11)

            Rien n’y fait en effet ! Entre le créateur et sa créature, le face à face est inévitable et les intermédiaires des leurres inutiles. La tempête ne peut que redoubler…

           Alors, n’y tenant plus, l’équipage se saisit de Jonas, le soulève et plonge sa tête dans les eaux. Aussitôt la tempête s’apaise. A peine font-ils le geste de l’extraire de la mer et celle-ci redouble. Alors, ils le projettent vers la mer… et la mer s’apaise enfin !



Cathédrale de Tournay, Belgique.

          Fuyant l’inspiration du ciel, Jonas est pourchassé par la mer qui en est le reflet.
Jeté dans cette mer en furie, elle s’apaise après les douleurs de l’accouchement
et son âme de colombe prend son envol vers le ciel,
mais là le passage ne s’ouvre pas et elle doit redescendre dans son corps de chair…
Les flots déchaînés et voraces réclament leur proie…

           Les multiples facettes de lui-même furent saisies d’une crainte incommensurable, d’un frémissement intense ; elles, divisées jusqu’alors, se tournèrent vers l’Unique-ce-qui-Est, sacrifièrent tous leurs désirs et toutes leurs peurs, et se vouèrent à la Vie.

           Entendez bien ! C’est la mer céleste qui se calme et son reflet terrestre ensuite qui s’apaise. La rigueur qui fait que “celui qui aime bien châtie bien” se mue en clémence miséricordieuse... Le miracle se produit, car la vie n’est que miracles sur miracles, et le grand poisson surgit…

 

 


Chapiteau de l'église de Mozac, Puy-de-Dôme.



Suite dans l'article suivant :

II  - Jonas, avalé par le grand poisson,  

se tourne vers la Source de Vie


Cathédrale de Tournay, Belgique.



1 Sœur Lucie, voyante de Fatima, le 12 mai 1982.

2 Voir Monin Emmanuel-Yves, Hiéroglyphes français et Langue des Oiseaux. Dans le nom Jonas, le J indique l’homme tourné vers le passé. Voilà pourquoi le nom véridique est Yônah : l’androgyne (Y) ayant retrouvé sa totalité d’être (O) par le Principe (^) déploie (N) la manifestation (A) de l’esprit (H), décrypte la Langue alchimique des Oiseaux .

3 Maître Eckart, Sermons.
4  D-I-T, déité. Voir note**.

5 Ibn’Arabi, Le Livre de l’Arbre et des Quatre Oiseaux, Les Deux Océans, 1984, p. 61.

6 Palumba en latin, mais aussi en languedocien et en gascon : Paix (P) de la manifestation (A) physique (L) ou (U) amour (M) du binaire (B) manifesté (A), décrypte la Langue des Oiseaux (Voir note 2).

7  F-A-Ble, Feu se manifestant dans la boule terrestre (Voir note 2).

8 Nebi, ou Nabi signifie prophète dans l’Islam qui parle de Jonas appelé alors Yunus. Ou encore Younès en arabe dialectal, ayant comme équivalent Dhû-n-Nûn, l’homme à la baleine ; Zunnun en turc.

8a Virya, Le Grand oeuvre de Jonas, G. Lahy, 1996.
9 En 1845, Henry Austin Layard entreprit les fouilles. Il découvrit un palais de plus de 71 pièces dans lequel furent trouvées plus de 22 000 tablettes cunéiforme, certaines datant du XIe siècle av. J.-C.

10 « ENTËTE Elohim créait les ciels et la terre,… », Genèse I, 1 ; traduction André Chouraki.

11 Chanson Jetez moi dans la mer, comédie musicale Jonas, composée par Etienne Tarneaud sur un livret et des paroles de Jocelyne Tarneaud.

12 « Les chairs des immortels sont en or ». (Inscription de Redesiyeh. Nouvel Empire, Egypte).


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10 avril 2009 5 10 /04 /avril /2009 08:23

"LE SIGNE DE JONAS" 

 

 

« Si Jonas m’était conté »

 

 par

  

Robert-Régor Mougeot


 

 

 

Introduction

 

 

 

      Les peuples anciens avaient la sagesse de se référer à des mythes, des contes, des légendes que l’Inspiration leur dictait. Pour eux, le temps était cyclique et non point linéaire. Ils racontaient des histoires… édifiantes, exemplaires, porteuses de valeurs… Ils n’avaient pas encore, ces peuples, construit ce carcan aberrant qu’est l’histoire des historiens qui ont longtemps pensé que tout commençait avec l’écriture !

     Comme beaucoup de scientifiques occidentaux, les historiens se coupent de l’Esprit, du monde d’en haut, de la Source, cherchant à leurs allégations des preuves dites “historiques”, toujours partielles, truquées, pipées, interprétées, traduites de façons mensongères, trahissant les divers sens que les mots, les symboles, les hiéroglyphes, les lettres peuvent prendre pour qui est inspiré par l’Intelligence. La plupart des faits mythiques, bien réels pourtant, ne sont aucunement vérifiables à ce niveau, ayant lieu d’abord, non pas dans l’espace-temps que les terriens habitent, mais sur un autre plan beaucoup plus subtil, celui de l’Espace infini…

     Les peuples anciens recevaient leurs connaissances, leurs sciences, les rituels de leur religion, leurs savoir-faire par Inspiration, en songe, en méditation, lors de quêtes de vision et l’Origine de tout cela était non humaine, comme tous les livres les plus anciens, les Védas, la Baghavad Gîta, la Bible, le Coran… La Légende amérindienne de la Femme-Bison-Blanc, « Lila Wakan »,envoyée par Wakan Tanka au peuple Sioux conte qu’elle apporta à ces peuples les enseignements pour qu’ils vivent en paix et leur fit don du rituel de la pipe sacré, du calumet de la paix, pour leur permettre de se relier au Grand Esprit (1).

     Les humains reçoivent leurs Enseignements directement de la Source par l’Avatara, « celui qui manifeste son Corps de Lumière par le processus de la densification de la Lumière de temps en temps sur la Terre quand cela est nécessaire », ou bien par le Boddhisattva « qui a obtenu la Boddhi à la suite de ré-incarnations par matrice humaine et qui, Réalisé, consent à se réincarner soit à nouveau par matrice humaine, soit par manifestation-présence par corps humain (2) ». Beaucoup d’Avatara et de Boddhisattva orientaux sont connus, mais les amérindiens comme les aborigènes australiens, les peuls du Mali et bien d’autres peuples en tout temps et en tout lieu, furent ainsi enseignés. Et l’Avatara peut être une femme comme dans le cas de la Femme-Bison-Blanc !

     Vivant leur mort, les humains rejoignaient, lorsqu’ils passaient « de l’autre côté », les ancêtres, le pays des chasses éternelles, le Temps du Rêve, le Paradis… La mort n’était pas étrangère à la vie mais une porte, un passage, vers une autre forme d’existence. Et l’âme quittant le corps de chair, voyageait pour rejoindre chez les Egyptiens la constellation d’Orion, chez les Incas la celle du Condor, chez les Dogons des falaises de Bandiagara l’étoile Sirius, … « Il y a beaucoup de demeures dans la Maison du Père », disait le Christ.






     



         En se coupant du « Ciel », non pas le ciel des astronomes, mais les « Ciels » de la Bible, ceux des Soufis, l’humain se coupe de son essence divine et les conséquences en sont terribles.
        Tous les peuples ont eu leurs épopées, et peu importe qui en est l’auteur, et si les faits se sont bien déroulés ainsi, etc. L’action se passe d’abord sur un autre plan, célestiel, avant que d’avoir sa correspondance terrestre. L’époque actuelle ne connaît plus que les charniers des conquêtes coloniales, des exterminations des peuples indigènes, des guerres mondiales, des génocides et des attentats aveugles, une violence qui envahit tout, les journaux, les jeux vidéos, les films, les romans… et crée dans les esprits une confusion extrême alors que tout est donné par la Source créatrice pour la joie, la paix, la vie véritable par l’Energie Amour qui crée les mondes. Cette Source n’impose rien ! A l’humain de faire son choix : vivre l’Illusion mayatique dans sa justesse en connaissance de Cause, ce qui mène à une mort pour la Vie, ou bien sombrer dans l’illusoire d’une contre-nature qui mène à la mort pour la mort !

       L’homme occidentalisé ne se sait plus immortel, ou bien n’a plus qu’une vague croyance caricaturale qui, pour les extrémistes de tous bords, les poussent aux crimes et aux assassinats, qui plus est au nom de Dieu ! Quelle aberration ! Au mieux, les croyances routinières dites “spirituelles”, ne peuvent porter les êtres vers la vérité et ne sont aucunement opératives. Elles sont devenues des caricatures qui ne peuvent qu’être balayées par le Souffle de l’Esprit qui crée à chaque Instant toutes choses nouvelles…

 

      L’Energie-Amour transcende la logique formelle humaine dont les vérités, toujours hypothétiques, créent l’irréel et l’illusoire dans lequel l’humain se débat en vain. Les croyances scientifiques inondent les esprits conditionnés et les maintiennent dans l’exil puisqu’ils se trouvent ainsi confinés dans la dualité, hors de la Vérité qui naît de son absence.. Le règne de la Bête dont parle l’Apocalypse de Jean est celui de la bêtise humaine. La perte du bon sens s’avère de plus en plus suicidaire, mais l’aveuglement et l’entêtement sont extrêmes et induisent des rectifications de plus en plus douloureuses. Les fruits en sont les génocides, les guerres, les massacres, mais aussi les catastrophes que les plus clairvoyants voient bien que leurs causes ne sont en rien naturelles, mais dues aux imprudences gravissimes de ceux qui ne vivent que de cupidité. Cupides d’argent, de titres, de reconnaissance… dont la réussite apparente crée les famines, les épidémies, les drames dits « humanitaires » !

      Pour dépasser la Nature, il faut la connaître, la respecter, être en intelligence avec elle et non pas lui faire la guerre, la détruire, l’exploiter. L’affirmation de soi ne peut se faire contre elle ; au contraire, il faut entrer dans son intelligence pour pouvoir la commander pour le juste aboutissement de l’Humain véritable. Se répand actuellement hélas une société, un monde contre-nature, monstrueux et aberrant, porteur de tous les malheurs qui s’abattent sur les apprentis sorciers. Mais s’ensemence un Nouveau monde riche de tous les possibles que produit l’Energie Amour.

Alors, comme en tout temps, est rappelé l’essentiel une nouvelle fois conté…

 

 

 



1 Voir : la revue Guetteur de l’Aube n° 3, juin-juillet 2008, « Femme-Bison-Blanc » p.33 et l’article écrit par Cécile Courtat paru dans la revue Sacrée Planète, n°25, décembre 2007.

2 Platon le Karuna, La Séparativité, Editions de la Promesse, 2008, pp. 40-41.

(A Suivre)


Voir :
LA CREATION D'UN MONDE 
                                                                                                     
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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 21:30

Ma Bien Aimée


Ma Bien-Aimée est venue et Ses mille bras m'ont enlacés.
Elle m'a baisé de Sa bouche, s'est allongée sur ma couche
et j'ai connu son parfum.
Que dire lorsque le coeur, le corps et l'âme
se fondent dans une onde de feu ?
Ah! Que le coeur est triste lorsque l'Océan se retire
et laisse à nu la plage, abandonnant la rive !
C'était la marée de syzygie.
Mais voilà qu'une marée plus grande encore
me submerge et m'accable,
une marée qui jamais ne se retire...
Qui dit que les dieux et les déesses ne visitent plus les hommes ?
Tout n'est que prémisses et balbutiements
jusqu'à l'Instant ou l'Epoux paraît.
Le corps est le vase où éclôt le Coeur.
Sublimation, quintessence de la quintessence...
Comment le créé peut-il contenir l'incréé ?
Celui que rien ne crée cueille la fleur qu'Il a semée.
Il est des Hommes-Soleil qui, morts depuis des siècles,
rayonnent encore tout comme ces étoiles, éteintes dit-on jadis,
qui brillent dans la nuit d'aujourd'hui.
Ainsi Christ et Ram, Bouddha et Karuna...
Non par les pauvres écrits transmis par les scribes et les copistes !
Mais par la Radiance de leur Coeur,
par les Ondes d'Amour que la ténèbre révèle
lorsque les pensées des hommes, comme les nuages lourds,
n'obscurcissent plus la Lumière Noire.

Extrait de Poèmes jaillis du Coeur par Fin'Amor, disponible sur demande.


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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 07:37

Dans le Sud algérien, une histoire édifiante et magnifique !

La plantation d'oliviers

pour la paix en Algérie



Vous savez que Khezr, ou Khizr, l'initiateur de Moïse ( Coran),
d'Elie ( 
KHEZR ET ELIE EN QUÊTE DE L'EAU DE VIE ),
d'Alexandre  (
LA QUÊTE DE L’EAU DE LA VIE )
et de tant d'autres Prophètes et Soufis,
apparaît toujours mystérieusement pour remplir sa Mission,
donner son Enseignement, prodiguer son Aide,
et disparaît aussi discrètement qu'il est venu...


Khezr et Elie à la Source de la Vie.

Miniature persane, école de Hérat, seconde moitié du Xe siècle,

Persian Miniatuez « Painting », Oxford, 1933, pl. LXI.


F. B. est née en France de parents immigrés venus du Bled, d'un village au sud d'Oran.
Elle possède la double nationalité et, à cette étape de sa vie,
elle retourne maintenant sur la terre de ses ancêtres plusieurs fois par an.
Elle n'est pas riche, loin de là !
Elle a décidé de remettre en culture la terre dont elle a hérité de son père
et d'y planter des oliviers, symbole de paix.
Elle ira les planter plus particulièrement
pour que la paix reviennent dans son pays natal
après les multiples attentats et massacres de ces dernières décennies.

Lors d'un passage dans son village, la terre est labourée,
les plans d'olivier sont mis en terre et arrosés.
C'est un dur labeur pour une femme
que la famille et les voisins regardent avec étonnement prendre une telle initiative...

Tout est terminé au mieux.
Elle va pouvoir repartir en France dans quelques jours,
laissant à son frère le soin de l'entretien pour lequel il sera payé.



Un des oliviers plantés en 2007.

Mais voilà qu'on lui dit que, si elle ne clôture pas le champ,
les chèvres et les moutons mangeront les jeunes pousses !
Que faire ?
Elle compte le reste d'argent qu'elle a en poche
 et se rend au souk du village.
Elle discute avec le vendeur le prix de la clôture,
mais celui-ci est trop élevé pour elle.
Palabres...
Le vendeur ne veut pas baisser son prix !

Alors passe un vieillard
qui dit avec fermeté au vendeur :

"Au nom d'Allah, fais lui le prix qu'elle dit !"

Le vendeur fait le prix...

Le vieillard disparaît aussi brusquement qu'il est apparu.
Parmi les spectateurs, personne ne connaît cet homme,
personne ne l'a jamais vu !

Nul ne l'a remarqué lorsqu'il est arrivé
et nul ne l'a vu partir...


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Published by Régor - dans Joie de vivre
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